Du­tronc, l’hom­mage

GQ (France) - - Cover -

Tho­mas Du­tronc, Gaë­tan Rous­sel, Ju­lien Do­ré et Joeys­tarr sont tous réunis sur cet al­bum tri­bute, pour les 72 ans du grand Jacques. En prime, ce der­nier re­prend « L’op­por­tu­niste » en com­pa­gnie de Ni­co­la Sir­kis, qui l’avait re­mis au goût du jour avec In­do­chine. Jo­li ca­deau.

dis­po­nible

(so­ny),

« J’ai été éle­vé dans le clas­sique. Mon père était très bon pia­niste, mais il en jouait tel­le­ment que le pia­no m’em­mer­dait. Le jazz re­pré­sen­tait la li­ber­té, celle de Char­lie Par­ker, d’art Bla­key & the Jazz Mes­sen­gers, ou du Mo­dern Jazz Quar­tet. J’ap­pré­ciais beau­coup Er­roll Gar­ner, avec sa fa­meuse main gauche en re­tard. C’était ma­gni­fique. D’ailleurs, par­tout, dans n’im­porte quel bar où je me rends, je suis obli­gé de de­man­der des mor­ceaux qui me rap­pellent cette mu­sique… » Pour l’heure, Jacques Du­tronc pro­fite d’une exis­tence sans pro­jet de ci­né­ma en vue (« On ne me pro­pose pas grand-chose »), lui qui tour­na avec son cou­sin Claude Sau­tet, et qui dé­cro­cha le César du meilleur acteur en 1992 pour Van Gogh de Pia­lat. Le pro­jet d’al­bum avec son fils Tho­mas reste en at­tente: « Une grande salle d’at­tente, même ! On a chan­gé plu­sieurs fois d’op­tion, mais quand on se voit, on ne parle pas de mu­sique! Tho­mas m’a fait une chan­son dé­jà, fau­drait que je la re­trouve. Je vais la re­prendre, le texte me plaît. Le pro­blème, c’est que j’ai par­fois l’im­pres­sion d’avoir tout dit. Ce que j’ai fait en chan­son n’est pas désuet, c’est tou­jours là. Bon, sauf “Les Rois de la ré­forme”, parce qu’il n’y a plus le ser­vice mi­li­taire. Il y a des gens qui pre­naient mon hu­mour au pre­mier de­gré, ces cons… À l’époque, j’avais des chiottes sur scène. J’en­ten­dais “Aux chiottes, pé­dé !”, ce genre de trucs. J’ar­rê­tais de chan­ter, et j’al­lais m’as­seoir sur les toi­lettes. Et je leur ba­lan­çais du PQ. À Ta­hi­ti, j’ai re­cou­vert l’évêque de pa­pier à chiottes. Évi­dem­ment, il était im­pos­sible de ré­cu­pé­rer la salle, der­rière. Mais ça ne fai­sait rien, ça n’avait pas la moindre im­por­tance. » À la suite du disque tri­bute, Gaë­tan Rous­sel, qui avait dé­jà co­pro­duit le der­nier al­bum d’alain Ba­shung, Bleu Pé­trole, conti­nue de lui rendre vi­site. « On s’était ren­con­trés il y a cinq ans sur une tour­née, mais on ne s’était pas par­lé car nous sommes tous deux ti­mides, ce qui, pour moi, est une grande qua­li­té, confie à GQ l’exLouise At­taque. On s’est re­vus en Corse pour l’émis­sion spé­ciale an­ni­ver­saire de France 2 (dif­fu­sée le 6 avril, ndlr). J’ai pro­duit “L’op­por­tu­niste” pour le tri­bute. J’étais un peu in­ti­mi­dé au dé­but, car je suis évi­dem­ment très fan du per­son­nage, mais il met vrai­ment à l’aise. Il connais­sait bien ce que j’avais fait. Là, on tra­vaille sur un al­bum, mais c’est en­core à l’état d’em­bryon. Il faut qu’il y ait une en­vie, et elle est là, je crois. »

le roc corse En at­ten­dant, Du­tronc a pris ra­cine sur cette terre corse qu’il aime à re­tour­ner de ses propres mains, dans cette villa qu’il par­ta­gea avec Fran­çoise Har­dy, avant que cette der­nière se ré­fu­gie à Pa­ris. Une pro­prié­té d’où il est dif­fi­cile de le dé­lo­ger : « J’ai l’im­pres­sion que tout de­vient fas­ti­dieux. Même des­cendre à l’île-rousse – à part pour dé­jeu­ner chez mon pote James, le ro­ckeur, au Bis­trot de la Place –, c’est un peu com­pli­qué. Il s’agit d’une sorte de choix ca­sa­nier. On me donne à man­ger, je dors

Veste, che­mise et cra­vate Pra­da Lu­nettes de so­leil vin­tage sun Vogue

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.