LA­FITTE TOUS AZI­MUTS

L’acteur de 41 ans, à l’af­fiche de Papa ou ma­man, est de­ve­nu l’in­dis­pen­sable homme-or­chestre de la fic­tion hexa­go­nale. Por­trait d’un ar­tiste aus­si brillant qu’éclec­tique.

GQ (France) - - Coulisses - Par Ma­thieu Le Maux

Oui, Laurent La­fitte a dé­bu­té le mé­tier dans une sit­com miel­leuse des an­nées 1990 ( Classe man­ne­quin) et ef­fec­ti­ve­ment, il res­semble à Mi­chel Leeb. « Mais est-il pos­sible de pas­ser à autre chose main­te­nant ? », s’in­ter­ro­geait-il dé­jà, il y a trois ans en de­ve­nant pen­sion­naire de la Co­mé­die-fran­çaise. Oui. Car l’an­cien élève du cours Florent et du Con­ser­va­toire éga­le­ment pas­sé par une école de co­mé­die mu­si­cale an­glaise est de­ve­nu le plus beau cou­teau suisse de la co­mé­die à la fran­çaise. À 41 ans, La­fitte trim­balle ses airs de dan­dy da­dais et son élo­cu­tion par­faite salle Ri­che­lieu, à l’af­fiche d’une co­mé­die po­pu­laire ou au pu­pitre d’une cé­ré­mo­nie of­fi­cielle avec la même fa­ci­li­té. Sans comp­ter un peu de cabaret, un one-man­show et de la ra­dio. « Mais ça ne veut pas dire que je sais ab­so­lu­ment tout faire, nuance-t-il. Les sup­ports sont nom­breux, mais je reste tou­jours dans une trame fic­tion­nelle avec des per­son­nages, une his­toire… » Si ses car­tons au box-of­fice sont rares (à l’ex­cep­tion des Pe­tits Mou­choirs, 2010), ses rôles lui valent un large suc­cès d’es­time. Ses sauts de puce po­pu-chic des­sinent si­non un pro­fil à la Guillaume Gal­lienne au moins ce­lui d’un co­mique an­glo-saxon à l’aise par­tout et brillant tout le temps. L’es­quisse d’un style ? « Oh là ! Si je com­mence à me dé­fi­nir, je suis fou­tu! Je joue sou­vent le “bo­bo” ? C’est vrai... J’ai une édu­ca­tion plu­tôt bour­geoise (il a gran­di dans le XVIE ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris, ndlr) et je ne peux pas étendre mon re­gistre à l’in­fi­ni. » Dans Papa ou ma­man, il est ain­si un chi­rur­gien en plein di­vorce lut­tant pour ne pas avoir la garde des en­fants. Mais lors­qu’on le présente comme le plus po­ly­va­lent de la bande de Ca­net, La­fitte coupe net. « Cette bande n’existe pas… C’est un fan­tasme né du film. Nous sommes tous connec­tés via Gilles Lel­louche, un mec fé­dé­ra­teur, très dy­na­mique, dont je suis proche. Je suis aus­si pote avec Guillaume, mais avec Jean Du­jar­din, par exemple, on se connaît peu. On s’en­tend tous bien mais il n’y a pas de “rat pack” à la fran­çaise! » Dom­mage, on avait trou­vé son Jer­ry Le­wis.

PAPA OU MA­MAN, L’ART DE LA FUGUE, « La bande des Pe­tits

n’existe pas. C’est un fan­tasme

né du film. »

LAURENT LA­FITTE L’ATOUT CHIC DE LA CO­MÉ­DIE FRAN­ÇAISE de Mar­tin Bour­bou­lon avec aus­si Marina Foïs, en salle de Brice Cau­vin avec aus­si Agnès Jaoui, le 4 mars Laurent La­fitte al­terne les rôles à la Co­mé­dieF­ran­çaise et au ci­né­ma.

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