1 500 70 %

FILLES SONT CONNEC­TÉES 30 000 DES RE­VE­NUS

GQ (France) - - Digital Sex -

»

che­veux courts et vi­sage es­piègle, lors d’une in­ter­view sur Skype. Seul mon pe­tit ami est dans la confi­dence : avant de me lan­cer, je lui ai de­man­dé son ac­cord. Si­non, per­sonne au­tour de moi ne sait ce que je fais. Ils ne com­pren­draient pas, ils as­si­mi­le­raient sans doute ça à de la pros­ti­tu­tion. » Or, ar­gu­mente-t-elle, « ce­la n’a rien à voir. Les clients ne nous touchent ja­mais ! » Elle ne voit que « des avan­tages » à ceŒe ac­ti­vi­té : « Quand je suis de­vant la ca­mé­ra, je m’amuse et si je trouve qu’un client est trop lourd, je le zappe. » Elle nuance : « C’est peut-être aus­si parce que je n’y passe que trois ou quatre heures dans la jour­née. Il y a des filles qui y res­tent dix voire douze heures, par­fois tous les jours, là ça doit vrai­ment être épui­sant! » La jeune femme touche entre 800 et 1200 € par mois. « Je vois ça comme un mi-temps. Ça me per­met de conti­nuer le théâtre à cô­té. » Pour les cam­girls à plein-temps, en re­vanche, les sa­laires peuvent aŒeindre des ni­veaux de cadres sup. Voire plus. Chez Li­vejas­min, ils pro­gressent se­lon le « sta­tut » des mo­dèles. Une dé­bu­tante fait payer en gé­né­ral 1 € la mi­nute et re­verse 70 % des sommes au site. Ce qui fait, au fi­nal, en­vi­ron 1000 € par mois pour trois heures de peep-show payant dans la jour­née. Une fois lan­cée, elle fait grim­per les ta­rifs ho­raires en fonc­tion de la de­mande. Quant à la com­mis­sion pré­le­vée par le site, elle di­mi­nue au fur et à me­sure que ses re­ve­nus aug­mentent : en gros, plus elle gagne, moins elle est ponc­tion­née, le tout se­lon un ba­rème pré­éta­bli. « Une fille vrai­ment ac­tive peut vite tou­cher 3 € la mi­nute et conser­ver 50 % des sommes ver­sées », ré­sume Ri­car­do. Cer­taines gagnent ain­si ra­pi­de­ment près de 3600 € par mois. Les plus « pros », quant à elles, ont le droit de gar­der jus­qu’à 80 % des sommes et peuvent aŒeindre les 30 000 € par mois, d’après Li­vejas­min. Dans cer­tains pays, ces sommes font rê­ver. La Rou­ma­nie, par exemple, où le sa­laire moyen ne dé­passe pas 650 € par mois, est le prin­ci­pal « fournisseur » de cam­girls au monde, dont plu­sieurs di­zaines de mil­liers pour Li­vejas­min. La Co­lom­bie ar­rive juste der­rière. « La plu­part des filles mènent des vies nor­males. Elles ont une fa­mille. Cer­taines font ça pen­dant un an, his­toire de meŒre de l’ar­gent de cô­té, pour payer les études des en­fants, par exemple », dé­crit Ri­car­do. Il af­firme re­ce­voir une cen­taine de de­mandes d’ins­crip­tion par jour. À tel point qu’à Bo­go­ta, comme à Bu­ca­rest, des ap­par­te­ments en­tiers, par­fois des im­meubles – les « stu­dios » dans le jar­gon – sont consa­crés à ceŒe ac­ti­vi­té : loués aux mo­dèles à la jour­née, ils pro­posent des chambres avec connexion In­ter­net, web­cams, déco « sexy », éclai­rage ta­mi­sé, par­fois même une es­thé­ti­cienne sur place et aus­si, des coachs… « Ce sont sou­vent d’an­ciennes cam­girls : elles ap­prennent aux dé­bu­tantes à bou­ger de­vant la ca­mé­ra, leur donnent des pe­tits trucs », dé­crit Lu­cia­no Tu­mu­rug, en charge de l’eu­rope de l’est. En échange, les filles re­versent en­vi­ron 10 %

SI­MUL­TA­NÉ­MENT SUR LE SITE LI­VEJAS­MIN. C’est la somme que per­çoivent les cam­girls les plus per­for­mantes.

eu­ros la mi­nute. La somme dé­bour­sée par des clients pour les filles les plus de­man­dées. D’UNE ANI­MA­TRICE DÉ­BU­TANTE SONT RE­VER­SÉS AU SITE.

Le chiffre d’af­faires an­nuel de Li­vejas­min.

ÂGE :

PAYS :

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.