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CO­VER – Jacques Du­tronc

GQ (France) - - Contributeurs -

MP­hi­lippe Vec­chi

ême lors­qu’il est bien là, pré­sent sur ses terres corses, à la fois tel­lu­rique et spi­ri­tuel, Jacques Du­tronc est un peu ab­sent. Il im­pose sa dis­tance de fa­çon sub­tile. Celle d’une fi­gure pa­tri­mo­niale dont la sil­houette se­rait de­ve­nue un lo­go avec ci­gare, et la voix, une pal­pi­tante griffe so­nore. Le ré­sident le plus fa­meux de Mon­ti­cel­lo nous re­çoit dans sa mai­son, sur les hau­teurs, lu­nettes de vue noires pour re­gard clair, veste Saint Laurent of­ferte par John­ny Hallyday lors de la ré­cente tour­née des « Vieilles Ca­nailles » sur le dos. Le por­tail s’ouvre sur un jar­din dont les qua­torze chats et les trois bars font la fier­té de l’hôte. D’em­blée, on prend des nou­velles de sa san­té. Si sa ré­pu­ta­tion d’ama­teur d’al­cool(s) le pré­cède en­core, sa consom­ma­tion a consi­dé­ra­ble­ment chan­gé : « Pen­dant vingt ans, j’ai tour­né à l’al­cool de poire, à rai­son d’une bou­teille tous les soirs, en plus du reste, dit-il. Puis, j’ai ar­rê­té. Cinq ans et de­mi d’in­ter­rup­tion to­tale, quand même. Il fal­lait le faire, c’est beau !

Un vé­lo sans frein, sans dé­railleur, sans le­vier de vi­tesse et sans chi­chis. Sor­ti des vé­lo­dromes par les cour­siers new-yor­kais dans les an­nées 1970, le pi­gnon fixe de­vient, trente ans plus tard, le moyen de lo­co­mo­tion des bran­chés, de la ville mère San Fran­cis­co à Seat­tle, puis au Ja­pon et en Eu­rope (Londres, Bar­ce­lone). À Pa­ris, en 2007, une poi­gnée de in­vente les « rides du jeu­di ». Ren­dez-vous à 21 heures mé­tro Pa­laisRoyal, di­rec­tion La Dé­fense, le temps de chauf­fer la gomme, avant de « se ta­per la bourre » dans le tun­nel ral­liant la Porte Maillot, pour­tant in­ter­dit aux vé­los. Ou plu­tôt

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