LEE DA­NIELS, CER­VEAU D’EM­PIRE AMOUR, GLOIRE & HIP HOP HIP HOP

On lui doit la ré­vé­la­tion de l’an­née : la pre­mière série sur l’uni­vers du rap amé­ri­cain. Lee Da­niels a scot­ché plus de 15 mil­lions d’amé­ri­cains à chaque épi­sode de la pre­mière sai­son d’em­pire. GQ en dé­code les in­fluences avec le ci­néaste de­ve­nu sho­wrun­ner

GQ (France) - - Coulisses - Par Ca­ro­line Veu­nac

Né le soir du ré­veillon 1959 à Phi­la­del­phie, Lee Da­niels a vite ces­sé de croire au père Noël. « Mon pre­mier sou­ve­nir, c’est le bruit des balles qui ont tué mon meilleur ami quand j’avais 6 ans », ré­sume ce sur­vi­vant très ha­bile à for­ger sa lé­gende quand on le ren­contre à Paris au fes­ti­val Sé­ries Ma­nia. Après avoir trou­vé la ré­demp­tion dans le théâtre, il ren­contre le suc­cès avec son deuxième film, Pre­cious, os­ca­ri­sé en 2009. De­ve­nu le chantre de la cause noire post-oba­ma, il en­chaîne avec Pa­perboy avec Ni­cole Kid­man et Le Ma­jor­dome. Ses films di­visent par­fois, mais avec sa série Em­pire, il met tout le monde d’ac­cord.

UN SOAP OPE­RA NOIR

« Avec Em­pire, je vou­lais faire un Dal­las black. Rendre hom­mage à une époque où l’on pou­vait être po­li­ti­que­ment in­cor­rect à la té­lé, où l’on n’avait pas peur de pous­ser le bou­chon trop loin. Faire un soap comme Dy­nas­tie plu­tôt qu’un drame, c’est aus­si prendre le par­ti d’en rire. Lu­cious (Ter­rence Ho­ward), le pa­tron du la­bel Em­pire, est un meur­trier, Co­okie (Ta­ra­ji P. Hen­son), sa femme, une dea­leuse. Pour­tant, les gens les adorent et je trouve ça très drôle. Je ne veux plus être en co­lère à cause des ques­tions ra­ciales… Je veux juste ra­con­ter de bonnes his­toires. »

UN SHOW GRAND PU­BLIC

« Je viens du théâtre. À une époque, je re­gar­dais le ci­né­ma de haut, alors la té­lé ! Mais j’avais be­soin de fi­nan­cer les études de mes en­fants. Quand mon scé­na­riste Dan­ny Strong est ar­ri­vé avec l’idée de s’ins­pi­rer du Roi Lear pour ra­con­ter l’his­toire d’une fa­mille noire dans le mi­lieu du hip-hop, je lui ai dit : “OK, mais on en fait une série té­lé.” Je vou­lais ga­gner de l’ar­gent. Je vou­lais aus­si que les gens de ma fa­mille voient ce que je fais. La plu­part sont en pri­son. Il fal­lait donc qu’em­pire soit dif­fu­sé par un grand ré­seau comme Fox et pas sur le câble. » UNE SÉRIE

« Je ne connais rien au rap. Mes en­fants m’ont par­lé de Tim­ba­land, le pro­duc­teur de Tim­ber­lake et Jay Z. Je ne sa­vais pas qui c’était ! Je lui ai ra­con­té l’his­toire et il est re­ve­nu avec “Me­di­ca­tion”, un titre sur la souf­france et com­ment la soi­gner. Pile mon his­toire. Je suis noir et ho­mo­sexuel, j’au­rais pu prendre Broad­way comme toile de fond, mais ça au­rait été trop fa­cile. Choi­sir le hip-hop, c’est af­fron­ter l’ho­mo­pho­bie de ce mi­lieu. Mon frère était rap­peur, et quand il a su que j’étais gay, il a pris ses dis­tances. Ré­cem­ment, il m’a écrit de pri­son: “Je suis dé­so­lé de t’avoir dé­tes­té pour ça.” C’est le plus beau ca­deau que m’ait fait Em­pire. »

EM­PIRE,

Ins­pi­ré de Dal­las, le re­nou­veau du soap passe par la scène rap de Chi­ca­go.

Sai­son 1 sur Fox et pro­chai­ne­ment sur une chaîne du groupe M6

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.