20 000

9,99 € La sa­ga spo­ti­fy Le nombre de titres ajou­tés chaque jour.

GQ (France) - - Dossier -

im­passes. Il n’a en ef­fet pas pré­vu que les la­bels lui fe­raient tant d’his­toires pour si­gner des li­cences. Il ne connaît per­sonne dans l’in­dus­trie du disque, et son pro­jet n’y est pas vrai­ment ac­cueilli avec le sou­rire. Là en­core, la so­lu­tion ar­rive en 2009, grâce à un gar­çon très dif­fé­rent de lui et néan­moins très in­té­res­sé par son pro­jet. Et pour cause: il s’agit de Sean Par­ker, l’un des créa­teurs de Naps­ter, de­ve­nu l’un des di­ri­geants de Fa­ce­book (son per­son­nage est joué par Jus­tin Tim­ber­lake dans The So­cial Net­work, de Da­vid Fin­cher). Par­ker connaît beau­coup de monde et sait se mon­trer per­sua­sif, « même si, s’amuse le jeune mil­liar­daire, nous avons fi­na­le­ment mis deux ans à ob­te­nir l’ac­cord glo­bal des quatre majors EMI, So­ny, Uni­ver­sal et War­ner »… Par­ker siège dé­sor­mais au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de la so­cié­té.

Le pa­ra­dis des fans de mu­sique Da­niel Ek aime à dire que la consom­ma­tion de mu­sique doit être « sans fric­tion », un terme po­pu­la­ri­sé par Mark Zu­cker­berg pour qua­li­fier la flui­di­té in­hé­rente aux ré­seaux so­ciaux et aux ser­vices qu’ils im­plé­mentent. En une dé­cen­nie, nous sommes pas­sés d’une so­cié­té de la rareté à un uni­vers d’abon­dance : idéa­le­ment, rien n’est à vendre, car tout est dis­po­nible. Là où, sur l’itu­ness­tore, on hé­site à ache­ter un mp3, car on ne croit pas l’aimer as­sez pour dé­pen­ser un eu­ro, Spo­ti­fy rend ce type de ques­tion ca­duque. La pla­te­forme est, par exemple, un vrai pa­ra­dis pour les fans de mu­sique in­dé. Les sta­tis­tiques in­diquent, par exemple, que les titres des Pixies y sont strea­més quatre fois plus que ceux du chan­teur de va­rié­tés Neil Dia­mond. Avec 20 000 nou­veaux mor­ceaux ajou­tés chaque jour, Spo­ti­fy donne tout le loi­sir aux au­di­teurs mo­ti­vés de faire des or­gies de dé­cou­vertes mu­si­cales. Le pu­blic moins connais­seur est aus­si vi­sé, grâce aux in­nom­brables play­lists thé­ma­tiques com­po­sées par des consul­tants ou des usa­gers. Dans le monde du strea­ming, la play­list « cu­ra­tée » a rem­pla­cé l’al­bum d’an­tan, et son pou­voir de pres­crip­tion ne va faire que s’ac­croître dans les an­nées à ve­nir. Le suc­cès in­ter­na­tio­nal du titre « Royals », de la chan­teuse néo-zé­lan­daise Lorde, doit par exemple beau­coup à Sean Par­ker, qui l’a in­té­gré à sa play­list per­son­nelle – in­ti­tu­lée « Hips­ter In­ter­na­tio­nal ». Da­niel Ek a par ailleurs pro­po­sé à des construc­teurs se­lon un mo­dèle où les coûts fixes aug­mentent pro­por­tion­nel­le­ment au développement : l’ac­crois­se­ment du nombre de ses usa­gers mul­ti­plie la quan­ti­té de streams et donc, de com­mis­sions ver­sées à l’in­dus­trie du disque.

Le nombre d’uti­li­sa­teurs, payants et gra­tuits cu­mu­lés (dé­but

2015).

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