LOÏC SEL­LIN

GQ (France) - - Contributeurs -

Ex-ré­dac­teur en chef de Voi­ci, après quelques an­nées à Ga­la et VSD, Loïc Sel­lin (à droite) a re­pris sa li­ber­té édi­to­riale. Il a ain­si re­trou­vé douze al­bums de photos per­son­nelles du duc et de la du­chesse de Wind­sor qui ont fait l’ob­jet, dans le ta­bloïd an­glais Hel­lo!, de trois pu­bli­ca­tions suc­ces­sives. Il signe pour GQ un por­trait du fu­nam­bule Phi­lippe Pe­tit, qu’il a ren­con­tré aux États-unis, près de Wood­stock. Pour ce fou de mu­sique amé­ri­caine et de yo­ga, ce fut une vé­ri­table ré­vé­la­tion.

loin de la fo­lie de Mexi­co ou de Los An­geles, qui plaît le plus aux ha­bi­tants de Tijuana.

Street art et scène cu­li­naire S’il y a bien un do­maine qui in­carne la di­men­sion fron­ta­lière de Tijuana, c’est l’art ur­bain de la ville qui s’ins­pire à la fois des mu­rales tra­di­tion­nels mexi­cains et du street art ca­li­for­nien. La Pan­ca, une jeune ar­tiste de 27 ans qui ex­pose dé­sor­mais à Los An­geles et New York, fait par­tie des per­son­na­li­tés em­blé­ma­tiques de Tijuana. Pour­tant née à San Die­go de pa­rents im­mi­grés mexi­cains, elle a dé­ci­dé de re­ve­nir vivre au plus près de ses ra­cines pour trou­ver l’inspiration. Le chef Mi­guel An­gel Guerrero a, quant à lui, ou­vert son res­tau­rant, La Que­ren­cia, en 2001. Il vou­lait of­frir quelque chose aux lo­caux plu­tôt qu’aux tou­ristes. En ma­riant les sa­veurs mexi­caines et asia­tiques aux sa­veurs mé­di­ter­ra­néennes (le cli­mat lo­cal per­met de culti­ver le même type de pro­duits que dans le Sud de l’eu­rope), ce chef 100 % ti­jua­nais crée un cou­rant cu­li­naire : la Ba­ja Med (contrac­tion de « Ba­ja Ca­li­for­nia » et « Mé­di­ter­ran­née »). Re­pé­ré par le New York Times, le mou­ve­ment fait des émules. Ja­vier Plas­cen­cia, avec son res­tau­rant Mi­sión 19, a ain­si in­tro­duit à Tijuana une carte créa­tive et très haut de gamme. Le chef se dit fier d’être ti­jua­nais, même si ça n’a pas tou­jours été le cas : « Quand je pro­non­çais le nom de la ville, je voyais la tête que fai­saient les gens… alors je di­sais juste que j’étais ori­gi­naire de la ré­gion. Au­jourd’hui, je dis haut et fort que je viens de Tijuana », sou­rit-il.

Nuits mez­ca­li­sées Tra­di­tion­nel­le­ment, les bars de Tijuana rap­pellent plus ceux de Las Ve­gas que ceux de Stockholm. Mais de­puis peu, la jeu­nesse hips­ter ne cesse d’ou­vrir de nou­veaux lieux qui n’ont rien à en­vier à nos bars pa­ri­siens. Le pre­mier, La Mez­ca­le­ra, a ou­vert ses portes en 2010 en plein quar­tier po­pu­laire alors que la guerre des gangs, ve­nait à peine de se ter­mi­ner. Sa carte de mez­cals, ses concerts et ses DJ sets ont fait re­des­cendre les jeunes dans la rue. Pon­cho Ma­pache, pa­tron du bar Ur­ba­no, dans le quar­tier plus chic de la Zo­na Rio, fait par­tie de cette jeu­nesse lo­cale « heu­reuse de vivre ici sans al­ler faire ses courses de l’autre cô­té de la fron­tière dans les hy­per­mar­chés amé­ri­cains ». Il se bat pour re­don­ner à la ville son éner­gie et se ré­jouit de voir ap­pa­raître es­paces de co­wor­king, food­trucks et autres ga­le­ries d’art, fré­quen­tés par une clien­tèle jeune – et tou­jours plus fière d’une ville en pleine ef­fer­ves­cence.

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