BU­REAU OVALE CES VALEURS QUE LES RH EN­VIENT AU RUG­BY 1. For­mer des dé­ci­deurs

DÉCRYPTAGE

GQ (France) - - Rugby Club -

L’homme qui a in­ven­té ce sport était un en­sei­gnant de la Rug­by School, Tho­mas Ar­nold, qui a cher­ché, au dé­but du XIXE siècle, à struc­tu­rer un sport à forte va­leur édu­ca­tive. Il s’agis­sait, no­tam­ment, d’ap­prendre aux élèves à se pré­pa­rer aux em­plois de di­rec­tion en leur in­cul­quant les valeurs de cou­rage et d’or­ga­ni­sa­tion. D’où la com­plexi­té des règles de ce sport. Et c’est grâce aux an­ciens élèves et pro­fes­seurs de ce col­lège que le rug­by s’est peu à peu dif­fu­sé, d’abord en An­gle­terre puis au-de­là de ses fron­tières.

2. Développer des valeurs fortes Le com­bat, l’en­traide, la so­li­da­ri­té, le cou­rage, le sa­cri­fice… La liste des ver­tus du rug­by, réelles ou my­thi­fiées, peut s’al­lon­ger à l’en­vi. Se­lon un sondage BVA réa­li­sé en 2013, 91 % des per­sonnes in­ter­ro­gées es­ti­maient que ce sport in­carne mieux « le res­pect » que le foot­ball. Cette en­quête sou­li­gnait aus­si le cô­té convi­vial et fé­dé­ra­teur du rug­by. De quoi sé­duire aus­si bien les sa­la­riés d’une en­tre­prise que leur hié­rar­chie. Car le rug­by sur­monte la plu­part des cli­vages, y com­pris ce­lui du sexe, en par­ve­nant à plaire à de nom­breuses femmes qui jugent positivement cette dis­ci­pline.

3. Faire bloc en­semble Pre­nez huit per­sonnes et ini­tiez-les à la mê­lée. Ser­rées les unes contre les autres, en­la­cées, elles ap­pren­dront ain­si à for­mer un bloc ho­mo­gène prêt à dé­fier n’im­porte quel ad­ver­saire. Ou plu­tôt « concur­rent », dans le vo­ca­bu­laire de l’en­tre­prise. Peu d’ac­tions de jeu pos­sèdent un po­ten­tiel aus­si fort. Le mes­sage est évident : sans mon voi­sin, ou mon sou­tien pla­cé der­rière moi, je ne peux pas avan­cer. Pour être ef­fi­cace, la mê­lée doit être struc­tu­rée et or­ga­ni­sée. Tout comme les mauls, qui per­mettent aux rug­by­men oc­ca­sion­nels de dé­cou­vrir la puis­sance d’un mou­ve­ment col­lec­tif bien or­don­né.

4. Avoir l’es­prit d’équipe Sans bal­lon, un joueur ra­pide et in­sai­sis­sable peut dif­fi­ci­le­ment es­pé­rer briller sur un ter­rain en at­taque. Il doit donc comp­ter sur ses co­équi­piers, et bien sou­vent sur ses avants, char­gés de conqué­rir la gonfle qui vo­le­ra en­suite vers les lignes ar­rière. Sur le ter­rain, les 15 joueurs sont com­plé­men­taires, en dé­pit de leurs dif­fé­rences phy­siques, et savent que leur équipe ne pour­ra pas ga­gner seule­ment grâce au ta­lent de l’un d’entre eux. Et si un bot­teur pré­cis peut de­ve­nir le hé­ros d’une ren­contre, il ne peut pas es­pé­rer s’ex­pri­mer si ses co­équi­piers n’ob­tiennent pas des pé­na­li­tés. Sans cette com­plé­men­ta­ri­té, l’équipe n’est pas per­for­mante.

5. Suivre les règles « Vi­ril mais cor­rect », « un sport de voyous pra­ti­qué par des gent­le­men »… À l’heure de dé­fi­nir le rug­by, ces ex­pres­sions re­viennent fré­quem­ment. Elles tra­duisent la com­plexi­té de ce sport de contact, voire de com­bat, dans le­quel l’en­ga­ge­ment est sou­vent très violent. Mais ses ac­teurs sont te­nus de se plier à cer­taines règles qui dé­fi­nissent leur com­por­te­ment sur le ter­rain. Et cette no­tion est es­sen­tielle dans le cadre d’une en­tre­prise et de son fonc­tion­ne­ment col­lec­tif. Elle peut no­tam­ment être uti­li­sée dans des so­cié­tés où les sa­la­riés sont ame­nés à prendre des risques pro­fes­sion­nels et doivent ap­prendre à le faire se­lon des pro­cé­dures bien dé­fi­nies.

6. Sa­voir s’adap­ter et se re­con­ver­tir En tour­nant la page de l’ama­teu­risme il y a vingt ans, le rug­by a dû ap­prendre à fonc­tion­ner au­tre­ment. Son mo­dèle éco­no­mique a ra­di­ca­le­ment chan­gé et beau­coup de clubs sont pas­sés de simples as­so­cia­tions spor­tives à des en­tre­prises à part en­tière. Une adap­ta­tion qui re­pré­sente un vé­ri­table mo­dèle pour des so­cié­tés dé­si­reuses de fran­chir un cap, de prendre une autre en­ver­gure. Et de nom­breux joueurs re­trai­tés qui in­ter­viennent en en­tre­prise peuvent ra­con­ter com­ment ils ont évo­lué après leurs car­rières spor­tives pour de­ve­nir hommes d’af­faires. Un vi­rage qu’ils ont sou­vent su prendre grâce à de pré­cieux en­sei­gne­ments ti­rés du rug­by.

Dans une chan­son de son der­nier al­bum L’âge d’or, le chan­teur évoque Jean-pierre Rives, mais aus­si les com­men­ta­teurs his­to­riques Ro­ger Cou­derc et Pierre Al­ba­la­de­jo. « Les trois me fai­saient rê­ver, ga­min, ex­plique-t-il à GQ. Je viens de Ver­net-les-bains, à cô­té de Per­pi­gnan, et là-bas, il y a une vraie culture du rug­by, tout le vil­lage pra­ti­quait. J’ai com­men­cé à jouer en club vers l’âge de 5-6 ans. Et j’étais en ca­dets avec Marc Liè­vre­mont. Puis je suis par­ti en Ir­lande et j’ai dé­cou­vert le rock et les filles... Pour la pro­chaine Coupe du monde, la France est ca­pable de tout. Pour­tant, je ne peux pas m’em­pê­cher d’avoir un pe­tit faible pour l’ir­lande, ils ont le jeu pour al­ler très loin.»

1986, Fran­çois Mit­ter­rand avec Jacques Fou­roux, alors en­traî­neur du XV de France et la superstar du rug­by Jean-pierre Rives.

Ca­li, pré­sident-fon­da­teur du Rug­by Bor­del Foot­ball Club, lors d’un match de cé­lé­bri­tés.

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