POUR­QUOI COU­PER LES MANCHES DE SON SWEAT À HAU­TEUR DU COUDE ?

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GQ (France) - - Style Academie -

Steve Mcqueen (1,77 m) sau­tant des bar­be­lés à mo­to, Syl­ves­ter Stal­lone (1,77 m) se mé­ta­mor­pho­sant en Ro­cky cham­pion, Ed­die Mur­phy (1,75 m) in­car­nant le flic le plus co­ol de Los An­geles, Ka­nye West (1,73 m, bras bal­lants com­pris) : les plus grandes icônes du style par­viennent avec ma­lice à al­lon­ger leur sil­houette et à cou­per l’ef­fet boule du sweat gris clas­sique tout en va­lo­ri­sant leurs avant-bras mus­clés. Homme d’ac­tion de taille moyenne, cette astuce est dé­sor­mais vôtre.

Au royaume des mo­no­sour­cils (où Éric Can­to­na fait of­fice de dieu) s’af­frontent les des­cen­dants in­of­fen­sifs de Grou­cho Marx, comme Ray­mond Do­me­nech jeune ou Co­lin Far­rell, ac­tuel­le­ment dans la sai­son 2 de True De­tec­tive où il opte pour un com­bo mo­no­sour­cil + mous­tache de l’es­pace. Ef­fet co­mique ga­ran­ti. Une autre branche plus ré­cente, to­ta­le­ment flip­pante, in­car­née par le chef de l’« État is­la­mique » Abou Ba­kr al-bagh­da­di, croise le mo­no­sour­cil avec une barbe ato­mique et sème la ter­reur. Enfin, un troi­sième groupe as­sume son mo­no, veille à res­ter glabre et bien pei­gné. 2Pac, Mar­tin Scor­sese (pé­riode pré-1975 et post1990), Fran­çois Fillon et Léo­nid Bre­j­nev font par­tie de ce gang et im­posent leur loi. Prê­tez-leur im­mé­dia­te­ment al­lé­geance, si vous faites par­tie de ce pres­ti­gieux royaume. Vous est pro­po­sé au­jourd’hui quelque chose de bien moins ra­di­cal que de se ta­touer le vi­sage, geste qui reste tou­jours une forme de sui­cide so­cial plu­tôt ef­fi­cace. On vous parle ici de por­ter les cou­leurs de l’équipe de foot­ball amé­ri­cain des Rai­ders d’oak­land, sou­te­nue dans les an­nées 1980 par les mi­no­ri­tés noires et his­pa­niques de Los An­geles et indissociables du gang­sta rap. Les T-shirts noir et ar­gent des Rai­ders, po­pu­la­ri­sés par Dr Dre et Ice Cube, pé­riode N.W.A. (lire p. 96) ou Snoop Dogg, ont fait bas­cu­ler dans le camp hip-hop la fi­gure du pi­rate – ha­bi­tuel­le­ment chasse gar­dée de la culture rock –, éten­dard du club. Boo­ba lui-même a adap­té leur lo­go dans un vi­suel de sa marque Ün­kut. 1. L’as­sor­tir à une cra­vate d’un bleu acier ou mé­tal­li­sé. 2. Le com­plé­ter avec du jaune ou du vio­let. 3. Por­ter des sou­liers mar­ron qui ne se­raient pas d’une va­leur (clair/moyen/fon­cé) équi­va­lente. 4. Sous-es­ti­mer le pou­voir re­trou­vé de la cou­leur verte, très en vogue de nos jours. 5. Sous-es­ti­mer le charme du lie-de-vin. 6. Sous-es­ti­mer son ef­fet avec une paire de gants en cuir noir. 7. Man­quer l’oc­ca­sion de le ma­rier à un sous-pull neutre. 8. S’être dé­fi­ni­ti­ve­ment convain­cu qu’il est rin­gard, alors qu’il est juste ri­gou­reux. 9. Ne pas pro­fi­ter de l’oc­ca­sion pour mar­quer le bas de son pan­ta­lon d’un our­let avec re­vers. 10. Ne pas pro­fi­ter de l’oc­ca­sion pour le por­ter avec un mo­tif prince-de-galles. Tout comme des mil­liers d’autres, il est une règle que les gent­le­men suivent sans même y prê­ter at­ten­tion. Non, il ne s’agit pas de celle, plu­tôt sau­gre­nue, qui consiste à vé­ri­fier par le tou­cher que votre in­ter­lo­cu­teur porte de vé­ri­tables cou­dières en daim, et non des imi­ta­tions en co­ton. Ça n’au­rait pas de mau­dit bon sens. Il est, en re­vanche, plu­tôt ap­pré­cié que l’es­pace qui sé­pare le col de la che­mise du re­vers de la veste soit aus­si nul que pos­sible. Du reste, plus il le se­ra et plus vous ten­drez vers une élé­gance clas­sique. Ce n’est vrai­ment pas plus bête que ça! Adeptes du tout slim, soyez vi­gi­lants à ce point de dé­tail, car vous êtes dans le vi­seur de nos re­marques. L’usage des cols de che­mise ul­tra-slim est can­ton­né à des lieux où la gé­né­ra­tion Y est sur­re­pré­sen­tée. Le cas échéant, vous pas­sez comme du beurre dans la poêle. On pro­fite de cette ex­pres­sion, qué­bé­coise, pour em­bras­ser notre nouvel ami Laurent.

