Jean-mi­chel Jarre

Mu­si­cien un pro­phète (ÉLEC­TRO)

GQ (France) - - Enquete -

Dans la ca­té­go­rie Mu­si­cien de l’an­née, GQ a sa­cré des gens aus­si dif­fé­rents que Jus­tice, Daft Punk ou Sé­bas­tien Tel­lier… Et s’ils ont un point com­mun, c’est sans doute ce qu’ils doivent à Jean-mi­chel Jarre. Lo­gique donc que le com­po­si­teur, qui re­vient après huit ans de si­lence avec son pro­jet le plus ris­qué et le plus abou­ti à ce jour, soit cou­ron­né. Elec­tro­ni­ca, dont le pre­mier vo­lume sor­ti à l’au­tomne vient ju­di­cieu­se­ment nous rap­pe­ler à tra­vers ses mul­tiples in­vi­tés (Tan­ge­rine Dream, Air ou Mas­sive Attack) le rôle es­sen­tiel de Jarre dans l’his­toire de la mu­sique élec­tro­nique : « L’idée n’était pas de faire du name drop­ping mais de pro­po­ser de vé­ri­tables col­la­bo­ra­tions avec des ar­tistes qui sont des sources d’ins­pi­ra­tion pour moi », ex­pli­quet-il à GQ dans les sa­lons de sa mai­son de disques. Il pré­cise son am­bi­tion ar­tis­tique : « Ma dé­marche est im­pres­sion­niste et or­ga­nique. Je suis hyp­no­ti­sé par les bat­te­ments du coeur par exemple, chaque bat­te­ment est unique. » Le se­cond vo­lume, à pa­raître au prin­temps et sur le­quel fi­gu­re­ront d’autres poin­tures de l’élec­tro (Gior­gio Mo­ro­der) mais aus­si des chan­teurs fran­çais comme Sé­bas­tien Tel­lier ou Ch­ris­tophe, se­ra aus­si un clin d’oeil à sa jeunesse, lors­qu’il écri­vait des chan­sons pour Fran­çoise Har­dy, Pa­trick Ju­vet et, dé­jà, Ch­ris­tophe (« Les Pa­ra­dis per­dus » et « Les Mots bleus », c’est lui). Mais avouons-le, pour beau­coup, JeanMi­chel Jarre, c’est avant tout des shows gran­dioses qui ont par­fois ré­duit son image à celle d’un ani­ma­teur de fête fo­raine. Pour­tant, ses disques ont joué un rôle es­sen­tiel dans la longue et tu­mul­tueuse his­toire d’amour entre les hommes et les ma­chines. En 1976, ce Lyon­nais a 28 ans, il aime le cirque, la pop mu­sic et les jo­lies filles et il a dé­jà der­rière lui une car­rière dans le rock (le groupe The Dust­bins), la bande ori­gi­nale de films ( Les Granges bru­lées avec De­lon et Si­gno­ret) et l'écri­ture de textes. Aux mul­tiples pistes qui s’offrent à lui, il pré­fère le confort spar­tiate de sa cui­sine où il a amé­na­gé un home stu­dio. Entre sa for­ma­tion avant-gardiste au GRM (Groupe de Re­cherches Mu­si­cales) et la va­rié­té qui lui tend les bras, Jarre choi­sit sa propre voie. Celle d’oxy­gène (1976), six mou­ve­ments ins­tru­men­taux et syn­thé­tiques com­po­sés entre l’évier et la ga­zi­nière qui vont conqué­rir la pla­nète en­tière. Pour la pre­mière fois de l’his­toire, un disque d'élec­tro s’im­misce dans la dis­co­thèque de Mon­sieur Toutle-monde (l’al­bum se vend à 18 mil­lions d’exem­plaires). C’est une ré­vo­lu­tion qui pré­ci­pite Jean-mi­chel Jarre au som­met de la py­ra­mide avec les al­bums Equi­noxe, Les Chants ma­gné­tiques et Zoo­look qui ré­solvent l’équa­tion im­pos­sible : conci­lier ex­pé­ri­men­tal et grand pu­blic. Son nou­vel al­bum, qui rime chez lui avec un re­tour à l’élé­gante sim­pli­ci­té de ses jeunes an­nées, se ré­vèle une épo­pée in­ti­miste et al­truiste. Il lui per­met de re­trou­ver avec maes­tria une place de choix : celle de l’in­no­va­teur et du pas­seur qu’il a tou­jours été. _ LU­DO­VIC LE­GAL Di­dier Rap­pa­port est un pa­tron à l’an­cienne, « dur et exi­geant » mais aus­si « juste et sen­sible aux autres », se­lon ses termes. À 60 ans, ce se­rial en­tre­pre­neur a ap­pris de ses er­reurs. « Lorsque j’ai lan­cé Happn en jan­vier 2014 (avec Fa­bien et An­toine Co­hen, ndlr), dit-il, il fal­lait que la mo­né­ti­sa­tion soit in­té­grée car lors de la créa­tion de Dai­ly­mo­tion, nous n’y avions pas pen­sé. Ce fut un cal­vaire de l’ajou­ter… » Au­jourd’hui, il in­ter­na­tio­na­lise son site de ren­contres. « Je voyage par­tout, af­firme-t-il. Je dors quatre heures par nuit. Il faut de­ve­nir un ma­ra­tho­nien pour réus­sir. » La ba­se­line « Ren­con­trez qui vous croi­sez » illustre la vo­lon­té d’happn de re­don­ner une dose de ma­gie à l’amour : l’ap­pli da­ting per­met en deux clics de contac­ter une per­sonne croi­sée dans la rue. Soit le ro­man­tisme 3.0. Au­jourd’hui, Happn compte plus de 8 mil­lions de membres et chaque mois, c’est un mil­lion sup­plé­men­taire qui suc­combe. L’ap­pli at­tire aus­si les in­ves­tis­seurs puisque, en moins d’un an, deux le­vées de fonds ont été ef­fec­tuées pour un to­tal de 20 mil­lions d’eu­ros. L’en­tre­prise comp­te­ra 70 em­ployés en France fin 2015 et ou­vri­ra même un bu­reau à New York en 2016. Le ma­ra­thon conti­nue. _ JÉ­RÉ­MY PA­TRELLE

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