CHAR­GÉS DE LA COM­MU­NI­CA­TION DE L’ÉLY­SÉE, ILS ONT FAIT BAS­CU­LER HOL­LANDE DANS L’ÈRE DU DI­GI­TAL. GAS­PARD GANT­ZER 36 ANS FRÉ­DÉ­RIC GIU­DI­CEL­LI 35 ANS

« La proxi­mi­té est ce qui consti­tue l’iden­ti­té po­li­tique de Fran­çois Hol­lande, c’est sa force. » « Le pré­sident a tou­jours été au clair sur l’im­por­tance des ré­seaux so­ciaux et de leur im­pact. »

GQ (France) - - Enquete -

Gant­zer de l’autre, pour la touche d’hu­mour. Le ri­di­cule est évi­té. Car les peaux de ba­nane aus­si glissent plus vite sur la Toile que dans la « vraie » vie. En avril 2014, à peine sa no­mi­na­tion an­non­cée, un site pu­blie une image is­sue du pro­fil Fa­ce­book de Gant­zer: dans une ély­séenne). Mais aus­si la preuve que l’image d’un tren­te­naire fu­mant un pé­tard n’a rien d’ex­cep­tion­nel ; et en­core moins qu’il s’af­fiche ain­si sur les ré­seaux so­ciaux. Gas­pard Gant­zer vit avec son temps. Et il n’aime rien tant qu’un agen­da qui bouge, l’obli­geant à ré­agir au plus vite. Mais l’ély­sée reste une grosse ma­chine qui exige de l’or­ga­ni­sa­tion. Chaque lun­di ma­tin se tient la réunion de la cel­lule web. Ce lun­di-là est un len­de­main de dé­faite (aux élec­tions can­to­nales), mais puisque la ra­clée an­non­cée a presque été évi­tée, un brin de sa­tis­fac­tion flo…e dans l’air. Plus que ja­mais, il faut mon­trer un pré­sident à l’of­fen­sive. Gas­pard Gant­zer avise le pre­mier ren­dez-vous de l’agen­da : un dé­pla­ce­ment dans une usine en Nor­man­die, « avec peut-être une an­nonce en ma­tière de re­cru­te­ment ou d’in­no­va­tion ». « Un pe­tit re­por­tage sym­pa­thique se­rait bien », conclut Gant­zer en je­tant un re­gard à Giu­di­cel­li. Un évé­ne­ment à l’agen­da, un choix de trai­te­ment (ou l’im­passe) : en une de­mi-heure, la réunion ba­laie une ou deux se­maines de plan­ning. Avec le conseiller du « PR » dans le cos­tume de ré­dac­teur en chef, un rôle qui semble l’amu­ser. La vi­site pré­si­den­tielle au Grand Pa­lais à l’ex­po­si­tion Vé­las­quez, puis le toast d’un dî­ner d’état don­ne­ront lieu à deux autres Vines. Le jeu­di, c’est le match France-bré­sil. « On ne pour­rait pas avoir une in­ter­view de Zi­dane ? » in­ter­roge Gant­zer. « La Fé­dé­ra­tion ne nous ac­corde pas les droits pour fil­mer dans le Stade de France », craint Giu­di­cel­li. « De­mande quand même à Na­tha­lie ( Ianne a, l’an­cienne jour­na­liste de Canal + de­ve­nue conseillère sport à la pré­si­dence, ndlr) », in­siste le conseiller. En es­quis­sant l’agen­da de la se­maine sui­vante (qui suc­cède au deuxième tour des can­to­nales), Gant­zer pro­nos­tique « qu’il n’y au­ra pas de re­ma­nie­ment », une pré­dic­tion qui se vé­ri­fie­ra. L’ana­lyse de la per­cep­tion des ré­sul­tats du 1er tour sur les ré­seaux so­ciaux oc­cupe la fin de la réunion : il fau­dra en­core bou­ger les par­le­men­taires de gauche pas vrai­ment fi­dèles au web. « Et pour mon in­fo per­so, je peux avoir le vo­lume de tweets sur So­cie­ty ? » de­mande Gant­zer. Fin mars, en ef­fet, Fran­çois Hol­lande a ac­cor­dé une in­ter­view fleuve dans le n° 2 du nou­veau bi­men­suel. Un ren­dez-vous loin des ter­ri­toires ha­bi­tuels de la presse quo­ti­dienne/ heb­do, qui porte la si­gna­ture de Gas­pard Gant­zer. « Sur­prendre, avoir le sens du tem­po », c’est son man­tra. Un an après son ar­ri­vée, Gant­zer est plus que ja­mais per­sua­dé que « les Fran­çais veulent voir leur pré­sident

LES CLASHS Le Ser­vice d’information du gou­ver­ne­ment (SIG) s’ins­pire de la série House of Cards pour com­mu­ni­quer sur les ac­tions du gou­ver­ne­ment (en haut). Ef­fet boomerang : l’ima­ge­rie est dé­tour­née par les jeunes ac­tifs du par­ti ré­pu­bli­cain (ci-contre).

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