Ghys­lain Wat­tre­los,

« peut-être que leurs rai­sons sont bonnes, peut-être qu’ils ont Abat­tu l’avion pour évi­ter un nou­veau 11-sep­tembre, je pour­rais Com­prendre. mais qu’ils nous le disent ! » dont la femme et deux en­fants ont dis­pa­ru

GQ (France) - - Enquete -

mi­li­taires ont bel et bien re­pé­ré l’avion non-iden­ti­fié et non-ré­ac­tif mais qu’ils n’ont pas ré­agi. Il fau­dra quand même vingt-quatre heures pour ré­vé­ler cette in­for­ma­tion et ain­si étendre les re­cherches au dé­troit de Ma­lac­ca et à la mer d’an­da­man. À ce jour, au­cune image de ces ra­dars ma­lai­siens n’a été di­vul­guée.

une si­tua­tion tra­gi­co-gro­tesque Sauf que les autres don­nées d’abord main­te­nues se­crètes, celles re­cueillies par In­mar­sat, sug­gé­re­raient for­te­ment, une fois ana­ly­sées et ren­dues pu­bliques, que le MH 370 ne s’était pas non plus écra­sé vers cette ré­gion. Et quand le 15 mars 2014, une se­maine après la dis­pa­ri­tion, le Pre­mier mi­nistre ma­lai­sien Na­jib Ra­zak an­nonce que les re­cherches vont en­core une fois être dé­pla­cées vers le sud de l’océan In­dien, con­for­mé­ment aux in­di­ca­tions du sa­tel­lite, on peut se dire qu’il a pris les gens pour des idiots. Il a peut-être vou­lu évi­ter de ré­vé­ler plus tôt l’exis­tence des don­nées d’in­mar­sat, sans être cer­tain des conclu­sions à en ti­rer. Pour évi­ter de faux es­poirs, et lais­ser les fa­milles ima­gi­ner un pos­sible cal­vaire aé­rien de sept heures. Mais ce manque ini­tial de trans­pa­rence a je­té le soup­çon sur toute l’en­quête. Le gou­ver­ne­ment ma­lai­sien, en place de­puis l’in­dé­pen­dance de 1957, n’a ja­mais été un mo­dèle en la ma­tière. Il au­rait été étrange qu’il dé­cide de le de­ve­nir su­bi­te­ment en im­po­sant de lui-même des cri­tères de trans­pa­rence to­tale. Mais, vue de l’ex­té­rieur, cette at­ti­tude a contri­bué à don­ner à cette si­tua­tion tra­gique une di­men­sion presque gro­tesque : un avion dis­pa­raît des ra­dars of­fi­ciels, on ne s’en rend pas compte tout de suite ; il pé­nètre comme si de rien n’était un es­pace aé­rien sou­ve­rain sans se faire abattre ; puis il conti­nue son vol du­rant sept heures, avant vrai­sem­bla­ble­ment de se cra­sher, mais on ne sait pas trop où. Ces omis­sions fa­tales ont ain­si cor­rom­pu tout ce qui a sui­vi, don­nant à l’en­semble de la si­tua­tion une im­pres­sion de bri­co­lage. Quand un gou­ver­ne­ment fait obs­truc­tion, il sou­lève for­cé­ment des soup­çons – même s’il n’a rien de pré­cis à ca­cher. Quand il agit ain­si dans le la ca­bine et coupe les ré­ac­teurs et les ap­pa­reils de com­mu­ni­ca­tion, celle d’une soi-di­sant car­gai­son de fruits exo­tiques qui en ca­che­rait une plus dan­ge­reuse, ou même celle de la dis­pa­ri­tion dans une di­men­sion in­con­nue, comme dans la sé­rie Lost. Si la « perte » du MH 370 semble in­con­ce­vable, on peut en dire au­tant des rai­sons de cette perte. L’im­mense vide de l’en­quête ne peut rien faire d’autre qu’ex­ci­ter les spé­cu­la­tions les plus ter­ri­fiantes ou les scé­na­rios les plus ri­di­cules. Mais en ab­sence d’élé­ments ra­tion­nels réel­le­ment pro­bants, que reste-t-il ? Jeff Wise, jour­na­liste ex­pert de l’aé­ro­nau­tique, qui a consa­cré un blog à la ques­tion, s’in­ter­roge : « Quelle so­lu­tion est la plus im­pro­bable ? Que la to­ta­li­té des dé­bris ait été en­glou­tie par les eaux ? Ou que l’avion ait pu échap­per à tous ces ra­dars ? Vous ar­ri­vez à ré­pondre à ça ? Non, et c’est parce que cette tra­gé­die est si ab­surde, et

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.