FAUS­TINE BOL­LAERT BER­TRAND CHA­ME­ROY L’IN­TRI­GANT LES CANCRES CY­RIL FÉ­RAUD LE GENDRE IDÉAL MAT­THIEU DE­LOR­MEAU LE MAILLON FAIBLE

LES CHOUCHOUS

GQ (France) - - Coulisses -

Cha­me­roy, an­cien chro­ni­queur dans l’émis­sion de Mo­ran­di­ni (sur Di­rect 8), pas­sé chez Cy­ril Ha­nou­na : « Tous les gens de la té­lé re­gardent son site. Ils veulent voir ce qui se dit sur eux. À “Touche pas à mon poste”, tout le monde a son ap­pli­ca­tion.» Pour­tant, convaincre une per­son­na­li­té mé­dia­tique de s’ex­pri­mer sur le bon­homme n’est pas chose ai­sée. « Il a un pou­voir de nui­sance as­sez im­por­tant, ex­plique Ju­lien Bell­ver, co­fon­da­teur de Pu­re­mé­dias. Quand il a quel­qu’un dans le nez, il peut l’at­ta­quer pen­dant des mois… Comme il adore la ba­garre, il vaut mieux avoir Mo­ran­di­ni dans sa poche. » Dé­sor­mais ins­tal­lée dans un ap­par­te­ment de la rue Fran­çois-ier, la ré­dac­tion de jean­marc­mo­ran­di­ni.com res­semble plus à un ca­bi­net d’ar­chi­tectes qu’à un bun­ker de sta­giaires. Les trois jour­na­listes, qui abattent cha­cun une news toutes les 25 mi­nutes (« Avec les ur­gences, on est à 60 ar­ticles mi­ni­mum par jour »), n’ont pas l’air trau­ma­ti­sé. Les deux plus an­ciens ont si­gné un CDI, et le ré­dac­teur en chef a même le droit de ve­nir tra­vailler avec son la­bra­dor : « Il y a pire comme condi­tions, non ? » sou­rit leur pa­tron, qui les a ins­tal­lés en face des lo­caux d’eu­rope 1, pour «ve­nir les voir ré­gu­liè­re­ment ». Payé entre « 3 000 et 3 500 € par mois », Ké­vin Va­tant, qui cha­peaute le site de­puis neuf ans et « as­siste per­son­nel­le­ment Jean-marc dans son quo­ti­dien », a par­ti­ci­pé à l’évo­lu­tion de la ligne édi­to­riale : « Au dé­part, on était un site mé­dias-people à part en­tière. Avec le temps, on s’est re­trou­vés na­tu­rel­le­ment à trai­ter les mêmes su­jets que les sites d’in­fo. » Der­nier tour de force : avoir pu­blié, entre deux brèves sur « Jo­sé­phine, ange gar­dien », un sui­vi en live des at­ten­tats de Char­lie Heb­do. Un grand écart édi­to­rial qui a mul­ti­plié les au­diences par trois : « Le site ra­tisse très large, ex­plique Re­naud Re­vel. Ça a un cô­té fourre-tout, mais vous y avez tous les évé­ne­ments ur­gents. Sur Char­lie Heb­do, il a clai­re­ment pris le rôle de L’AFP. C’est dé­sor­mais un mé­dia d’alerte. » Mais si Mo­ran­di­ni chasse de plus en plus sur d’autres ter­rains, c’est aus­si parce qu’il dé­go­te­rait beau­coup moins d’ex­clus sur le sien, comme nous ex­plique Ju­lien Bell­ver : « C’est moins ali­men­té qu’à l’époque où il cho­pait des ex­clus grâce à son émis­sion sur D8. Là, il y a beau­coup plus de dé­pêches AFP, plus de zapping, de bandes-an­nonces. » Et la té­lé­réa­li­té a qua­si­ment dis­pa­ru : « Les ar­ticles sur l’ar­res­ta­tion de Na­billa, fran­che­ment, on s’en se­rait pas­sés, souffle Mo­ran­di­ni, qui concède ne pas tou­jours connaître les people en home sur son site. On le fait pour ré­pondre à une de­mande. Mais la prio­ri­té, c’est l’évé­ne­ment. »

