SOR­TEZ DE LA MMÊLÉE !

Cos­tauds, fi­nauds et re­dou­tables, ils sont les hommes les plus at­ten­dus de cette Coupe du monde 2015.

GQ (France) - - Rugby Club - Par Oli­vier Bras

Le rug­by est-il en­core ce « sport de voyous joué par des gent­le­men » comme le pro­clame le vieil adage an­glais ? Les fa­meuses « valeurs de l’ova­lie » (ci­tons le com­bat, le sens du sa­cri­fice, la so­li­da­ri­té, le fair-play, le pa­nache) son­telles tou­jours in­car­nées par des hommes ca­pables de s’échar­per pen­dant 80 minutes puis de tout ou­blier au coup de sif­flet fi­nal et de tout se par­don­ner en se don­nant l’ac­co­lade, une pinte à la main ? À écou­ter les an­ciens, la ca­bane est tom­bée sur le chien. Le rug­by des belles ver­tus au­rait dis­pa­ru il y a tout juste vingt ans, sa­cri­fié sur l’au­tel du pro­fes­sion­na­lisme. Le jeu ? « Stan­dar­di­sé et ro­bo­ti­sé », se la­mentent les nos­tal­giques. En­gon­cé dans des règles et des sché­mas tac­tiques que le pu­blic ne com­prend plus. Les joueurs ? Des ath­lètes plus que des es­thètes ; des « foot­bal­leurs bis » au­tre­ment plus préoccupés par leur sa­laire, leur coupe de che­veux idiote et leurs loi­sirs gé­né­ra­tion Y (Fa­ce­book, Plays­ta­tion) que par la beau­té du geste et l’his­toire de leur sport. D’une phi­lo­so­phie vieille de qua­si­ment deux siècles, on n’au­rait donc fait qu’un mé­tier, un bu­si­ness ? C’est-à-dire un sport comme tous les autres ? Est-ce si grave ? Et sur­tout, est-ce si vrai ? À la ré­dac­tion de GQ, et à la lec­ture de ce sup­plé­ment consa­cré à la Coupe du monde qui se­ra dis­pu­tée du 18 sep­tembre au 31 oc­tobre dans le pays qui a in­ven­té le rug­by, on a le droit de ne pas le croire. Certes, les « gros » n’ont plus l’air d’au­tant ai­mer leurs oreilles en chou-fleur, étonnante et mé­con­nue tra­di­tion (notre en­quête page 26). Et certes, la troi­sième mi-temps, phase de jeu à l’ori­gine aus­si cru­ciale que les deux pre­mières, n’est plus ce qu’elle a été (page 42). Faut-il en conclure que la « culture rug­by » est morte ? Non. Ses codes ont sim­ple­ment chan­gé. GQ en ap­porte ici quelques preuves. Les stars du mo­ment ne manquent ni de gé­nie ni de ca­rac­tère (page 9) et à y re­gar­der de plus près, le jeu se montre au­tre­ment plus al­lé­chant qu’il n’y pa­raît, chiffres et ex­pert à l’ap­pui (page 12). La phi­lo­so­phie rug­by ? Elle vit, elle es­saime par­tout, dans le monde de l’en­tre­prise (page 18), dans la mode (page 32) et dé­clenche de nou­velles émo­tions, au­jourd’hui comme hier (page 20). Le rug­by avance avec son temps, sans avoir tout per­du de son charme d’an­tan. Et comme di­sait le vieux sage, tant que la balle fi­nit à l’aile, la vie est belle.

trois-quarts aile (France)

1987 : les Pa­ri­siens du Ra­cing dé­boulent sur le ter­rain en short et bla­zer. Nais­sance du dan­dy-rug­by.

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