E comme éco­no­mie E comme ému­la­tion E comme ex­clu­si­vi­té

GQ (France) - - Lettres -

Le e-ci­né­ma ré­duit les frais tech­niques liés à la sor­tie en salle. Mais son suc­cès est en­core re­la­tif. Car­ton outre-at­lan­tique, Adaline (avec Har­ri­son Ford et Blake Li­ve­ly), pro­po­sé au prin­temps par TF1 Vi­déo, a gla­né entre 60 000 et 70 000 clics. Pas suf­fi­sant pour par­ler d’une ré­vo­lu­tion, d’au­tant plus qu’un té­lé­char­ge­ment, s’il équi­vaut au prix moyen d’une place de ci­né­ma (7 €), peut re­grou­per plu­sieurs spec­ta­teurs. Avec 80 % des foyers fran­çais équi­pés en haut débit, le pu­blic po­ten­tiel est là. Reste au e-ci­né­ma à se faire adop­ter en in­ten­si­fiant son offre, pour créer un re­nou­vel­le­ment com­pa­rable aux sor­ties ci­né du mer­cre­di. Et ac­croître sa ren­ta­bi­li­té.

Sur le pa­pier, « e-ci­né­ma » a tout d’un jo­li mot pour re­loo­ker le di­rect-to-video, de­ve­nu sy­no­nyme de na­nars in­sor­tables en salle. La réa­li­té est plus nuan­cée. Pour l’heure, les fleu­rons du e-ci­né­ma sont plu­tôt des films de genre, comme The Green In­fer­no dans le­quel les can­ni­bales ont le beau rôle. Si­gné Eli Roth, le réa­li­sa­teur d’hos­tel, il se­ra dis­po­nible sur le Net le 16 oc­tobre afin de contour­ner l’in­ter­dic­tion aux moins de 18 ans. L’offre de­vrait lo­gi­que­ment se di­ver­si­fier. Le e-ci­né­ma pour­rait, dans le meilleur des cas, de­ve­nir un nouvel es­pace de li­ber­té créa­tive. Aux États-unis, la dis­tri­bu­tion nu­mé­rique est dé­jà en train de re­vi­ta­li­ser le ci­né­ma indépendant. À suivre.

La dif­fé­rence entre VOD et e-ci­né­ma ? L’ex­clu­si­vi­té. Non as­su­jet­ti à la « chro­no­lo­gie des mé­dias » (le fait qu’un film ci­né mette quatre mois avant de sor­tir en DVD ou en VOD), le e-ci­né­ma per­met à un film de bé­né­fi­cier d’une pre­mière sor­tie nu­mé­rique en grande pompe. Ce mois-ci, c’est par exemple MI-5 ( Spooks, en VO) qui dé­barque en France, avec la star de Game of Th­rones, Kit Ha­ring­ton, en tête de gon­dole. Or, cô­té fran­çais, pas de sor­tie en salle si­gni­fie pas de sub­ven­tion… On trouve donc sur­tout des films étran­gers, mis à dis­po­si­tion juste après leur dis­tri­bu­tion dans leur pays. Cette ins­tan­ta­néi­té se double d’un atout com­mer­cial : le e-ci­né­ma a droit aux spots té­lé. Con­trai­re­ment au ci­né­ma tra­di­tion­nel.

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