SMO­KING ÉLEC­TRIQUE

Avec La Col­line a des yeux et Pi­ran­ha 3D, les Fran­çais Alexandre Aja et Gré­go­ry Le­vas­seur ont conquis Hol­ly­wood. Pour la sor­tie de Py­ra­mide, ils livrent à GQ les se­crets d’un bon film de genre : une pointe d’hu­mour, une touche d’hé­mo­glo­bine et beau­coup d’

GQ (France) - - Buzz -

Le smo­king est une deuxième na­ture pour qui la fête est une obli­ga­tion (et une re­li­gion). « Lorsque je re­garde les Os­cars, je vois tou­jours les ac­teurs ha­billés pa­reil – et très peu sont vrai­ment élé­gants », confie La­po. Lui ose le smo­king cou­leur jade à grands re­vers cran­tés poin­tés vers le ciel (de chez Guc­ci, mai­son avec la­quelle il a si­gné une col­lec­tion cap­sule). Et puisque l’homme n’est pas à une pro­vo­ca­tion près, il troque vo­lon­tiers les sou­liers ver­nis noirs de cir­cons­tance pour des bot­tines à brides, as­sor­ties au cos­tume évi­dem­ment. Et ça marche !

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« Jean avait vu un de mes sketchs à la té­lé et m’a ap­pe­lé pour me pro­po­ser des es­sais pour OSS 117, Rio ne ré­pond plus (2009). La veille du ren­dez-vous, il est ve­nu as­sis­ter à mon spec­tacle au Point Vir­gule et nous avons bu une bière. Il ne m’a rien pro­mis, du coup j’étais plus dé­ten­du. OSS 117 était mon pre­mier film. J’au­rais pu être meilleur, mais quand tu joues un hip­pie na­zi, peut-être qu’il ne

faut pas en faire trop. »

Alexandre Aja et Gré­go­ry Le­vas­seur se sont ren­con­trés à 11 ans, au ly­cée Mon­taigne à Pa­ris, unis par leur amour des ma­ga­zines Mad Mo­vies et L’écran Fan­tas­tique. Vingt-cinq ans plus tard, les nerds font par­tie des créa­teurs les plus en vue du ci­né­ma bis amé­ri­cain. Mir­rors (2008) dans le­quel Kie­fer Su­ther­land joue un ex-po­li­cier me­na­cé par des mi­roirs ou Ma­niac (2013) avec Eli­jah Wood en tueur en sé­rie, c’est eux. En tout, la paire, ré­vé­lée aux États-unis en 2006 avec le re­make de La Col­line a des yeux de Wes Cra­ven, a écrit, pro­duit ou réa­li­sé pas moins de sept films en neuf ans. « Ado, dé­jà, on es­sayait de fil­mer en 8 mm puis en DV, mais le ré­sul­tat était af­freux, confient-ils à GQ, at­ta­blés dans un ca­fé pa­ri­sien. Du coup, on a pré­fé­ré écrire. Au­jourd’hui, on fil­me­rait peut-être di­rec­te­ment car les images sont de meilleure qua­li­té. Mais l’écri­ture dé­ter­mine tout : le style, la pro­duc­tion, le bud­get. » La gram­maire du ci­né­ma de genre n’a pas de se­cret pour eux, qui al­ternent les re­makes ( Pi­ran­ha 3D…) et les pro­jets qui jouent ha­bi­le­ment sur l’hy­bri­da­tion comme Horns (2014), mix entre Ve­ry Bad Trip et les films de ma­lé­dic­tion. Pour Py­ra­mide, leur nou­veau film d’épou­vante plein de clins d’oeil aux sé­ries B des an­nées 1950, comme aux Aven­tu­riers de l’arche per­due (1981) ou à La Mo­mie (1999), ils changent de rôle. Jus­qu’ici cos­cé­na­riste d’aja, Le­vas­seur prend la ca­mé­ra lais­sant au fils d’alexandre Ar­ca­dy ( Le Grand Par­don, 1982), le seul rôle de pro­duc­teur. Une bonne fa­çon pour le duo d’ac­croître en­core sa pro­duc­ti­vi­té. « Nous vou­lons tour­ner, et pour ça, il faut tou­jours avoir cinq ou six pro­jets en cours. Pi­ran­ha 3D, ini­tié en 2001, est sor­ti en 2010. »

Mar­vel, Co­bra et com­pa­gnie Autre atout des deux tren­te­naires : des bud­gets rai­son­nables. Cinq mil­lions de dol­lars pour Py­ra­mide, entre 20 et 30 pour Horns (2013) ou Ma­niac (2008). « Après La Col­line a des yeux, nous avions l’at­trait de la nou­veau­té. Nous avons même vu les gens de chez Mar­vel et puis ça ne s’est pas fait. Mais un jour, nous fe­rons un film à 100mil­lions. » Long­temps, ils ont ca­res­sé l’idée d’adap­ter Co­bra, le man­ga des an­nées 1980, « mais l’his­toire et les per­son­nages, res­semblent trop aux Gar­diens de la Ga­laxie ». Pour l’heure, ils vivent àpa­ris au­près de leurs jeunes en­fants. « Ça per­met de tra­vailler la jour­née et de té­lé­pho­ner aux gens des stu­dios la nuit », constate Aja. « Moi, la nuit je dors », cor­rige Le­vas­seur. Les deux sont d’ac­cord tou­te­fois sur ce qui fait leur suc­cès. « Nous conser­vons un cer­tain dé­ca­lage et c’est ce qui plaît aux Amé­ri­cains. Ils sont suf­fi­sam­ment fiers de leur culture pour aimer que nous nous en mo­quions un peu. » Avec ad­mi­ra­tion.

PY­RA­MIDE,

San­to­ni Fins et ou­verts sur le de­vant, ces mo­cas­sins à doubles boucles ont été des­si­nés pour le grand-père de La­po, feu Gian­ni Agnel­li.

Réa­li­sé par Gré­go­ry Le­vas­seur et pro­duit par Alexandre Aja, avec Ash­ley Hin­shaw et De­nis O’hare, sor­tie le 6 mai (2006, 3), une re­lec­ture d’une sé­rie B si­gnée Wes Cra­ven (1977).

UNE PAIRE HORS PAIR Avant de s’imposer à Hol­ly­wood grâce au re­make de La Col­line a des yeux, Alexandre Aja et Gré­go­ry Le­vas­seur se sont fait la main en France avec des courts ( Over The Rain­bow, pri­mé à Cannes et des films de genre sin­gu­liers ( Haute Tens

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