Pour que le pro­jet du sla­sheur

GQ (France) - - Coulisses -

n’entre pas en contra­dic­tion avec les contraintes de son boss, il faut jouer ga­gnant-ga­gnant. Trou­ver des zones de com­pro­mis. Il veut don­ner des cours dans son an­cienne école ? Qu’il in­vite son ma­na­ger à in­ter­ve­nir. Il crée une start-up, pour­quoi ne pro­po­se­rait-il pas à son pa­tron d’en être ac­tion­naire en échange de quelques conseils ? Le sla­sheur et le sla­shé doivent dé­fi­nir un pé­ri­mètre d’in­té­rêt com­mun bien com­pris. Le sla­sheur doit éga­le­ment sa­voir prendre sa boîte à son propre jeu. Les ma­na­gers font l’apo­lo­gie de l’es­prit d’en­tre­prise. Il faut donc leur faire com­prendre qu’ils doivent les lais­ser s’in­ves­tir en de­hors car c’est aus­si un moyen de l’in­ci­ter à prendre sa car­rière en main. C’est pro­mou­voir un es­prit pion­nier qui manque sou­vent aux grandes or­ga­ni­sa­tions. Les car­rières toutes tra­cées n’existent plus, le sla­sheur l’a com­pris. Son DRH de­vrait le sa­voir aus­si. Et si au lieu de faire le grand écart entre deux jobs, le sla­sheur im­por­tait le se­cond dans l’en­tre­prise ? Et si le meilleur in­cu­ba­teur d’un pro­jet por­té par un col­la­bo­ra­teur était son em­ployeur ? Les grands groupes ad­mirent l’es­prit start-up et veulent tra­vailler en ré­seau : ils doivent dé­sor­mais son­ger à in­ter­na­li­ser la créa­ti­vi­té.

De­ve­nir soi,

Jacques At­ta­li, Fayard, 2014

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