19 ans

GQ (France) - - Digital Sex -

« Je suis une jo­lie fille de 19 ans, de très beaux yeux, un jo­li sou­rire

et un corps très sen­suel. »

in­té­res­sé par le suc­cès de la té­lé­réa­li­té “Big Bro­ther” », se sou­vient-il. Phy­sique de rug­by­man, yeux bleu gla­cier et cos­tume im­pec­ca­ble­ment cou­pé, Ka­ro­ly, la qua­ran­taine, s’ex­prime en hon­grois, sans ja­mais dé­cro­cher un sou­rire. Il est tra­duit par l’un de ses ad­joints. « À l’époque, on tra­vaillait dé­jà en­semble avec Györ­gy. On avait créé des sites de ren­contres pour adultes, ça mar­chait pas mal. Alors Györ­gy s’est dit : “Si on marie l’adulte et la té­lé­réa­li­té, ça va mar­cher.” » Bien vu. En trois ans, la pe­tite PME passe de 5 em­ployés – dont les deux cou­sins – à plus de 150 per­sonnes. Au­jourd’hui, ils sont un mil­lier. « Nous avons dé­mé­na­gé notre siège à Luxem­bourg en 2013. Nous vou­lions a—irer des pro­fils plus in­ter­na­tio­naux, jus­ti­fie-t-il. Et puis, il y a une bonne fis­ca­li­té. »

Gla­mour et haut de gamme Grâce à la réus­site du « live », l’équipe a en tout cas pu se lan­cer dans de nou­veaux bu­si­ness: consul­ta­tions de voyance via web­cam (Cra­nium), sys­tèmes de paie­ment sé­cu­ri­sé… Toutes ces ac­ti­vi­tés sont re­grou­pées sous une hol­ding, Do­cler Inc. Sur­tout, le fon­da­teur – tou­jours pro­prié­taire de 100 % des parts – a pu amas­ser une for­tune es­ti­mée à 5,6 mil­liards d’eu­ros, se­lon le ma­ga­zine amé­ri­cain Forbes, ce qui fait de lui l’homme le plus riche de Hon­grie. Un brin mé­ga­lo, Györ­gy Ga—yan, sorte de croi­se­ment entre Da­niel Craig et Vla­di­mir Pou­tine, met en scène sa réus­site sur sa page Fa­ce­book (6 740 fans) ou son site per­so, à grand ren­fort de ci­ta­tions cen­sées illus­trer sa « phi­lo­so­phie » – « Je me bats contre moi-même, pas contre les autres » – et de photos où on le voit po­ser de­vant une Bent­ley, ou sor­tir de l’eau tout ha­billé, les pec­to­raux saillants sous sa che­mise. Ins­tal­lé dans de nou­veaux bu­reaux à Los An­geles, Györ­gy s’oc­cupe d’un projet « ré­vo­lu­tion­naire », se­lon son cou­sin, qui ne veut pas trop nous en dire plus: une chaîne, sur sa­tel­lite, bap­ti­sée Jas­mintv. « Nous avons tou­jours eu le rêve de créer une mul­ti­na­tio­nale, ré­sume-t-il. Nous avons réus­si. » Pour y ar­ri­ver, le duo ne s’est pas conten­té d’en­rô­ler quelques filles sexy. Il a mis au point une ma­chine de guerre, avec une ob­ses­sion, que Ka­ro­ly ré­pète comme un man­tra : « la qua­li­té du pro­duit ». Stra­té­gie com­mer­ciale, er­go­no­mie du site : rien n’a été lais­sé au ha­sard. « Dès que nous avons com­men­cé à ga­gner de l’ar­gent, en 2005, nous avons tout ré­in­ves­ti dans la tech­no­lo­gie, de bons ser­veurs et une pla­te­forme qui puisse ser­vir en temps réel en cas de pro­blème, pour­suit-il. Nous vou­lions la meilleure qua­li­té d’image, aus­si peu de bugs que pos­sible, un site agréable, pour fi­dé­li­ser les filles. Et les clients, bien sûr. » Le duo

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.