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GQ (France) - - Cover Story -

amuel L. Jack­son est ce que les Amé­ri­cains ap­pellent un « scene stea­ler » : un vo­leur de scène. Quelle que soit l’im­por­tance de son rôle dans le film, il par­vient par son cha­risme à at­ti­rer sur lui l’at­ten­tion. Il semble en avoir fait un prin­cipe mo­teur de sa car­rière. Du genre « à ti­rer les fi­celles en cou­lisses plu­tôt que de se mettre sys­té­ma­ti­que­ment en avant » comme il pré­fère se le re­pré­sen­ter. Et il a pour ce­la une mé­thode bien à lui : « J’adore les per­son­nages, j’aime les mo­de­ler, leur trou­ver un look par­ti­cu­lier, une fa­çon d’être bien à eux… Ça peut pas­ser par une coif­fure (quand je marche dans la rue, je prends sou­vent des notes sur les coif­fures des gens que je croise), une ci­ca­trice (elles sont comme des mé­dailles, dont on a en­vie de sa­voir l’his­toire) ou un ac­ces­soire. Et, en même temps, j’es­saie de res­ter aus­si or­di­naire et hu­main que pos­sible, pour que les spec­ta­teurs puissent se dire : “Hey, mais je le connais ce mec !”» Dé­lais­sant les su­shis qu’il a com­man­dés dans l’un des meilleurs éta­blis­se­ments de la ville, Sa­muel L. Jack­son semble vou­loir tendre un fil in­vi­sible entre lui et le jour­na­liste qui l’in­ter­roge, comme pour le fer­rer. Cette scène qui lui est toute dé­diée, il es­saie quand même de la vo­ler. Il ex­plique sa mé­thode à GQ en mo­du­lant sa voix si sin­gu­lière, ca­pable tour à tour de suaves em­bar­dées dans les graves et de saillies ai­guës à vous dé­col­ler (gen­ti­ment) les tym­pans. Un don de maxi­mi­ser l’im­pact de son jeu re­con­nu par le réa­li­sa­teur qui l’a fait roi : « C’est le seul ac­teur à avoir va­gue­ment le droit de ré­écrire un peu mes dia­logues, ex­plique Quen­tin Ta­ran­ti­no à GQ. Parce qu’il sait écrire, ce mo­ther­fu­cker. » Un pri­vi­lège que sa­voure Sa- muel L. Jack­son au­jourd’hui à l’af­fiche des Huit Sa­lo­pards, hui­tième film de Ta­ran­ti­no qui est éga­le­ment leur sixième en­semble. C’est que, de­puis Pulp Fic­tion, le pre­mier film du tan­dem en 1994, l’ac­teur a fait un sa­cré che­min. Comme le dé­montre une blague li­mite de la ré­cente co­mé­die Ted 2 : « Tu as dé­jà vu un film avec un noir… et ben c’est lui ! ». Sa­muel L. Jack­son est entre-temps de­ve­nu l’ac­teur le plus ren­table de tous les temps. Ce­lui qui, dans des se­conds rôles re­mar­qués, a par­ti­ci­pé au plus grand nombre de sa­gas mil­lion­naires de ces 20 der­nières an­nées (lire en­ca­dré). Au cha­pitre des ac­ces­soires, des at­ti­tudes et des looks qui l’ont ren­du in­con­tour­nable, on se sou­vient du sabre la­ser vio­let de Mace Win­du dans Star Wars (il a dû in­sis­ter au­près de George Lu­cas pour avoir le droit d’ar­bo­rer cette cou­leur) ; du cache-oeil de Nick Fu­ry dans les films Marvel ; ou en­core du vi­sage im­pas­sible de Eli­jah Price, l’homme de verre d’in­cas­sable (2000). Le film de M. Night Shya­ma­lan se ré­vèle un de ses meilleurs et sans doute ce­lui qui contient la clé per­met­tant de cra­cker le code Sa­muel L. Jack­son : il y joue

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