Ma­nuel valls

Homme po­li­tique mon­sieur Loyal

GQ (France) - - Enquete -

« Je trans­gresse, donc j’existe. » Long­temps, c'est ain­si que Ma­nuel Valls a cru de­voir agir. Les 35 heures. Les dé­fi­cits. L’en­tre­prise. La sécurité. Pas un su­jet n’échap­pait à un coup de griffe dans la doxa de gauche. Le bri­seur de ta­bous, « le Sar­ko­zyste du PS » : les ex­pres­sions ont ha­billé ce brouillage per­ma­nent des lignes. Dé­ran­geant, donc in­té­res­sant. De­puis un an, une autre image s’est im­po­sée : celle d’un Pre­mier mi­nistre res­pec­tueux de l’équi­libre ins­ti­tu­tion­nel et d’un homme dans l’ul­tra-contrôle, alors que son tem­pé­ra­ment le pousse à sa­tu­rer l’es­pace ou à ren­ver­ser la table. « Valls est ré­glo, mais c’est ça son pro­blème, re­lève Bas­tien Bon­ne­fous, jour­na­liste po­li­tique au Monde. Psy­cho­lo­gi­que­ment, cet exer­cice de pa­tience ne lui cor­res­pond pas. » Mais si Valls est ren­tré dans les clous du « hol­lan­disme », c’est au prix d’un cal­cul d’ar­chi­tecte : en liant son sort à ce­lui du chef de l’état, il reste en em­bus­cade pour 2017 tout en gar­dant un oeil sur son (pro­bable) réel ca­len­drier – 2022. Des ky­rielles de SMS, des ren­dez-vous im­pos­sibles dans un agen­da étouf­fant et puis, un di­manche, entre deux matchs de la Coupe du monde de rug­by, le Pre­mier mi­nistre rap­pelle GQ. Il s’amuse un peu de sa ré­com­pense avant de ren­trer dans le vif du su­jet. Sur le Valls d’au­jourd’hui, il voit « un Pre­mier mi­nistre in­car­nant et met­tant en pra­tique les lignes po­li­tiques que j’ai bous­cu­lées entre 2007 et 2011. Je conti­nue ce tra­vail de trans­for­ma­tion, je ne suis pas dans la trans­gres­sion pour la trans­gres­sion. Ce qui compte, c’est le sens que l’on donne de ce qui s’est pas­sé ne me quitte pas. » Pour le reste, au­cun es­clandre. Et, tou­jours, cette loyau­té ja­mais dé­men­tie à l’égard de Hol­lande. Ma­nuel Valls in­siste sur « cette flui­di­té es­sen­tielle entre le pré­sident de la Ré­pu­blique et le Pre­mier mi­nistre, cet équi­libre que, je crois, nous avons trou­vé avec Fran­çois Hol­lande. Je suis loyal et j’exerce plei­ne­ment mes pré­ro­ga­tives. » Il confie, tout de même, qu’il n’a pas « trou­vé utile » la pique du pré­sident qui a af­fir­mé, alors qu’il lui re­met­tait les in­signes de grandc­roix de l’ordre na­tio­nal du Mé­rite, « qu’on peut réus­sir sa vie sans être pré­sident de la Ré­pu­blique ». Ma­nuel Valls rap­pelle qu’il a com­men­cé sa car­rière po­li­tique en 1980, il avait alors 18 ans : « J’ai tou­jours pen­sé que j’étais ca­pable de por­ter des fonc­tions im­por­tantes. » C’est cash. Il n’a ja­mais dis­si­mu­lé que l’ély­sée était son Graal. Évo­quant son « bon­heur et sa fier­té » d’être à Ma­ti­gnon, il des­sine de lui-même l’ave­nir : « Di­sons que je ne suis pas le même Pre­mier mi­nistre qu’au dé­but. Dans une telle fonc­tion, c’est une chance in­croyable, vous ap­pre­nez sans cesse dans le contact avec les Fran­çais. Je tâche tou­jours de dor­mir dans les pré­fec­tures, de prendre du temps avec les gens, de vi­si­ter une en­tre­prise, un mu­sée, une ca­thé­drale... De dé­cou­vrir un pay­sage. Ce rap­port aux Fran­çais, au pays, est une des choses qui m’a le plus bou­le­ver­sé. » On croi­rait en­tendre un an­cien pré­sident... _ FA­BRICE TAS­SEL