Pas très sé­rieux, tout ça ? S’il re­fuse de trai­ter le sport (« Parce que je m’en fous et parce que c’est mon site»), il conti­nue de lâ­cher quelques va­che­ries sur les confrères : « Quand je n’aime pas quel­qu’un, je peux le dire sur le site. C’est aus­si ça qui fait le suc­cès. Et puis, c’est de la té­lé, ce n’est pas très sé­rieux tout ça.» Un business pas très sé­rieux, qui n’est pas non plus très lu­cra­tif. Après neuf ans d’exis­tence, le site, qui vit prin­ci­pa­le­ment de la pub (com­mer­cia­li­sée par la ré­gie Bol­lo­ré), vient seule­ment de fi­nir dans le positif: « 4 500 € ! Alors que les der­nières an­nées, on fi­nis­sait à moins 50 000, confie Mo­ran­di­ni, très dé­ta­ché. J’ai per­du pas mal de blé avec ce blog, mais de­puis que j’ai ra­che­té les parts de Bol­lo­ré, je suis seul… » Son train de vie, il l’as­sure grâce à ses autres ac­ti­vi­tés : un sa­laire men­suel de 9 000 € bruts pour sa ma­ti­nale sur Eu­rope 1, au­quel s’ajoutent les re­ve­nus de ses émis­sions sur NRJ12 (« Crimes », dont il est aus­si pro­duc­teur). En contrat jus­qu’en juillet sur NRJ12, JeanMarc Mo­ran­di­ni vient de lan­cer un site d’in­fo sur la san­té et tra­vaille sur un pro­jet de talk-show. Mais son rêve se­cret, c’est d’adap­ter son blog à la té­lé : « J’ai­me­rais créer une chaîne qui se­rait consa­crée aux mé­dias. Je pense qu’il y a de la place et une vraie de­mande pour un BFM des mé­dias. Avec des jour­naux qui tournent, des pe­tites en­quêtes, des in­vi­tés… » Et Edwy Ple­nel en chro­ni­queur ?

Après un stage au « Grand Jour­nal », le Ni­çois (26 ans)

re­joint la team Mo­ran­di­ni sur Di­rect 8. En 2012, il re­fuse de le suivre sur NRJ12 et part pour « Touche pas à mon poste » sur D8. Une claque pour son ex-pa­tron.

Jeune ani­ma­teur (29 ans) ve­dette de France 3, il présente

le jeu « Slam », car­ton d’au­dience et tout un tas de primes (« L’eu­ro­vi­sion », « Le Té­lé­thon »…) pour la chaîne. Il a fait ses gammes à la ra­dio ET

à la té­lé­vi­sion chez Mo­ran­di­ni.

Ex-sta­giaire de Fo­giel, ex-as­sis­tant de Vir­gi­nie Efi­ra, il a tra­vaillé sur l’émis­sion « Mo­ran­di­ni ! » avant de se spé­cia­li­ser dans la té­lé­réa­li­té sur NRJ12 (« Les Anges »).

De­puis, les deux règlent leurs comptes sur Twit­ter.

MO­RAN­DI­NI A DIT « C’est l’une des re­crues dont je suis le plus fier, et c’est aus­si l’un des plus re­con­nais­sants… » MO­RAN­DI­NI A DIT « C’est un très beau par­cours, elle le mé­rite. »

Mo­ran­di­ni re­crute cette an­cienne jour­na­liste de Té­lé 7 Jours en 2004 dans son émis­sion ra­dio d’eu­rope 1. Elle re­joint en­suite la team de Dru­cker sur France 2, avant d’être dé­bau­chée par M6, où, à 35 ans, elle anime des primes (« Ri­sing Star »).

MO­RAN­DI­NI A DIT « Il ira très loin, j’en suis cer­tain. »

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