2011

GQ (France) - - Interview -

L’an­née à la­quelle Phi­lip­pot re­joint le Front na­tio­nal. Dès 2012, il en de­vient le vice-pré­sident char­gé de la com­mu­ni­ca­tion.

Dans des élec­tions lo­cales…

FP : On a at­teint des pa­liers in­édits. Quand on a dit six mois avant qu’on se­rait pre­miers aux eu­ro­péennes, on ne nous croyait pas et on est ar­ri­vés en tête avec 25 % des voix. Pour la pré­si­den­tielle, elle est an­non­cée à 30- 33 %.

Vous ne vous dites ja­mais que ce sont les pro­grès de l’abs­ten­tion qui font mon­ter le pour­cen­tage du FN ?

FP : Non, le Front a in­té­rêt à la par­ti­ci­pa­tion. L’abs­ten­tion, c’est un en­ne­mi du Front na­tio­nal, contrai­re­ment à ce que je lis en­core par­fois. La mo­bi­li­sa­tion de l’élec­to­rat fron­tiste aux eu­ro­péennes était au même ni­veau que les autres.

Aux eu­ro­péennes, le FN a fait deux mil­lions de voix de moins qu’à la pré­si­den­tielle…

FP : Il faut com­pa­rer élec­tion à élec­tion. Aux eu­ro­péennes, il n’avait ja­mais fait au­tant de voix.

Et aux dé­par­te­men­tales, où il est re­ve­nu en deuxième po­si­tion der­rière L’UMP-UDI ?

FP : Évi­dem­ment, en ad­di­tion­nant plu­sieurs par­tis, les autres passent de­vant, et en­core… La vé­ri­té, c’est qu’aux dé­par­te­men­tales, le FN est pre­mier par­ti de France, avec près de 26 % des voix, alors qu’il n’avait qu’un seul élu sur 4 000 sor­tants. C’est une per­for­mance in­croyable. Son meilleur ré­sul­tat his­to­rique toutes élec­tions confon­dues. Pen­dant ce temps, Valls tré­buche, sa stra­té­gie de la haine et de la stig­ma­ti­sa­tion est un cui­sant échec. Il lui fau­dra plus d’un ci­gare pour s’en remettre… Et le bloc de droite et du centre est à un de ses pires ni­veaux de toute la Ve Ré­pu­blique.

Et vous comp­tez que Ma­rine Le Pen triple son score d’ici 2017 alors qu’elle n’a même pas réus­si à l’amé­lio­rer entre 2002 et 2012 ?

FP : Entre-temps, on a cas­sé le bi­par­tisme, tel­le­ment sté­rile en idées. Ce qui n’était pas en­core le cas en 2012. Op­po­ser L’UMP et le PS, qui pensent la même chose, ça n’avait au­cun in­té­rêt. On entre dans une phase

Mais ça s’est hon­nê­te­ment très bien pas­sé. On a eu une vraie dis­cus­sion, il m’a dit : « Est-ce que t’as bien pen­sé à ça, ça et ça? » Et tout de suite, il a eu l’in­tel­li­gence de voir le cô­té positif.

Votre ou­ting par le ma­ga­zine Clo­ser vous a ren­du plu­tôt plus sym­pa­thique, me semble-t-il, à l’ex­té­rieur du FN. Mais com­ment a-t-on ré­agi à l’in­té­rieur ?

FP : J’ai re­çu énor­mé­ment de mes­sages de sou­tien. À l’ex­té­rieur, je n’en parle même pas. Ça se compte vrai­ment en mil­liers, du monde en­tier. Mais à l’in­té­rieur aus­si.

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