Il est en­core un peu sur­pris d’avoir été choi­si par GQ (« Mais… alors, je suis nom­mé ou ga­gnant ? »), et même un peu in­quiet du dé­rou­le­ment de la re­mise de son prix : Fré­dé­ric Maz­zel­la est peut-être le plus dis­cret nos Hommes de l’an­née 2015. La preuve, il vient de s’ache­ter une 207 Peu­geot. D’oc­ca­sion ! Le fon­da­teur du lea­der eu­ro­péen du co­voi­tu­rage au­rait pu vi­ser (au moins) une « 307 » de­puis que sa so­cié­té est ren­trée dans le cercle ul­tra-fer­mé des trois « li­cornes » (ces so­cié­tés de l’éco­no­mie nu­mé­rique à très haut po­ten­tiel) fran­çaises (avec Cri­teo et Vente-pri­vée) et qu’il a le­vé près de 180 mil­lions d’eu­ros. Son « phy­sique passe-par­tout » le ras­sure face à ce dé­but de no­to­rié­té. Il n’a été re­con­nu que deux fois dans sa vie, dont une dans l’eu­ros­tar qui l’ame­nait à Londres avec Em­ma­nuel Ma­cron. En­tre­pre­neur pur jus, Fré­dé­ric Maz­zel­la doit re­dou­ter de ne plus pas­ser as­sez de temps dans « sa » boîte, ou à ré­flé­chir à une pro­chaine idée éton­nante. C’est aus­si pour ce­la que GQ cé­lèbre ce Nan­tais de 39 ans : son ave­nir est un peu le nôtre. « Les em­plois du fu­tur sont ici, et ils vont être mul­ti­pliés par dix dans les an­nées qui viennent », af­firme-t-il. Sur les deux étages de bu­reau tra­vaillent, sans une seule son­ne­rie de té­lé­phone, 250 sa­la­riés (moyenne d’âge : 29 ans) de 30 na­tio­na­li­tés dif­fé­rentes. Avant de pas­ser vingt-sept mi­nutes en sa com­pa­gnie, on aper­çoit Fré­dé­ric Maz­zel­la dans un des très rares bu­reaux fer­més mais vi­trés, la tête entre les mains de­vant son or­di­na­teur. Il ne lâche rien sur ses co­gi­ta­tions, re­grette que « ça n’aille pas as­sez vite ». Il s’avoue quand même « fas­ci­né, plu­tôt que sur­pris,

