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GQ sur les ré­seaux so­ciaux Notre sex­perte Maïa Mazaurette ré­pond aux ques­tions sus­ci­tées par les chro­niques de son blog (gq­ma­ga­zine.fr/sexac­tu). cour­rier­des­lec­teursgq@conde­nast.fr

GQ (France) - - Courrier -

Cher GQ, Fervent lec­teur et abon­né de votre ma­ga­zine, je sou­haite, en toute hu­mi­li­té, ap­por­ter une lé­gère cor­rec­tion aux mots-clés de Noel Gal­la­gher du GQ de mars. En abor­dant les centres d’in­té­rêt de l’an­cien membre du lé­gen­daire groupe Oa­sis, vous avez, par mé­garde j’en suis cer­tain, confon­du les Blues de Chel­sea et les Sky­blues de Man­ches­ter Ci­ty. Il ne s’agit, d’un cer­tain point de vue, que d’un simple dé­bat sur la cou­leur du chan­dail des joueurs de Ci­ty. Mais la nuance s’im­pose pour ne pas com­mettre d’im­pair. Al­lez an­non­cer aux sup­por­ters lon­do­niens que les Ci­ti­zens se sont ap­pro­prié le sur­nom de Blues. S’en­sui­vrait sans au­cun doute un af­freux pu­gi­lat. Vous pour­riez me ré­pondre qu’il ne s’agit là que d’un dé­bat foot­bal­lis­tique mais un vieil adage an­glais nous dit que « le rug­by est un sport de voyous joué par des gent­le­men » et on en­tend bien sou­vent que le foot­ball est pa­ral­lè­le­ment un sport de gent­le­men joué par des voyous. Voyou, gent­le­man, deux no­tions que je prends plai­sir à re­trou­ver dans vos pages chaque mois (cf. « L’ombre des ya­ku­zas », dans le même numéro). Foot­bal­le­ment vôtre, Lucien (par cour­rier)

Cher Lucien, Est-ce la perspective du 8e de fi­nale de Ligue des cham­pions op­po­sant Chel­sea au PSG, ou la pé­riode de mau­vais ré­sul­tats qu’ont dû en­du­rer de longues an­nées les sup­por­ters de Ci­ty qui nous a fait dé­ra­per ? En tout cas, nous vous re­mer­cions d’avoir ren­du aux Sky­blues ce ciel qu’ils se dis­putent si âpre­ment avec le club lon­do­nien au som­met de la Pre­mier League.

Le consen­te­ment am­bi­gu n’est mal­heu­reu­se­ment pas un mo­dèle, c’est une réa­li­té – le plus sou­vent, si tu veux cou­cher, tu avances à tâ­tons comme tu peux dans les zones grises. Toutes les femmes ne sont pas adeptes du « oui, c’est oui ». Peut-on pas­ser de la zone noire et la zone blanche sans pas­ser par la zone grise ? Et de toute fa­çon, est-il in­té­res­sant de ne ja­mais prendre au­cun risque ? Butch de la Yaute

Ah, la fa­meuse zone grise ! Qu’on la mau­disse ou qu’on la dé­cline en 50 nuances Pan­tone, elle fait par­tie de la réa­li­té des rap­ports de sé­duc­tion. Cou­che­ra, cou­che­ra pas ? Le sexe anal, oui, non, peut-être, seule­ment dans le noir? Le risque d’être re­pous­sé, d’ac­cord, mais le risque de bles­ser ? N’est-ce pas DSK ! Si vous tom­bez sur une par­te­naire qui ne com­mu­nique pas sur ses en­vies (par ti­mi­di­té ou parce qu’elle trouve plus ex­ci­tant de ne pas don­ner de per­mis­sion ex­pli­cite), re­pre­nez votre bon sens pay­san: 1) pas d’ef­fet de sur­prise (la per­sonne doit avoir le temps de sor­tir de la zone grise, voire de com­prendre qu’elle y est en­trée) ; 2) fin des opé­ra­tions en cas de signe de re­cul ; 3) fin des opé­ra­tions en cas de si­dé­ra­tion de la par­te­naire. Les choses sont plus troubles que ça ? Dans ce cas, le jeu n’en vaut pas la chan­delle : si vous n’ar­ri­vez pas à « lire » les ré­ac­tions non-ver­bales de votre amante, c’est que la connexion entre vous n’existe pas. Or, sans cette connexion, vous n’al­lez pas vous amu­ser. Pas­sez votre tour : on peut jouer dans la zone grise, mais on ne peut pas jouer tout seul dans la zone grise.

« Au cas où il n’y au­rait pas de deuxième soir, au­tant cou­cher le pre­mier soir, non ? » Phi­lippe M. (sur Fa­ce­book)

Sa­lut à toi, im­pa­tient lec­teur ! Sur la ques­tion du pre­mier rap­port, il existe clai­re­ment deux écoles : l’une qui sprinte au lit pour vé­ri­fier que la com­pa­ti­bi­li­té des corps soit à la hau­teur de la com­pa­ti­bi­li­té de la conver­sa­tion, l’autre qui pré­fère lais­ser gon­fler la ten­sion sexuelle pen­dant des jours, voire des se­maines. Il existe aus­si des per­sonnes qui, pour des rai­sons mo­rales ou re­li­gieuses, ne se donnent pas au bout de cinq mi­nutes. Mais à ma connais­sance, elles sont en voie d'ex­tinc­tion. Les deux op­tions ayant des avan­tages, dif­fi­cile de tran­cher. Cou­cher le pre­mier soir ne re­lève pas tant d’une que­relle entre An­ciens et Mo­dernes que d’une ba­lance à trou­ver entre prag­ma­tisme et idéa­lisme. Un tiens vaut-il réel­le­ment mieux que deux tu l’au­ras ? La­pin ou tor­tue ? De toute fa­çon, la si­tua­tion dé­cide sou­vent à notre place. À titre per­son­nel, ce­pen­dant, la rai­son pour la­quelle il fau­drait at­tendre le soir m’a tou­jours échap­pé : au cas où il n’y au­rait pas de pre­mier soir, cou­chons le pre­mier ma­tin !

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