Qui veut (en­core) ga­gner des mil­lions ?

C’est un cli­ché qui tombe ! Et l’un des en­sei­gne­ments les plus éton­nants de notre son­dage ex­clu­sif GQ/ TNS Sofres. Non, les Fran­çais ne re­gardent pas tou­jours avec sus­pi­cion ceux qui ont fait for­tune ra­pi­de­ment. Une ma­jo­ri­té des hommes que nous avons int

GQ (France) - - Sommaire - Par Ni­co­las San­to­la­ria (avec Ma­thieu Le Maux et Em­ma­nuel Poncet)

Quel rap­port les hommes de 2014 en­tre­tiennent-ils avec l’ar­gent ? GQ vous a po­sé la ques­tion.

Qu’est-ce qu’être riche au­jourd’hui ? Pos­sé­der un yacht hors du com­mun, comme ce­lui du dé­funt Steve Jobs ? Dé­pen­ser sans comp­ter en la­vant ses voi­tures de luxe sous des bulles de Cris­tal Roe­de­rer ? Ou bien af­fi­cher une cer­taine mo­des­tie vo­lon­taire, à l’ins­tar de cer­tains jeunes mil­lion­naires qui conti­nuent à ar­bo­rer cla­quettes de pis­cine et/ou sweat-shirt d’étu­diant ? Pour ré­pondre à ces ques­tions, GQ pu­blie un son­dage ex­clu­sif sur les hommes et l’ar­gent. Les ré­sul­tats des­sinent une re­la­tion de plus en plus fluc­tuante à la for­tune, éloi­gnée des grilles de lec­ture idéo­lo­giques tra­di­tion­nelles. Pre­mière sur­prise : dans une so­cié­té en crise, la stig­ma­ti­sa­tion des riches n’est pas une hu­meur en vogue. Ain­si, à l’égard d’une per­sonne ayant « fait for­tune en quelques an­nées », les Fran­çais éprouvent « plu­tôt du res­pect » à 46 %, voire « plu­tôt de l’ad­mi­ra­tion » à 36 %. La « mé­fiance » (22 %), l’« en­vie » (14 %) et la « co­lère » (1 %) se ré­vèlent être à ce pro­pos des sen­ti­ments très mi­no­ri­taires. Ayant vo­té en 2012 pour un Fran­çois Hol­lande qui avait pour projet de taxer à 75 % les contri­buables les plus riches, les Fran­çais semblent avoir eux aus­si en­ta­mé leur vi­rage idéo­lo­gique. À leurs yeux, la ri­chesse est d’au­tant moins condam­nable qu’elle est le fruit d’une tra­jec­toire in­di­vi­duelle aux re­lents mé­ri­to­cra­tiques : pour 59 % des Fran­çais, ce sont d’ailleurs « les di­ri­geants de grandes en­tre­prises » qui in­carnent le mieux l’idée de for­tune, bien loin de­vant les « tra­ders » (9 %). En creux, l’idée que l’im­por­tant n’est pas tant l’amas de gains que la fa­çon dont ces avoirs s’em­pilent. Ce rap­port de plus en plus res­pon­sable à l’ar­gent, en rup­ture avec les an­nées de flambe, se tra­duit dans les com­por­te­ments af­fi­chés en cas de « gros gains » : 63 % des Fran­çais ne chan­ge­raient rien à leurs ha­bi­tudes de vie ac­tuelle, là où seuls 4 % d’entre eux en­tre­pren­draient de vivre « le plus luxueu­se­ment pos­sible ». Rac­cord avec l’image d’une France d’épar­gnants, ces ré­sul­tats s’ins­crivent dans un contexte dif­fi­cile où la for­tune s’en­vi­sage comme une sorte de mi­rage de plus en plus loin­tain. Ain­si, à la ques­tion « Pen­sez-vous pou­voir de­ve­nir riche un jour ? », 71 % des son­dés ré­pondent « Non ». Pleurent-ils pour au­tant ? Pas sûr. Car il semble que l’ar­gent ne soit plus une va­leur cen­trale de nos so­cié­tés, 79 % des per­sonnes consi­dé­rant même qu’il oc­cupe « une place trop im­por­tante ». Ce re­la­ti­visme nais­sant s’ac­com­pagne d’un vo­let com­por­te­men­tal où le rap­port à l’ar­gent semble au­jourd’hui plus dis­tan­cié, pour ne pas dire plus co­ol : d’ailleurs, dans leur grande ma­jo­ri­té (95 %), les hommes ne se­raient « pas » ou « pas vrai­ment gê­nés » que leur « conjointe ait des re­ve­nus su­pé­rieurs » aux leurs. Les choses changent !

Ce son­dage TNS Sofres pour GQ

a été réa­li­sé en sep­tembre 2014

au­près de 470 hommes

is­sus d’un échan­tillon de 1 000 per­sonnes

re­pré­sen­ta­tif de la po­pu­la­tion

fran­çaise.

NOTRE EN­QUÊTE, MODE D’EM­PLOI

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