Cas­sel l’al­chi­miste Sexy Grand Pu­blic

Vincent cas­sel

GQ (France) - - Cover Story -

Bi­zarre ou ras­sem­bleur, in­quié­tant ou sé­duc­teur, l’ac­teur en­chaîne les films re­nou­vellent le ci­né­ma fran­çais, tous genres confon­dus, et s’au­to­rise quelques

de l’in­clas­sable Cas­sel.

chier que les mecs t’apos­trophent en­core en di­sant : “C’est à moi que tu parles, en­cu­lé…” ? » comme mon per­son­nage dans La Haine. Je ré­ponds : « Non. S’ils n’ont pas ou­blié, après vingt ans, ce n’est pas mal. » Être de­ve­nu une ré­fé­rence pour une si­tua­tion, une époque, re­pré­sente quelque chose d’as­sez co­ol, ça laisse en­tendre que les gens vous in­tègrent.

La Haine, Ir­ré­ver­sible, Mes­rine, vous avez joué dans des films très dif­fé­rents les uns des autres… Après La Haine, beau­coup de gens pen­saient que j’étais ce « feuj » tou­jours « vé­nère ». Du coup, der­rière, c’était in­té­res­sant de faire un film plus calme comme L’ap­par­te­ment (de Gilles Mi­mou­ni, sor­ti en 1996, ndlr). J’ai tou­jours es­sayé de par­ti­ci­per à des pro­jets qui ne se ressemblent pas. Mais, à force de faire des choses dif­fé­rentes, on se re­trouve peut-être spé­cia­li­sé dans les choses dif­fé­rentes. Je ne me voyais pas m’at­ta­cher à des uni­vers aus­si par­ti­cu­liers, âpres ou fan­tai­sistes. En re­vanche, dès que ces choix se sont pré­sen­tés, il a été évident qu’il n’y avait que ça qui m’in­té­res­sait : par­ti­ci­per à un re­nou­veau du ci­né­ma fran­çais, faire des films avec une forme, big­ger than life, qui ra­me­nait au ci­né­ma des gens de mon âge. Nous avons es­sayé de re­don­ner au ci­né­ma fran­çais quelque chose de so­phis­ti­qué et pour­tant grand pu­blic. Ma pe­tite pré­ten­tion, de­puis le dé­but, était de faire ex­por­ter des films fran­çais dans le monde. Quand je vois com­ment les gens me parlent de La Haine, d’ir­ré­ver­sible ou même de Mes­rine, je me dis que le pa­ri que nous avions en tête lorsque nous étions des pe­tits cons a été ga­gné, d’une cer­taine ma­nière.

Vous te­nez sou­vent un rôle se­con­daire dans une pro­duc­tion in­ter­na­tio­nale, comme dans Tale of Tales, sor­ti cet été. Ce­la ne vous pose pas de pro­blème d’ego? Je suis hy­per­content que Matteo Gar­rone (le réa­li­sa­teur de Gomorra, ndlr) m’ait ap­pe­lé pour son film. Je trouve ça classe dans ma fil­mo­gra­phie. Cette an­née, j’ai tour­né au Bré­sil, en Aus­tra­lie, en France, et au Ca­na­da. J’ai bien bossé. Pour­tant, j’ai l’im­pres­sion de ne rien foutre, c’est ter­rible. Pre­mier, deuxième ou troi­sième rôle, ça ne m’in­quiète pas. Ce n’est pas comme si j’avais quelque chose à perdre. J’ai tou­jours l’op­por­tu­ni­té d’al­ler tra­vailler ailleurs, je me sens as­sez libre. C’est ce que je cherche de­puis le dé­but. Je me dis que je ne suis pas amé­ri­cain, que je ne peux pas être connu dans le monde en­tier. Donc ma tech­nique, c’est plu­tôt de faire plein de pe­tits films par­tout. J’at­taque le ter­rain au ni­veau lo­cal ! (rires) Il n’y a pas de star fran­çaise. En France, nous sommes des pe­tites ve­dettes, c’est une ques­tion de taille de marché. Nous ne pou­vons pas es­sayer de faire le boeuf alors que nous sommes des gre­nouilles. Je pré­fère être une très belle gre­nouille, « a ve­ry nice frog », que de faire le cake sur un ter­rain qui n’est pas le mien.

Pour­tant vous avez tra­vaillé aux États-unis… Quand j’ai dé­bar­qué sur Ocean’s Twelve (de Ste­ven So­der­bergh, en 2004, ndlr), je me suis sen­ti très

De ci­néastes le fait tour­ner : Kim Cha­pi­ron (ici) ou Ro­main Ga­vras. 2002 Ce film coup de poing et ul­tra­violent, si­gné Gas­par Noé, rend my­thique le couple Cas­sel-bel­luc­ci. Cro­nen­berg sur la ma­fia russe, le plus ta­ré, c’est Vincent Cas­sel. 1997 Si­gné Jan Ko

1996 Lors du tour­nage de ce film d’au­teur, il ren­contre Mo­ni­ca Bel­luc­ci, avec qui il au­ra deux en­fants. 2015 2014 Quel autre prince de conte de fées pou­vait in­car­ner Vincent Cas­sel, hor­mis la Bête ? Char­mant.

2015 Dans ce conte oni­rique, le co­mé­dien in­carne un roi pria­pique et avide de jeunes femmes. Un rôle sur me­sure ? 2010

2004 & 2007 Il re­joint George Cloo­ney, Brad Pitt et Matt Da­mon dans la dream team de Ste­ven So­der­bergh.

2008 Aux cô­tés de la sainte, Cas­sel est le diable : Gilles de Rais, le se­rial killer de la guerre de Cent Ans. Pour sa bluf­fante in­ter­pré­ta­tion de l’en­ne­mi pu­blic n°1, il dé­croche le Cé­sar du meilleur ac­teur.

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