Nous l’avions lais­sée sur le bas-cô­té. Sans doute avait-elle, par ex­cès de pompe, per­du de son pou­voir de sé­duc­tion. Le ba­lan­cier de la mode tangue entre une image in­tem­po­relle et une vi­sion gé­né­ra­tion­nelle de l’élé­gance mas­cu­line. Si la po­chette sert d’abord l’homme com­plexé par son manque de to­ni­ci­té ab­do­mi­nale en re­di­ri­geant le re­gard vers ses épaules (et son goitre), elle se trouve au­jourd’hui dans une mau­vaise pé­riode, où plus per­sonne, pas même les vieux dan­dys so XXE siècle, ne veut en en­tendre par­ler. La­vée, pliée, ran­gée, elle at­tend pa­tiem­ment de sor­tir de son hi­ber­na­tion for­cée.

QUE RESTE-T-IL DE BON À PI­QUER DANS RE­TOUR­VERS­LE­FU­TUR ?

Si vous êtes un fi­dèle de nos co­lonnes, ou at­teint du syn­drome ré­tro­ma­niaque, vous vous rap­pe­lez que l’époque ac­tuelle se dé­roule dans un théâtre qui res­semble à s’y mé­prendre au film culte des an­nées 1980. Culture skate et fé­ti­chisme de la basket, jeux vi­déo et dou­doune sans manches sont nos amis pour la vie. Mais on a dé­lais­sé dans ce ta­bleau le Doc, l’ini­tia­teur de Mar­ty Mcf­ly : c’est lui qui fait voya­ger son co­pain dans le temps. Sa paire de lu­nettes-masque nous en­seigne com­ment por­ter un mo­dèle fu­tu­riste, le front dé­ga­gé et les che­veux en ar­rière. À adop­ter.

QUELLE AT­TI­TUDE ADOP­TER QUAND MONTENT LES LARMES ?

Il fal­lait que ça tombe sur quel­qu’un, et c’est vous qui êtes choi­si à la grande lo­te­rie de la chance. Pe­tit guide com­por­te­men­tal à l’usage de ceux qui voient un déses­pé­ré fondre en larmes juste sous leur nez. S’il s’agit de votre com­pagne ou com­pa­gnon, d’un membre de votre fa­mille au sens le plus large du terme, d’un ami, d’un ex­cellent col­lègue, il vous re­vient d’être le pre­mier à faire un hug. En re­vanche, si vous êtes face à un su­pé­rieur hié­rar­chique ou à un col­lègue avec qui vous avez peu d’atomes cro­chus (ces choses-là ar­rivent), à un par­fait in­con­nu ou à la per­sonne que vous êtes en train de quit­ter, vous êtes exemp­té de toute cor­vée et dis­po­sez alors d’une plage ho­raire pour ré­vi­ser vos es­sen­tiels du style.

Mar­lon Cos­tume Her­mès 3 500 € Po­lo et ban­deau La­coste prix sur de­mande Chaus­settes Ame­ri­can Ap­pa­rel 4€ Chaus­sures Ree­bok x Sandro 120 € Sarah Man­teau Sandro 995 € Robe Va­len­ti­no 2 500 € Chaus­sures J.M. Wes­ton 525 € Col­lier Au­ré­lie Bidermann 965 € Bér

Cos­tume 5 490 € et col rou­lé 800 € Gi­ven­chy par Ric­car­do Tisci

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