DU­TRONC L'IN­SO­LENCE DU STYLE

Per­fec­to, lu­nettes de so­leil et ci­gares Co­hi­ba… Quand on le re­trouve dans son son fief corse, Jacques Du­tronc est fi­dèle à lui-même jus­qu’à la ca­ri­ca­ture. À 71 ans, le chan­teur/acteur, qui a don­né ses lettres de no­blesse à la pop fran­çaise, prend la vie c

GQ (France) - - La Une - Phi­lippe Vec­chi Ben­ni Vals­son

Même lors­qu’il est bien là, pré­sent sur ses terres corses, à la fois tel­lu­rique et spi­ri­tuel, Jacques Du­tronc est un peu ab­sent. Il im­pose sa dis­tance de fa­çon sub­tile. Celle d’une fi­gure pa­tri­mo­niale dont la sil­houette se­rait de­ve­nue un lo­go avec ci­gare, et la voix, une pal­pi­tante griffe so­nore. Le ré­sident le plus fa­meux de Mon­ti­cel­lo nous re­çoit dans sa mai­son, sur les hau­teurs, lu­nettes de vue noires pour re­gard clair, veste Saint Laurent of­ferte par John­ny Hallyday lors de la ré­cente tour­née des « Vieilles Ca­nailles » sur le dos. Le por­tail s’ouvre sur un jar­din dont les qua­torze chats et les trois bars font la fier­té de l’hôte. D’em­blée, on prend des nou­velles de sa san­té. Si sa ré­pu­ta­tion d’ama­teur d’al­cool(s) le pré­cède en­core, sa consom­ma­tion a consi­dé­ra­ble­ment chan­gé : « Pen­dant vingt ans, j’ai tour­né à l’al­cool de poire, à rai­son d’une bou­teille tous les soirs, en plus du reste, dit-il. Puis, j’ai ar­rê­té. Cinq ans et de­mi d’in­ter­rup­tion to­tale, quand même. Il fal­lait le faire, c’est beau ! Et sur­tout, beau­coup trop long ! Les gens di­saient : “Mais il est aus­si drôle quand il n’a pas bu!”, c’est quand même in­croyable. Je reste au vin dé­sor­mais. Fi­ni les al­cools forts. » La drogue, elle, n’a ja­mais fait par­tie de son ar­se­nal épicurien, alors qu’il au­rait pu plon­ger dans les ad­di­tifs chi­miques dès les an­nées 1960 : « Ça y al­lait ! Mais je n’ai pas vou­lu y tou­cher. D’un cô­té, je ne veux pas mo­ra­li­ser, je me dis : “Si c’est pour faire la fête, éven­tuel­le­ment, OK.” Mais si c’est pour em­mer­der le monde et fa­bri­quer la corde pour te pendre, en te di­sant “Je vais prendre ça et ça va al­ler”, là, je ne suis pas d’ac­cord. C’était la ce­rise sur le gâ­teau pour cer­tains. Ce que je trouve triste, c’est cette es­pèce de truc com­mu­niste : tout le monde le fait, donc il faut le faire… Et puis, c’est de bon ton de prendre un gramme. Moi, quand je prends du fro­mage de tête, c’est au moins 500 grammes ! » Pré­am­bule psy­ché­dé­lique re­fer­mé. En toute lo­gique, le convive est choyé, abreu­vé de saint-émi­lion Grand-pontet (2010) et re­cou­vert de ci­gares Co­hi­ba. En ce dé­but de prin­temps, le croo­ner

Jacques du­tronc pho­to­gra­phié pour GQ par ben­ni Vals­son

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.