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Steve Mcqueen

GQ (France) - - Cover -

tyle im­pec­cable, re­gard mi­né­ral et at­ti­tude dé­ta­chée, Steve Mcqueen n’en fi­nit pas d’in­fluen­cer la mode, le ci­né­ma ou la culture au­to-mo­to. Comme si l’ac­teur amé­ri­cain in­car­nait une sorte d’in­dé­pas­sable clas­si­cisme du XXE siècle. Et que chaque sai­son pillait son ves­tiaire (les desert boots, les lu­nettes Per­sol 0714…), lui cher­chait des suc­ces­seurs (Ryan gos­ling, Mat­thew Mcco­nau­ghey…) et co­piait ses ma­chines (triumph Scram­bler, éter­nel retour de la Ford Mus­tang pré­sen­tée à chaque nou­velle mou­ture dans une ver­sion la plus proche pos­sible de la sienne). trente-cinq ans après sa mort en 1980, et presque cin­quante ans après L’af­faire Tho­mas Crown et Bul­litt, les deux films qui, en 1968, ont fait de lui la plus grande star du monde, le « king of co­ol » de­meure un mo­dèle et fait en­core l’ac­tua­li­té. The Man & Le Mans, un do­cu­men­taire sur son film le plus fou, se­ra pré­sen­té au Fes­ti­val du film amé­ri­cain de Deau­ville le 6 sep­tembre. il ra­conte le tour­nage de Le Mans, son projet, son rêve : « il vou­lait mon­trer les sen­sa­tions propres à la course », ex­plique à GQ gabriel Clarke, l’un des deux réa­li­sa­teurs. Mais le ré­sul­tat, sans scé­na­rio et pra­ti­que­ment sans dia­logues, fut un de­mi-échec pu­blic, as­sas­si­né par la cri­tique, avant de de­ve­nir le long mé­trage de ré­fé­rence pour tous les pas­sion­nés de course au­to­mo­bile. on y voit un homme face aux dif­fi­cul­tés et aux doutes, qui, pour­tant, pour­suit sa tâche avec opi­niâ­tre­té. « il était tou­jours aus­si riche et aus­si po­pu­laire, ajoute Clarke, mais il y a per­du sa boîte de prod et son sou­rire. » Pa­ral­lè­le­ment, une ex­po­si­tion dans une ga­le­rie pa­ri­sienne pré­sente des photos in­édites de l’ac­teur par bar­ry Fein­stein. Por­trai­tiste des stars, mais sur­tout ami de Mcqueen, avec le­quel il par­ta­geait le goût des vi­rées dans le dé­sert à deux ou quatre roues. Ces cli­chés, dé­cou­verts à la mort du pho­to­graphe en 2011, montrent un Steve Mcqueen en mou­ve­ment qui ne prend ja­mais la pose. Comme s’il avait tou­jours une scène à tour­ner, une mo­to à bri­co­ler, une course à ga­gner… Cette vo­lon­té fa­rouche de faire, qui tra­verse le film comme l’ex­po­si­tion, voi­là peut-être ce qui rend Steve Mcqueen si ac­tuel, in­dé­mo­dable.

« Un­seen Mcqueen » de Bar­ry Fein­stein. Jus­qu’au 16 sep­tembre, Ga­le­rie de l’ins­tant, 75003 Paris. la­ga­le­rie­de­lins­tant.com The Man & Le Mans, de John Mcken­na et Gabriel clarke (sor­tie à l’au­tomne)

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