DE­VE­NEZ LE SHO­WRUN­NER DE VOTRE VIE

Com­ment s’ap­pro­prier le style de Don Dra­per ? Dé­ve­lop­per l’es­prit de stra­tège de Ty­rion Lan­nis­ter ? Mieux gé­rer ses ex­ploits sexuels que Hank Moo­dy de Ca­li­for­ni­ca­tion ? Ce mois-ci, GQ spoile les meilleurs conseils de vos hé­ros pré­fé­rés.

GQ (France) - - L’édito - Par Phi­lippe Guedj

Sum­mer is co­ming… » Vous nous par­don­ne­rez, amis lec­teurs, ce clin d’oeil un peu fa­cile à Game of Th­rones et à l’été qui ap­proche mais un numéro fai­sant la part belle à nos sé­ries pré­fé­rées pou­vait-il com­men­cer au­tre­ment ? Non jus­te­ment. Car si la cé­lèbre phrase cryp­tique de la sa­ga mé­dié­vale vient si spon­ta­né­ment à l’es­prit, comme un hook mu­si­cal, c’est qu’elle tra­duit bien l’ex­tra­or­di­naire pou­voir in­ner­vant de ces ré­pliques culte qui ir­riguent les sé­ries que nous ai­mons. Sans comp­ter les autres si­gna­tures ves­ti­men­taires, ri­tuels ami­caux, tech­niques de pou­voirs, dé­si­rs sexuels, cas de conscience amou­reux, pul­sions meur­trières… Liste non ex­haus­tive. De Mad Men à Game of Th­rones, en pas­sant par The Wire, Suits ou Em­pire, nos shows fa­vo­ris n’en fi­nissent plus d’ins­pi­rer nos vies, de chan­ger im­per­cep­ti­ble­ment notre « style de vie », comme nous vous le dé­cryp­tons (p. 76). « Win­ter is co­ming » est de­ve­nu un gimmick de lan­gage cou­rant, un mème sur les ré­seaux, un signe de re­con­nais­sance pop cultu­rel, au même titre qu’en leur temps « Je ne suis pas un numéro » du Pri­son­nier, « How you doin’ » de Friends, « Dis-moi pas qu’c’est pas vrai » de H, etc. D’autres trou­vailles lexi­cales is­sues de la culture pop se re­trouvent ain­si éle­vées au rang d’ou­tils ma­na­gé­riaux consa­crés, à l’ins­tar de cer­taines ré­pliques de Star Wars. Si votre boss pro­clame : « L’em­pe­reur ne par­tage pas votre ap­pré­cia­tion op­ti­miste de la si­tua­tion », in­quié­tez-vous.

Ain­si à la ré­dac­tion de GQ, l’un de nos plus brillants chefs de ru­brique – il a re­quis l’ano­ny­mat – s’est ma­gni­fi­que­ment ap­pro­prié le « Hey » de Hurley, le per­son­nage de la sé­rie Lost. Chaque ma­tin ou presque, il tra­verse l’open space du ma­ga­zine, en lan­çant un « Hey » re­ten­tis­sant ! C’est de­ve­nu sa « si­gna­ture ». Son « run­ning gag ». Sa phi­lo­so­phie de vie. Il a em­prun­té à Lost ce « Hey spi­rit », comme d’autres le Carpe Diem au poète Ho­race (ou à Ro­bin Williams dans Le Cercle des Poètes dis­pa­rus). Ce « hey » cé­lèbre l’en­thou­siasme et la bonne hu­meur au bu­reau. Même s’il est aus­si, et bien en­ten­du, une arme dé­fen­sive qui per­met d’es­qui­ver et éloi­gner les im­por­tuns, comme les « pe­tites blagues » chez Fran­çois Hol­lande. À l’heure où l’ély­sée n’hé­site pas à uti­li­ser l’ima­ge­rie des Sept Royaumes de Game of Th­rones ou de House of Cards pour dé­fendre tel pro­jet de loi sur Twit­ter, GQ vous in­vite à vous ré­ap­pro­prier ce nou­veau « soft po­wer » des sé­ries. Qu’em­prun­ter à Ty­rion Lan­nis­ter du point de vue stra­té­gique ? Que re­te­nir de la garde-robe du plus GQ d’entre eux, Don Dra­per, alias Jon Hamm ? Y a-t-il d’ailleurs une vie pour l’acteur après Don Dra­per (voir p. 68) ? La ré­ponse n’est pas dans le pro­chain épi­sode. Elle fi­gure dans ce numéro.

De Mad Men à Game Of Th­rones, nos shows fa­vo­ris n’en fi­nissent plus de chan­ger notre style de vie.

GQCette an­née sur la Croi­sette, l’évé­ne­ment, c’est Mad Max de George Miller. Et ja­mais l’apo­ca­lypse n’a pa­ru sus­ci­ter au­tant d’at­tente. Cette sé­lec­tion par le plus pres­ti­gieux des fes­ti­vals en dit long sur l’im­pact du pi­lote ima­gi­né par le ci­néaste aus­tra­lien. Sor­ti en 1979, le pre­mier vo­let de ce qui al­lait de­ve­nir une sa­ga

Un gent­le­man peut-il dé­cem­ment al­lu­mer une ci­ga­rette sur la plage ? Don Dra­per a tous les droits.

JON HAMM est pho­to­gra­phié par Se­bas­tian Kim Cos­tume et po­lo Brio­ni Po­chette Montre Tag Heuer

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