ALIS­SA DES­COTES-TOYOSAKI

GQ (France) - - Contributeurs -

Née à Pa­ris de père fran­çais et de mère ja­po­naise, Alis­sa Des­cotes-toyosaki a été for­mée sur le ter­rain au gré des voyages et de sa double culture. In­ter­prète en Afrique, ca­ra­va­nière et fon­da­trice d’une as­so­cia­tion pour dy­na­mi­ser l’éle­vage no­made toua­reg, elle s’oriente vers le jour­na­lisme en 2011 à l’oc­ca­sion de la triple ca­tas­trophe du 11 mars au Ja­pon. Ba­sée à To­kyo, son thème pri­vi­lé­gié de re­por­tage est la sur­vie de l’hu­main à tra­vers les bou­le­ver­se­ments de notre époque, du Ja­pon post-fu­ku­shi­ma aux mines d’ura­nium du Sa­ha­ra.

Dans les mi­lieux financiers, on ap­pelle ce­la une « va­leur re­fuge ». Un bien stable, in­oxy­dable, ras­su­rant. Rayon par­fum, on dit fou­gère, mousse de chêne, cuir et la­vande. On pense à Fah­ren­heit (Dior), CK One (Cal­vin Klein) ou au Mâle de Jean Paul Gaul­tier. « Les nou­veau­tés 2015 marquent le grand re­tour des sen­teurs des an­nées 1980 et 1990 », té­moigne Be­noît Ver­dier, co­fon­da­teur de la mai­son de par­fums Ex Ni­hi­lo, à Pa­ris. Même constat pour Al­ber­to Mo­rillas, nez chez Fir­me­nich, à qui l’on doit CK One et Ac­qua Di Gio : « Après la ten­dance “ani­male” de la fin des an­nées 2010, on re­vient à des boi­sés très clas­siques, des notes qui nous re­mé­morent moins la puis­sance que le confort. On veut du frais, du mi­né­ral, du na­tu­rel. » Le de­si­gn des fla­cons confirme la ten­dance. Exit la cou­leur ! L’ha­billage est noir, gris, mé­tal. « Des codes em­prun­tés à l’au­to­mo­bile », rap­pelle Be­noît Ver­dier. Voi­ci com­ment re­dé­mar­rer l’an­née. L’air de rien.

Hor­mis les fu­sées Ariane 1 et 5 plan­tées à l’en­trée du Mu­sée de l’air voi­si­nant les pistes de l’aé­ro­port du Bour­get, rien n’ac­croche le re­gard aux abords du plus grand ter­mi­nal d’af­faires d’eu­rope. Der­rière l’en­ceinte grilla­gée, l’ave­nue qui longe ces han­gars construits dans les an­nées 1930 pour ac­cueillir les pre­miers avions ci­vils est qua­si dé­serte. Pas un pié­ton af­fai­ré, pas un pas­sa­ger grillant une ci­ga­rette en at­ten­dant d’em­bar­quer. Au Bour­get, per­sonne ne marche et sur­tout, per­sonne n’at­tend. Il est 7 heures du ma­tin. Le dé­fi­lé des grosses ber­lines com­mence. Elles tracent leur route dans un si­lence presque in­quié­tant, dé­barquent en un ins­tant leur oc­cu­pant à l’en­trée de l’un des huit FBO (Fixed Base Ope­ra­tor), ces ter­mi­naux pri­vés ex­clu­si­ve­ment ré­ser­vés aux jets pri­vés. Les chauf­feurs ont à peine le temps de re­fer­mer la por­tière que leurs pas­sa­gers sont dé­jà pas­sés sous le por­tique de sé­cu­ri­té et marchent sur le tar­mac en di­rec­tion de leur avion, mo­teur al­lu­mé, prêt à dé­col­ler. Cinq mi­nutes plus tard, l’aé­ro­port du Bour­get ne se­ra plus qu’une tache lu­mi­neuse, loin der­rière eux. Un rêve de flui­di­té et de ra­pi­di­té pour qui­conque a pous­sé son cha­riot à ba­gages dans la queue in­ter­mi­nable du pas­sage de sé­cu­ri­té de Rois­sy ou d’or­ly, sau­tillant d’une jambe sur l’autre sur la mo­quette bleue du Ter­mi­nal 2F pour en­le­ver ses chaus­sures, avant d’em­bar­quer avec une de­mi-heure de re­tard. Un rêve de pri­vi­lé­gié pour une in­fime frange de la po­pu­la­tion, millionnaires, stars, PDG et ceux de leurs pré­cieux col­la­bo­ra­teurs qui peuvent y goû­ter. En avia­tion d’af­faires, l’heure de vol coûte au mi­ni­mum 2 000 €. Pour ce ta­rif, vous n’em­bar­que­rez que sur de pe­tits ap­pa­reils des­ti­nés à des tra­jets courts – 2 à 3 heures. Dès qu’il s’agit d’un vol long-cour­rier, la note s’al­longe : 100 000 à 200 000 € al­ler-re­tour se­lon la des­ti­na­tion, la di­men­sion de l’avion, le poids des

Cher GQ, Ce se­rait une consé­cra­tion de pa­raître dans votre pro­chain numéro, mais mon in­ten­tion pre­mière est de vous dire à quel point j’aime re­ce­voir mon ma­ga­zine ces der­niers temps. Je suis vrai­ment fier de voir que vous prô­nez la fa­meuse French Touch! De Du­jar­din à Poel­voorde en pas­sant par Omar, vous évo­quez cha­cun d’eux d’une plume qui les ca­rac­té­rise si bien ! Et tout ce­la, sans né­gli­ger pour au­tant Phar­rell Williams ou Mat­thew Mc­co­nau­ghey que j’af­fec­tionne. Après un tel éloge, je pense qu’il est temps pour moi de pour­suivre ma lec­ture men­suelle. Guillaume (Londres)

Cher Guillaume, Mer­ci. Notre but est d’évo­quer dans nos pages des per­son­na­li­tés ta­len­tueuses, qu’elles soient in­ter­na­tio­nales ou fran­çaises (ou belges). Et ce sans chau­vi­nisme ni fas­ci­na­tion pour Hol­ly­wood. GQ est la dé­cli­nai­son fran­çaise d’un ma­ga­zine amé­ri­cain et as­sume les deux faces de son ADN. D’ailleurs, nos lec­teurs semblent bien être comme nous. Il y a des per­son­na­li­tés in­ter­na­tio­nales et fran­co­phones par­mi nos meilleures ventes comme par­mi nos plus gros flops.

Tho­mas (Pa­ris)

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