Sexe entre amis, par maïa ma­zau­rette

Gros plan sur l’amour à trois

GQ (France) - - Sommaire -

Lors de mon der­nier plan à trois, j’ai fi­ni en­dor­mie sur le fau­teuil de la chambre d’hô­tel… J’au­rais dû voir ve­nir la ca­tas­trophe – ils se dé­si­raient trop pour me dé­si­rer, moi. Je m’en suis re­mise, j’ai bien rou­pillé, mais si vous vou­lez un exemple de trio­lisme qui tourne au fias­co, vous l’avez. Un plan à trois de­vrait res­sem­bler à un plan à deux : des par­te­naires qui se donnent corps et âme, qui s’ef­forcent de sa­tis­faire les autres tout en pre­nant eux-mêmes du plai­sir. La ré­ci­pro­ci­té tombe sous le sens. Mais elle se ma­rie mal avec les nombres im­pairs. D’ailleurs, si les plans à trois sont sur­re­pré­sen­tés dans le ci­né­ma (de Ken Park à Zoo­lan­der en pas­sant par Sa­crées co­quines vol. 18), c’est peut-être qu’ils ap­par­tiennent à la fic­tion. Faut-il voir dans cette dif­fi­cul­té la source de notre fas­ci­na­tion pour le « three­some » ? On sait cou­cher à deux plus un. À deux sur un. Mais fu­sion­ner à trois, c’est une autre paire de manches. Ce pré­li­mi­naire étant po­sé, com­ment ar­ri­ver au Graal? L’idéal se­rait que vous soyez en couple (ça fait dé­jà une par­te­naire de moins à trou­ver) et qu’au moins l’un d’entre vous soit bi­sexuel – et pas for­cé­ment elle. Vous ne pou­vez pas sug­gé­rer de plan femme-femme-homme sans of­frir de rendre la po­li­tesse. Cô­té séduction, désolé, mais il n’existe pas de for­mule ma­gique pour convaincre deux femmes de cou­cher avec vous et entre elles. Le plan à trois se pro­duit le plus sou­vent en si­tua­tion de dé­ra­page. Sor­tez dans des bars, al­lez dan­ser, et pour les con­trol-freaks, il reste l’ap­pli­ca­tion 3nder qui met en re­la­tion des couples et des cé­li­ba­taires. No­tons ici qu’un gentleman ne pro­pose pas de « three­some » sous peine de pas­ser pour la per­sonne la plus ba­nale du monde. Les femmes savent que les mecs en rêvent. Pas be­soin de le cla­mer : vous êtes open, c’est no­té. Deux cents de vos ca­ma­rades al­coo­li­sés ont dé­jà bre­douillé un « alors on rentre, les filles ? » Cer­tains ont même ten­té de pous­ser notre bouche en di­rec­tion de celle d’une autre femme, ce qui, pour in­fo, consti­tue le meilleur moyen de cas­ser l’am­biance. Si la re­la­tion doit prendre la di­rec­tion de l’hô­tel, ce se­ra par ac­cord té­lé­pa­thique fé­mi­nin, donc lâ­chez prise. Vous pou­vez em­bras­ser les deux femmes, vous ne pou­vez pas les faire s’em­bras­ser. Cette dé­ci­sion-là leur ap­par­tient.

Une fois ar­ri­vé au lit, une seule chose vous se­ra de­man­dée : ho­no­rer vos par­te­naires d’égale ma­nière. Il n’y a pas de « pièce rap­por­tée » qui tienne. Il n’y a pas non plus de par­te­naire « ha­bi­tuelle » qui peut bien at­tendre le len­de­main pour vous pos­sé­der à 100 %. Si vous vou­lez cou­cher avec deux femmes, cou­chez avec les deux, suc­ces­si­ve­ment ou pa­ral­lè­le­ment, des­sus ou des­sous, mais sans pré­fé­rence af­fi­chée. As­su­mez les consé­quences : vous de­vez ef­fec­tuer le bou­lot de deux hommes. Le cos­tume pa­raît trop large pour vos épaules? Dans ce cas, can­ton­nez-vous aux plans à deux et af­fi­chez clai­re­ment cette pré­fé­rence. Qui sait. Le meilleur moyen d’ar­ri­ver au three­some est peu­têtre d’y avoir re­non­cé. Du moins, of­fi­ciel­le­ment.

Il n’existe pas de for­mule ma­gique pour convaincre deux femmes de cou­cher…

Lais­sez aux femmes l’ini­tia­tive du trio. Votre job, c’est de vous as­su­rer que les deux se sentent au­tant « ai­mées ».

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.