Fren­chies et high-tech !

LES nou­veaux rois de LA Si­li­con val­ley

GQ (France) - - Reportage -

ce 11 dé­cembre 2014, cent vingt sa­la­riés de la même en­tre­prise, re­con­nais­sables à leurs gi­lets bleus, ont fait le tra­jet entre San Fran­cis­co et New York. Pour rien au monde, ils n’au­raient lou­pé cette scène mé­mo­rable : voir leur pa­tron se­couer la cloche si­gnant le coup d’en­voi de la séance à Wall Street. Voi­là leur so­cié­té co­tée à 5,2 mil­liards d’eu­ros au Nas­daq, le mar­ché amé­ri­cain des va­leurs tech­no­lo­giques. Une per­for­mance qui la place au dixième rang de toute l’his­toire de l’in­ter­net. Rien de moins. Car le Lending club, c’est son nom, est en passe de ré­vo­lu­tion­ner le mar­ché ban­caire en per­met­tant aux prê­teurs et aux em­prun­teurs de se ren­con­trer di­rec­te­ment via In­ter­net. Le chef d’en­tre­prise heu­reux, qui s’est of­fert cette image triom­phale, s’ap­pelle Re­naud La­planche. À 43 ans, il n’a eu be­soin que de sept an­nées pour his­ser le Lending club dans le temple de la fi­nance mon­diale.

ca­pi­tal pour tous La­planche fait par­tie de ces Fran­çais de la Si­li­con Val­ley qui ont le vent dans le dos. Une bande, si­non de co­pains, en tout cas un ré­seau ef­fi­cace, so­li­daire, pres­crip­teur pour les in­ves­tis­seurs rê­vant de fran­chir l’at­lan­tique. Ce n’est sans doute pas un ha­sard si ces fi­gures de la « French Touch » tra­vaillent tous dans le même quar­tier de San Fran­cis­co. C’est au dou­zième étage d’une tour du 71 Ste­ven­son Street que l’en­tre­pre­neur re­çoit GQ trois jours après son in­tro­duc­tion réus­sie en Bourse. Dans la ca­fé­té­ria du Lending club, per­sonne ne semble faire at­ten­tion à ce pa­tron à la voix si douce. Il est pour­tant l’une des fi­gures stars par­mi les 60 000 Fran­çais pré­sents dans la baie – la troi­sième com­mu­nau­té étran­gère der­rière les Chi­nois et les In­diens. Après une pre­mière vie à New York, cet an­cien avo­cat d’af­faires a mi­sé sur la Ca­li­for­nie pour une rai­son pré­cise : « Il y a du ca­pi­tal pour chaque so­cié­té quel que soit son ni­veau de développement. À toutes les étapes, on trouve des financiers com­pré­hen­sifs prêts à prendre des risques. » Le sous-texte est lim­pide : dans la « vieille Eu­rope », il n’au­rait ja­mais ren­con­tré de financiers ca­pables de telles au­daces. Lorsque le Lending

Les fon­da­teurs fran­çais de l’ap­pli textme à San Fran­cis­co, avec vue sur la coit to­wer et sur la baie.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.