« Lorsque j’ai été em­bau­ché en 2009, ex­plique Lau­rens Van den Acker, je vou­lais re­don­ner en­vie aux gens d’ache­ter des Re­nault, je vou­lais qu’ils tombent amou­reux de la marque à nou­veau. » Il s’est at­ta­qué au lo­go en pre­mier. « Avant moi, le lo­sange était cou­ché sur le ca­pot, alors je l’ai re­dres­sé, chro­mé et gros­si pour que le client en soit fier, c’est très sym­bo­lique. » Deuxième étape : re­don­ner de la cou­leur. « J’ai in­ven­té la teinte “rouge flamme”. Il s’agit en fait d’une pein­ture rose qui est en­suite ver­nie de nom­breuses fois pour at­teindre la cou­leur pomme d’amour. » Et ça marche. Alors que 5 % seule­ment des Clio III se ven­daient en rouge, la Clio IV s’écoule à près de 25 % en « rouge flamme ». Mieux, le de­si­gner néer­lan­dais a créé le Cap­tur, un mi­ni SUV, sorte de Clio sur­éle­vée qui se vend à 75 % en bi-ton, c’est-à-dire avec deux cou­leurs. « En tant que de­si­gner, j’ai uti­li­sé les deux armes dont je dis­pose : le style et la stra­té­gie. Même ceux qui n’ont au­cune sen­si­bi­li­té pour le de­si­gn et les cou­leurs ont com­pris qu’il fal­lait don­ner une co­hé­rence à la gamme », ex­plique-t-il. Et il n’hé­site pas à te­nir ses réunions au sein même des usines du groupe. « Il sait bien ex­pli­quer sa dé­marche et il nous a re­mo­ti­vés. Ça a tout chan­gé », souffle une source in­terne. Et les ventes s’en res­sentent : la Clio IV ca­ra­cole en tête en France avec plus 120 000 exem­plaires écou­lés par an, de­vant la Peu­geot 208. Notre lau­réat a entre-temps sor­ti l’es­pace V, la ber­line cos­sue Ta­lis­man et re­nou­ve­lé le coeur de gamme avec la nou­velle Mégane en vente à par­tir de jan­vier 2016. « Lors­qu’on m’a pro­po­sé de prendre les rênes du de­si­gn Re­nault, le dé­fi était gi­gan­tesque. C’était comme l’épreuve du deuxième al­bum pour un groupe de rock. Et comme je suis plu­tôt fier du ré­sul­tat, j’ai cra­qué, je me suis ache­té... une belle montre Pa­ne­rai Lu­mi­nor 1950 à boî­tier cé­ra­mique ! » Elle vaut le prix d’une Clio. Lau­rens, comme il se fait ap­pe­ler, en se­rait presque gê­né. Moins, tou­te­fois, que lors­qu’on évoque avec lui sa res­sem­blance avec Sam Neill, l’ac­teur de Ju­ras­sic Park : « Ar­rê­tez avec ça ! Il res­semble sur­tout à mon père... Et c’est jus­te­ment pour res­ter jeune et me dé­mar­quer que je porte des bas­kets avec mes cos­tumes. Des Adi­das Su­pers­tar très co­lo­rées. » Dé­ci­dé­ment, Lau­rens, comme la Clio, a « tout d’un grand » !_ ALEXANDRE LA­ZERGES Mettre très tôt la pres­sion sur ses ad­ver­saires, c’est la stra­té­gie ga­gnante de Sé­bas­tien Ogier. Avec six vic­toires lors des sept pre­miers ral­lyes de la sai­son 2015, le pi­lote Volks­wa­gen Polo dé­cou­rage très vite la concur­rence. « J’y ai cru re­la­ti­ve­ment tôt cette sai­son, confie-t-il à GQ. Il vaut tou­jours mieux conduire en tête : on est plus li­bé­ré. Et j’ai très vite mon­tré que j’étais à l’aise sur tous les types de ter­rains. » Par­ti­cu­liè­re­ment doué sur terre, Sé­bas­tien Ogier n’a com­mis par ailleurs au­cune er­reur de pi­lo­tage jus­qu’à l’ob­ten­tion du titre, en sep­tembre.

Pi­lo­ter « propre et ef­fi­cace », tel est son man­tra. An­cien skieur de haut ni­veau, le pi­lote aime les sen­sa­tions de glisse au vo­lant – « Une voi­ture avec quatre roues mo­trices, c’est fait pour ça, non ? » – mais laisse peu de place au show. « On sait que le style qui gagne, c’est le pi­lo­tage ef­fi­cace, propre, très en ligne. Le se­cret, c’est conduire “ten­du” au maxi­mum », ra­conte ce­lui qui peut aus­si comp­ter sur un for­mi­dable coup d’oeil (12/10e – « J’étais à 15/10e à mes dé­buts ») et, d’après son pré­pa­ra­teur phy­sique, « des ré­flexes très au-des­sus de la moyenne ».

