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JEAN-PHI­LIPPE, de Laurent Tuel

GQ (France) - - Coulisses -

de la lé­vi­ta­tion en slip dans Bird­man, ou JeanC­laude Van Damme qui ac­cepte de se mon­trer dans des si­tua­tions hu­mi­liantes dans JCVD (Ma­brouk El Me­chri, 2008) pour trou­ver une cré­di­bi­li­té d’acteur dra­ma­tique que Kick­boxer ou Street Figh­ter pei­naient à lui of­frir. En jouant un cat­cheur vieillis­sant gon­flé de chair meur­trie dans The Wrest­ler (Dar­ren Aro­nof­sky, 2008), Mi­ckey Rourke re­noue, lui, avec sa splen­deur pas­sée, mais en don­nant en spec­tacle sa propre dé­chéance. Il a alors 56 ans et sa car­rière est au point mort, après un re­tour com­pul­sif à la boxe, une ma­rotte qui re­monte aux an­nées 1970. Ré­sul­tat, un Gol­den Globe et une no­mi­na­tion à l’os­car du meilleur acteur. La mise en abyme créant un ver­tige im­mé­diat (et par­fois fa­cile), le pro­cé­dé est aus­si uti­li­sé à la té­lé­vi­sion. Ain­si d’epi­sodes (sur OCS), où Matt Leb­lanc joue Matt Leb­lanc, co­mé­dien qui court après la gloire des an­nées Friends et son rôle my­thique de Joey. Après plu­sieurs échecs consé­cu­tifs à l’ar­rêt de la sé­rie culte, il a en­fin re­trou­vé le che­min du suc­cès.

Jouer avec ses fai­blesses Il y a aus­si dans toute fic­tion mé­ta une di­men­sion lu­dique pour l’acteur, qui joue avec son image. Mais la ré­cur­rence d’exemples laisse son­geur. Et si, pas­sé un cer­tain stade dans sa car­rière, chaque star d’hol­ly­wood dé­ci­dait de por­ter un re­gard désa­bu­sé sur celle-ci ? « Re­gar­dez comme j’ai été au som­met et comme je ne suis plus rien dé­sor­mais », semblent dire les « mé­ta-ac­teurs ». Si le pro­cé­dé semble ar­ti­fi­ciel, il sait être payant. En ex­po­sant leur mi­sère pas­sée ou présente, cer­tains trouvent une pro­fon­deur par­fois in­soup­çon­née. Avec son rôle dans Bird­man, Mi­chel Kea­ton vient d’ailleurs de dé­cro­cher un Gol­den Globe… et il est don­né fa­vo­ri aux Os­cars.

Il y a aus­si dans toute fic­tion mé­ta une di­men­sion

lu­dique pour l’acteur, qui joue avec son image.

James Fran­co or­ga­nise une soi­rée dans sa villa avec ses amis (Seth Ro­gen, Jo­nah Hill, Mi­chael Ce­ra, etc.) mais, dé­fon­cés, ils doivent su­bi­te­ment faire face à la fin du monde. Ou com­ment la nou­velle co­mé­die amé­ri­caine signe sa prise de pou­voir à Hol­ly­wood.

Un cat­cheur qui a mis un terme à sa car­rière re­monte sur le ring pour un ba­roud d’hon­neur sui­ci­daire. La tra­jec­toire du per­son­nage évoque la car­rière de son in­ter­prète, le co­mé­dien-boxeur Mi­ckey Rourke, qui n’en fi­nit plus de rac­cro­cher les gants.

Cer­né par le fisc, une car­rière dé­cli­nante et des pro­blèmes fa­mi­liaux, l’ex- won­der boy du film d’ac­tion neu­neu Jean-claude Van Damme se met à nu dans un film ba­vard, dont on ne sait ja­mais très bien s’il est le hé­ros ma­so ou le din­don de la farce.

Et si John­ny Hallyday n’exis­tait pas ? C’est l’équa­tion à la­quelle est sou­mise Fabrice Lu­chi­ni dans Jean-phi­lippe, le vrai pré­nom de l’in­ter­prète d’« Al­lu­mer le feu », qui joue son propre rôle pour mieux de­ve­nir lui-même. Une quête nietz­schéenne.

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