ANA­TO­MIE DU « BEAU » SEXE Maïa Mazaurette

Les hommes n’en parlent pas, mais ils se de­mandent tous ce que les femmes en pensent. Notre sex­perte a donc dé­ci­dé de ré­pondre à cette an­gois­sante ques­tion : avez-vous un jo­li pé­nis ? La sex­perte de GQ passe son temps à par­cou­rir le monde. Un bon moyen d

GQ (France) - - Buzz -

Lorsque les hommes évoquent le beau sexe, c’est de femmes qu’il s’agit : ad­met­tez que ça com­mence mal, non ? À les écou­ter, la bite, elle, n’est ja­mais belle mais grosse et, les jours de fête, droite – c’est une co­lonne grecque. Cette ob­ses­sion a quelque chose de tou­chant. Vous rê­vez d’un sexe ca­no­nique, dans tous les sens du terme, triom­phant, fiable, un sexe fa­çon AK-47 d’où dé­coule tout l’hi­la­rant vo­ca­bu­laire des ja­quettes de films por­no : pi­lon­ner, dé­mo­lir, et que jeu­nesse se passe… Pour le dire crû­ment, ce sexe-là, nous ne l’avons pas ren­con­tré. Il y a des érec­tions certes, mais le reste du temps, le sexe avec le­quel nous sommes en contact est flac­cide. Ce qui ne nous em­pêche nul­le­ment de le trou­ver beau. Alors re­pre­nons du dé­but. Un beau sexe peut ef­fec­ti­ve­ment avoir de belles pro­por­tions et une taille im­po­sante. Ce­ci dit, les 13-14 cm d’érec­tion que nous pro­mettent en moyenne les sta­tis­tiques nous conviennent. Il y a d’ailleurs plus de femmes qui se plaignent du pé­nis trop gros de leur par­te­naire (5 %) que de pé­nis trop pe­tit (2 %). Il doit être adap­té à notre mor­pho­lo­gie.

En­suite, entre femmes, on par­le­ra plu­tôt de sa bonne san­té (est-il d’une cou­leur qui cor­res­pond à celle du corps ? Est-il gru­me­leux ?) et de son odeur (si vous sen­tez fort, pen­sez à la­ver lé­gè­re­ment l’ob­jet du dé­lit – il ne s’agit pas d’an­ni­hi­ler un par­fum qui reste éro­tique, juste d’évi­ter de nous faire sen­tir que vous avez eu une grosse jour­née de bou­lot). Et la ten­dresse, dans tout ça ? Elle a son im­por­tance. Une belle bite est douce au tou­cher. Pour le gland, c’est fa­cile. Pour la base, éven­tuel­le­ment, cou­pez quelques poils : non seule­ment l’illu­sion d’op­tique vous fait ga­gner quelques cen­ti­mètres, mais « ça » se­ra plus soyeux au contact (dois-je vrai­ment évo­quer les poils qui res­tent entre les dents?). En­fin, ten­dresse tou­jours : un beau sexe nous ap­pré­cie. Si vous étiez tou­jours en érec­tion, nous n’au­rions pas l’im­pres­sion d’être dé­si­rées – le pria­pisme met toutes les amantes au même ni­veau, alors qu’il est tel­le­ment pré­fé­rable de se sen­tir unique. Le beau pé­nis est po­li, il ré­pond quand nous lui par­lons, quand nous le tou­chons. Il ré­agit. Il pulse. C’est dans l’ac­tion de se gon­fler que le sexe at­teint son heure de gloire : l’élé­va­tion ré­vèle cette pul­sion de vie qui reste, tout de même, une bonne rai­son de vous ar­ra­cher votre boxer.

Pour ré­su­mer, le pé­nis ap­pré­ciable est pla­to­ni­cien. Il ne peut pas être beau sans être bon (au goût, à l’odeur, au tou­cher) et vrai (dans toutes les vé­ri­tés du dé­sir : quand ça fonc­tionne comme quand ça ne fonc­tionne pas). Nous avons com­men­cé avec le temple grec, nous fi­nis­sons chez Pla­ton: cô­té sexe, point de lutte entre les An­ciens et les Mo­dernes. Juste l’homme. Et pas n’im­porte quel homme : vous, in­di­vi­duel­le­ment, dans votre spé­ci­fi­ci­té. Il n’existe au­cun stan­dard du beau pé­nis, parce que si­non, nous bai­se­rions stan­dard. Et, très pro­ba­ble­ment, nous en crè­ve­rions d’en­nui. Vous n’êtes pas un numéro. Même à 18 cen­ti­mètres.

Le beau pé­nis est po­li. Quand nous le tou­chons,

il ré­agit. Il pulse.

Plus que sa lon­gueur, sa bonne san­té et son en­tre­tien sont des plus ap­pré­ciés.

Ma­thieu Kas­so­vitz, acteur dans la sé­rie

Le Bu­reau des lé­gendes,

à par­tir du 27 avril sur Ca­nal +

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.