S’af­fran­chir de l’hé­ri­tage Sé­bas­tien Loeb, voi­ci son dé­fi. Une étrange ru­meur court de­puis quelques mois : Sé­bas­tien Ogier au­rait ré­cu­pé­ré les car­nets de bord et de pi­lo­tage de Sé­bas­tien Loeb, neuf fois cham­pion du monde, lé­gende du rallye. « Faux ! Il y a mal­en­ten­du, comme tou­jours entre lui et moi, avec toutes ces his­toires de ri­va­li­té sur­ven­dues, sou­pire-t-il. Au dé­but de ma car­rière, en 2006, il était dé­jà LA ré­fé­rence, donc je me suis ins­pi­ré de lui, en vi­sion­nant ses ca­mé­ras em­bar­quées. Mais je n’ai rien ré­cu­pé­ré ! » Au lieu de s’aga­cer du jeu des com­pa­rai­sons, il pré­fère se concen­trer sur lui. « Je ne fais pas une ob­ses­sion du pal­ma­rès de Loeb. Battre son re­cord, c’est beau­coup trop loin… En­core six ans ! Com­ment se pro­je­ter aus­si loin ? Donc l’ob­jec­tif, avant de pen­ser au neu­vième titre, c’est de ga­gner le qua­trième. » Lo­gique, pré­cis, im­pa­rable. Le style Ogier. _ MA­THIEU LE MAUX

