ANNE HOM­MEL & JÉ­RÔME CA­HU­ZAC

Les com­mu­ni­cants De crise

GQ (France) - - Cover Story -

mi­nistre du Bud­get du gou­ver­ne­ment ay­rault, ca­hu­zac est pous­sé à la démission le 19 mars 2013, à la suite d’ac­cu­sa­tions de fraude fis­cale. après avoir long­temps nié les faits, il passe aux aveux dans une in­ter­view sur BFM mise en scène par la com­mu­ni­cante anne Hom­mel. proxi­mi­té : « La re­la­tion des clients avec leur com­mu­ni­cant est sou­vent plus af­fec­tive, émo­tion­nelle, que celle qui les lie à leur avo­cat », ra­conte Anne Hom­mel, fille de psy­cha­na­lyste, dont l’ip­hone a en­re­gis­tré, au plus fort de l’af­faire Ca­hu­zac, jus­qu’à 283 mes­sages en une jour­née. La pa­tronne d’image 7, Anne Méaux, qui se porte au che­vet des grands pa­trons pris dans la tour­mente de­puis bien­tôt trente ans, en a aus­si fait l’ex­pé­rience. Elle a eu les pires dif­fi­cul­tés à convaincre Do­mi­nique Des­seigne, ami de Ni­co­las Sar­ko­zy et PDG du groupe Bar­rière, as­si­gné par Ra­chi­da Da­ti en re­con­nais­sance de pa­ter­ni­té, de se taire : « Il était tou­ché af­fec­ti­ve­ment et avait très en­vie de par­ler. Mais ça re­met­tait une pièce dans le flip­per », confie-elle à GQ. Des­seigne a quand même par­lé, mais en « off » et flan­qué d’une consul­tante. Jé­rôme Ker­viel aus­si. Pour contrer le rou­leau com­pres­seur or­ches­tré par la So­cié­té Gé­né­rale, sa com­mu­ni­cante, Patricia Cha­pe­lotte, a per­mis à quelques jour­na­listes – avec le feu vert des avo­cats –, de ren­con­trer l’ex-tra­der, mais avec in­ter­dic­tion de le ci­ter. « Il fai­sait de la pé­da­go­gie dans la salle de réunion de son bu­reau, à Le­val­lois. On avait même un pa­per­board! » se sou­vient Patricia Cha­pe­lotte, tou­jours un peu ma­ter­nelle quand on évoque « Jé­rôme ». « Les jour­na­listes étaient contents, ils étaient pri­vi­lé­giés, ils avaient vu la bête. Et moi, je jouais la corde sen­sible avec mon “pe­tit gars de Pont-l’abbé, le fils de la coif­feuse”, qui es­sayait d’ex­pli­quer son mé­tier. » Ker­viel ayant en­suite choi­si une stra­té­gie d’om­ni­pré­sence dans les mé­dias, Patricia Cha­pe­lotte a pris ses dis­tances. Cette phase de si­lence dic­tée par l’ex­plo­sion d’un scan­dale ne si­gni­fie pas qu’il faille dé­ser­ter le champ de ba­taille mé­dia­tique. Au contraire. Du­rant la phase d’ins­truc­tion d’une af­faire, c’est à l’avo­cat,

« Sur les dos­siers sen­sibles, on fait faire le sale bou­lot par les com­mu­ni­cants : les SMS sor­dides,

les his­toires gra­ve­leuses… »

Les Pros De La com­mu­ni­ca­tion De crise sont une Pe­tite DI­ZAINE sur La Place De Paris

et sont, De ce Fait, très re­cher­chés.

LES STO­RY­TEL­LERS STARS

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