Les lois de l’at­trac­tion

Conçues à l’ori­gine pour des pro­fes­sion­nels, pi­lotes ou in­gé­nieurs du nu­cléaire, les montres an­ti­ma­gné­tiques re­viennent en force. Blin­dées contre les ai­mants et toutes formes d’ondes, elles ont, en plus, ce sup­plé­ment vin­tage qui plaît tant. Sé­lec­tion sa

GQ (France) - - Montres - Ni­co­las Sa­lo­mon

de­puis quelque temps, les hor­lo­gers se targuent d’une nou­velle com­pli­ca­tion : l’an­ti­ma­gné­tisme. il n’est point ques­tion ici de sorcellerie, en­core moins d’un vi­rage mys­tique col­lec­tif, mais de l’ex­tra­po­la­tion d’une norme de pro­tec­tion des mé­ca­nismes contre les champs ma­gné­tiques. comme l’étan­chéi­té, la plu­part des mo­dèles sont do­tés de cette ga­ran­tie qui pro­fite à la pré­ci­sion. « La fa­bri­ca­tion de montres an­ti­ma­gné­tiques a dé­mar­ré juste avant les an­nées 1930, ex­plique l’ex­pert ro­main réa. À l’époque, les mo­teurs élec­triques des lo­co­mo­tives per­tur­baient consi­dé­ra­ble­ment la ré­gu­la­ri­té des montres. on a alors dé­ve­lop­pé des mo­dèles dits “che­min de fer” do­tés d’une gaine en fer doux à l’in­té­rieur de la boîte, qui iso­lait le mé­ca­nisme. pen­dant la se­conde Guerre, ce fut le tour des montres d’avia­tion que les bo­bines de dé­flexion des écrans ra­dar ren­daient par­fois in­uti­li­sables. en­suite, l’éner­gie ato­mique a pris le re­lais de ce dé­rè­gle­ment, avec tout le ni­veau de ra­dia­tion que ce­la im­plique. » De nos jours, toutes les montres in­tègrent un ni­veau stan­dard de pro­tec­tion bien utile sans qu’on le soup­çonne. car si le champ ma­gné­tique na­tu­rel de la Terre est beau­coup trop faible pour re­pré­sen­ter un risque de dé­rè­gle­ment, ceux des mo­teurs élec­triques, té­lé­phones por­tables, wi­fi ou autres dis­po­si­tifs cou­rants, peuvent consi­dé­ra­ble­ment al­té­rer la pré­ci­sion d’un mou­ve­ment. Le dis­po­si­tif le plus uti­li­sé reste la cage de fer doux dis­po­sée dans la boîte (lire ci-contre). car lors­qu’on place un corps creux en fer doux dans un champ ma­gné­tique, on ob­serve qu’une grande par­tie des lignes de champ se concentre dans la pa­roi du corps creux. L’in­té­rieur du corps est donc iso­lé, pré­ci­sé­ment où on place le mou­ve­ment. ce corps creux, la « cage », em­pri­sonne le champ ma­gné­tique, pour s’en dé­bar­ras­ser pro­gres­si­ve­ment.

Norme ISO 764 cer­tains en ont fait une spé­ci­fi­ci­té et leurs mo­dèles to­lèrent des seuils bien plus hauts grâce à l’em­ploi d’al­liages tels que l’in­var (fer/ni­ckel/carbone/al­liage de ch­rome), le Glu­cy­dur (bé­ryl­lium/al­liage de bronze), ou en­core le ni­va­rox (fer/ni­ckel/ch­rome/ti­tane/ al­liage de bé­ryl­lium). se­lon la norme de ré­fé­rence, iso 764, une montre doit conti­nuer à fonc­tion­ner après avoir été sou­mise à un champ ma­gné­tique de 4 800 a/m (am­pères/mètre), dans trois po­si­tions dif­fé­rentes, pen­dant une mi­nute à chaque fois, et ac­cu­ser une va­ria­tion jour­na­lière in­fé­rieure à 30 se­condes. De cette ori­gine très scien­ti­fique dé­coule un style très ins­tru­men­tal, par­fois vin­tage, qui donne à cette sé­lec­tion un ca­rac­tère sin­gu­lier.

Com­ment ça marche ? La par­tie orange est la cage de fer iso­lante dans le­quel le mou­ve­ment est pla­cé pour qu’il soit

à l’abri des ondes. au­jourd’hui, cer­tains

mou­ve­ments s’en passent, dès lors que l’en­semble des composants sont eux-mêmes an­ti­ma­gné­tiques.

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