HÉ­ROS DE CONDUITE

Près de quatre ans après le choc Drive, Ryan Gos­ling dé­tonne en­core à Hol­ly­wood avec son pre­mier film comme réa­li­sa­teur : Lost Ri­ver. In­dé­pen­dant d’es­prit, pu­dique et au­da­cieux… Et si GQ te­nait là un mo­dèle à suivre en 2015 ?

GQ (France) - - L’édito -

On se pince, en met­tant la der­nière touche à ce numéro : c’est la pre­mière fois en 85 pu­bli­ca­tions et sept an­nées d’exis­tence que GQ France « co­ve­rise » Ryan Gos­ling ! Com­ment le ma­ga­zine « mas­cu­lin, beau et in­tel­li­gent » a-t-il pu s’au­to­ri­ser pa­reille im­passe s’agis­sant de l’un des ac­teurs les plus sty­lés de l’époque? La ré­dac­tion de GQ mé­rite-t-elle un li­cen­cie­ment col­lec­tif pour faute lourde ? Tout doux. Comme sou­vent en ma­tière de presse, les rai­sons sont dra­ma­ti­que­ment simples. Les agen­das sur­boo­kés des ar­tistes le dis­pu­tant à nos im­pé­ra­tifs de concep­tion, la « fe­nêtre de tir » idéale entre Ryan Gos­ling et nous ne s’était tout bon­ne­ment ja­mais pré­sen­tée. Pour preuve de notre bonne vo­lon­té, se ré­fé­rer à la page210 du GQ 62 d’avril 2013 où l’acteur était an­non­cé, un peu ra­pi­de­ment, en cou­ver­ture du numéro sui­vant. Sur­tout, nous lui avons consa­cré suf­fi­sam­ment de pa­piers en pages in­té­rieures et sur notre site web pour ne pas as­su­mer plei­ne­ment d’avoir pris notre temps pour le cé­lé­brer di­gne­ment. Vous le dé­cou­vri­rez dans le por­trait-in­ter­view de notre jour­na­liste To­ma Cla­rac, qui ré­vèle en avant-pre­mière son nou­veau vi­rage hol­ly­woo­dien, il ne fut pas tou­jours fa­cile de suivre en temps réel le si­nueux cir­cuit ar­tis­tique d’un des ta­lents les plus sin­gu­liers de sa gé­né­ra­tion. Ce n’est pas une for­mule « pro­mo » toute faite. Comme deux mil­lions de spec­ta­teurs fran­çais, nous avions été ren­ver­sés en 2011 par sa pres­ta­tion mu­tique et son ex­plo­sion ra­di­cale dans le pay­sage hol­ly­woo­dien avec Drive. Dans le film culte de Ni­co­las Win­ding Refn – « clas­sique » se­rait presque plus juste tant ce road mo­vie s’est ins­tal­lé na­tu­rel­le­ment dans l’his­toire du ci­né­ma, à la vi­tesse de sa Che­vro­let Ma­li­bu 1973 –, Gos­ling s’af­fi­liait avec une dé­con­cer­tante fa­ci­li­té à cette tra­di­tion des grands ac­teurs ta­ci­turnes. Ceux qui, de Clint East­wood à Steve Mcqueen en pas­sant par James Dean, per­pé­tuent l’ima­ge­rie d’une iden­ti­té « mas­cu­line » en bloc fonte, plus à l’aise avec les voi­tures et les armes qu’avec le verbe et l’ex­pres­sion des sen­ti­ments.

Au mo­ment de la sor­tie de Drive, cer­taines mau­vaises langues ac­cu­saient le film de ma­nié­risme pu­bli­ci­taire et de bi­don­nage ar­ty. Il a suf­fi d’une dif­fu­sion ré­cente sur France 4 (le 6 jan­vier) pour vé­ri­fier notre pre­mière im­pres­sion : le film tient tou­jours aus­si bien la route for­mel­le­ment, tout comme Gos­ling dans son rôle de mé­ca­ni­cien-cas­ca­deur aux prises avec la ma­fia. Cette ré­sis­tance au temps vaut pour lui comme pour « Night­call » de Ka­vins­ky, le hit de la BO qui conti­nue d’illus­trer tant de spots de pubs et de re­por­tages té­lé – n’a-t-il pas aus­si été re­pris en ver­sion la­cry­male par Lon­don Gram­mar ? Même le cé­lèbre blou­son de cas­ca­deur du hé­ros, sa­ti­né et bro­dé d’un jo­li scor­pion – ce « sou­ve­nir ja­cket » comme disent les An­glo-saxons – conti­nue d’être ci­té et co­pié dans plu­sieurs col­lec­tions de ce prin­temps-été 2015. Preuve que le style Gos­ling, am­bi­tieux et libre, ta­pi par­fois sous ses airs de pre­mier com­mu­niant Dis­ney, ou de Laurent De­la­housse ca­na­dien, n’a pas fi­ni de s’imposer. En route!

Ryan Gos­ling s’af­fi­lie à cette tra­di­tion des grands

ac­teurs ta­ci­turnes. (1959) ? Non, il s’agit du cé­lèbre blou­son au scor­pion por­té par Ryan Gos­ling dans (2011).

RÉ­FOR­MER LE SYS­TÈME MO­NÉ­TAIRE IN­TER­NA­TIO­NAL

(rap­port de 2011)

Prix du meilleur jeune éco­no­miste de france en 2013, em­ma­nuel fa­rhi tra­vaille no­tam­ment sur la pré­ven­tion et la ges­tion des grandes crises éco­no­miques.

La veste de Mar­lon Bran­do dans L’homme à la peau de ser­pent

RYAN GOS­LING est pho­to­gra­phié par Ma­rio tes­ti­no Cos­tume, che­mise et cra­vate Ralph Lau­ren Black La­bel

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