« Un op­ti­miste déses­pé­ré. » On re­pense à cet oxy­more en at­ten­dant son au­teur, Ni­co­las Hu­lot, dans l’hô­tel de Ma­ri­gny qua­si dé­sert en cette fin de jour­née. Nom­mé il y a trois ans en­voyé spé­cial (bé­né­vole, c’est no­table) de Fran­çois Hol­lande pour l’en­vi­ron­ne­ment, le glo­be­trot­ter sexa­gé­naire af­fiche, pour ces seuls der­niers mois, un bi­lan éclec­tique : il a pré­fa­cé l’en­cy­clique du Pape consa­crée à l’ave­nir de la pla­nète, oeu­vré en cou­lisses pour le vote de la loi sur la tran­si­tion éner­gé­tique, et (en par­tie) conver­ti Laurent Fa­bius à l’éco­lo­gie. Il a même ren­du l’in­ter­net in­can­des­cent lors de la pré­sen­ta­tion du clip de sa fon­da­tion (3,5 mil­lions de vues en 24 heures) en fa­veur de son grand-oeuvre : la Confé­rence cli­mat, qu’il pré­sente comme « un ren­dez-vous clé pour l’hu­ma­ni­té ». Une am­bi­tion et une obs­ti­na­tion que GQ est ve­nu sa­luer. Le voi­là qui vient vous cher­cher en per­sonne, cour­tois et sou­riant, s’ex­cu­sant de son re­tard. Il nous ac­corde trente mi­nutes d’en­tre­tien. Ce n’est pas si mal avec un des hommes loin de sa famille « les deux tiers du temps », sillon­nant « plu­sieurs di­zaines de pays », en rê­vant, les soirs d’éner­ve­ment, de sa « drogue » : le ki­te­surf, pra­ti­qué en Bre­tagne et, c’est sa « marge de fan­tai­sie », une fois par an au bout du monde. Le pas­sion­né de pi­lo­tage s’est se­vré des vé­hi­cules à mo­teur. Son scoo­ter élec­trique, un Vec­trix, l’at­tend dans la cour. Quand il choi­sit le 4 roues, c’est une « pe­tite BMW ». Élec­trique, tou­jours. Il a ins­tal­lé des am­poules Led dans ses deux mai­sons, a di­vi­sé sa consom­ma­tion de viande par trois, fait ses courses chez Bio­coop, achète son élec­tri­ci­té à Ener­coop, in­ves­tit un peu d’épargne dans des fonds « verts », et fait ré­pa­rer « les ob­jets » (un té­lé­phone por­table, et même un cos­tume). Mais il confesse que « ce temps de la ré­flexion » ne date que de cinq ans en­vi­ron. Abor­dons le per­son­nage par sa face Nord, celle de l’op­ti­miste qui, voyant les obs­tacles s’amon­ce­ler, re­trousse ses manches : c’est gros­so mo­do ce qu’a vé­cu Hu­lot pour pré­pa­rer le « G 196 de l’en­vi­ron­ne­ment ». En verve, l’an­cien vi­sage de « Ushuaïa », la grand­messe de TF1 sur l’en­vi­ron­ne­ment, peut convaincre un Es­qui­mau d’ache­ter un Fri­go. Ou un prince d’ara­bie de mi­ser sur les éner­gies re­nou­ve­lables. Prêt à tout pour convaincre, le sher­pa vert de l’ély­sée n’a sur­tout pas évi­té les pays du Golfe : « L’ara­bie saou­dite a com­pris qu’il était urgent de di­ver­si­fier ses res­sources éner­gé­tiques. » Pour me­ner sa croi­sade, Hu­lot a ap­pli­qué une méthode simple, digne de la real­po­li­tik : « J’af­fûte mes ar­gu­ments se­lon le pro­fil de mes in­ter­lo­cu­teurs. » Il faut des ar­gu­ments à ce « Bac+ 3 mois » pour convaincre fi­nan­ciers et grands pa­trons qu’une éco­no­mie dé­car­bo­née est iné­luc­table et que l’heure du pro­fit son­ne­ra un jour. De­vant les po­li­tiques des pays du Nord, il tâche de dé­mon­trer que « le ca­pi­ta­lisme qui spé­cule sur les res­sources na­tu­relles » tourne le dos à l’ave­nir. De­vant les po­li­tiques des pays du Sud, « où il y a du Co­ca par­tout mais où un ga­min meurt de faim toutes les dix se­condes », il pro­met que ceux du Nord sont prêts à taxer les tran­sac­tions fi­nan­cières. Il leur as­sure que 100 mil­liards de dol­lars se­ront dis­po­nibles d’ici 2020. Dont, « il le faut ab­so­lu­ment, 10 ou 20 ac­ces­sibles dès la COP21. Les pays du Sud ne se contentent plus de mots. » Il leur a in­las­sa­ble­ment ré­pé­té : « Vous n’au­rez pas les miettes de la crois­sance. » « La plaie de l’homme est sa va­ni­té » ; « Notre des­tin peut nous échap­per » : ses for­mules jaillissent sans l’ap­pa­rence de la las­si­tude, « même si je ne pen­sais pas qu’il fau­drait au­tant d’éner­gie pour convaincre l’homme de sau­ver l’hu­ma­ni­té, donc lui-même ». Même à Rome, il a joué le jé­suite de­vant les conseillers du Pape : « Quand je suis dans le dé­sert et que je vois le so­leil se le­ver, je crois en Dieu ; quand je vois des en­fants mou­rir sur les plages ita­liennes, je me de­mande : où est Dieu ? » Hu­lot le déses­pé­ré af­fleure alors. C’est sa face Sud. Il éprouve par­fois « la ten­ta­tion de la dé­ser­tion, de la reddition » et n’a pris au­cun en­ga­ge­ment après la COP21. Libre comme l’air. Et ter­ri­ble­ment lu­cide. Il ca­jole Hol­lande et Fa­bius, as­su­rant qu’ils sont de­ve­nus de fins connais­seurs de « sa » cause. Outre la COP21, un des prin­ci­paux suc­cès de Hu­lot est son lob­bying en fa­veur de la loi sur la tran­si­tion éner­gé­tique (« L’un des textes les plus im­por­tants du quin­quen­nat », dixit Fran­çois Hol­lande) vo­tée fin juillet. Mais il ne dé­co­lère pas contre « cette énorme mal­adresse » qui a consis­té à faire coïn­ci­der la fin de la Confé­rence cli­mat avec les élec­tions ré­gio­nales. Une nou­velle per­cée du FN risque for­te­ment d’oc­cul­ter les pro­messes de conte­nir le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique. « Af­fli­gé » par l’ab­sence de pro­po­si­tions de l’op­po­si­tion, Hu­lot n’a rien ou­blié, non plus, du cy­nisme de la po­li­tique de­puis sa dé­faite à la pri­maire verte pour la pré­si­den­tielle de 2007. « Op­ti­miste déses­pé­ré », l’homme colle à son au­to­dé­fi­ni­tion. Pug­nace, lu­cide, in­fluent sans être dupe, il aborde l’évé­ne­ment char­nière de sa vie avec une forme de dé­ta­che­ment presque phi­lo­so­phique. Avec style, en somme. _ FA­BRICE TAS­SEL

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