Je ne couche pas avec des top-mo­dèles. donc, on me fout la paix. «

GQ (France) - - Trip -

ter était alors cé­lèbre pour sa coupe au car­ré. « Ni­ko­laj adore faire l’an­douille, cafte Le­na Hea­dey (Cer­sei Lan­nis­ter) dans le ma­ga­zine amé­ri­cain De­tails. C’est un grand en­fant. Il se contient, et puis tout d’un coup, il craque et se met à faire le clown. » C’est le cô­té « étu­diants en mé­de­cine » du tour­nage de la sé­rie : alors que la mort et le sexe sont om­ni­pré­sents ( Jaime Lan­nis­ter viole sa soeur sur le lit de mort de leur fils), les blagues de ca­ra­bin per­mettent de désa­mor­cer la ten­sion. « Dans les mo­ments vrai­ment char­gés, on évite de croi­ser le re­gard de l’autre pour ne pas écla­ter de rire », confie Le­na Hea­dey. Pour Ni­ko­laj Cos­ter-wal­dau, l’hu­mour est aus­si un re­mède pré­ven­tif à l’ivresse des som­mets. Sur le pho­to shoot de GQ, l’ac­teur passe son temps à char­rier l’équipe entre deux prises. « C’est ton cha­risme hal­lu­ci­nant qui m’aveugle », ba­lance-t-il au pho­to­graphe après s’être vu prier de ne pas trop cli­gner des yeux. Ou comment re­la­ti­vi­ser sa propre qua­li­té de star l’es­pace d’un ins­tant, avant de re­trou­ver l’at­ti­tude d’un Apol­lon à la pho­to­gé­nie très su­pé­rieure à la moyenne. Star à mi-temps, NCW re­ven­dique une at­ti­tude low pro­file qui le pré­serve du har­cè­le­ment des pa­pa­raz­zis. « Je mène une exis­tence tran­quille, je ne couche pas avec des top­mo­dèles. Donc ils me foutent la paix », as­sure ce pé­père de fa­mille. À 14 et 11 ans, Fi­lip­pa et Sa­fi­na viennent lui rendre vi­site sur le tour­nage de Game of Th­rones même si elles n’ont pas en­core le droit de re­gar­der la sé­rie. Voir son père jouer un type qui for­nique avec sa propre soeur, d’un point de vue stric­te­ment freu­dien, ça peut être trau­ma­ti­sant. Et lui s’ar­range pour ne pas lou­per le re­pas do­mi­ni­cal. « En avion, Bel­fast est à une heure de Co­pen­hague. Pen­dant le tour­nage de la sé­rie, je rentre à la mai­son tous les week-ends. » VRP de la sé­rie la plus po­pu­laire au monde, Ni­ko­laj cu­mule chaque an­née des cen­taines de mil­liers de miles, des mon­tagnes de room­ser­vice, et par­fois plu­sieurs mois loin des siens… Ce grand écart entre son sta­tut de star pla­né­taire et son pe­tit monde est par­fois dou­lou­reux. « Tout seul dans ma chambre d’hô­tel, il m’ar­rive de me de­man­der si ça vaut le coup. Mais je re­fuse de me sen­tir cou­pable. On ne s’ex­cuse pas d’avoir une pas­sion. » La vé­ri­té, c’est qu’il a sur­tout l’air de prendre son pied. Il faut le voir jouer au man­ne­quin dans le su­blime blou­son Ralph Lau­ren choi­si pour la séance pho­to : la preuve qu’on peut res­ter simple et kif­fer les à-cô­tés de sa vie de cé­lé­bri­té. « Quand je fais une séance pho­to comme au­jourd’hui, j’adore por­ter ces vê­te­ments ma­gni­fiques. Pour­tant, dans la vie, je n’ai ja­mais

... et sex-sym­bol mon­dial

Un peu schi­zo ou sim­ple­ment très équi­li­bré, cet adepte de deux-roues (« au Da­ne­mark, les taxes sur les voi­tures sont très éle­vées de toute fa­çon ») se trans­forme avec dé­lec­ta­tion en sex-sym­bol. Quand il le faut. « Une sé­rie comme Game of Th­rones est faite pour sé­duire le pu­blic, et on par­ti­cipe de ce pou­voir d’at­trac­tion. C’est mon job de prendre soin de mon ap­pa­rence. » Le reste de l’an­née, Ni­ko­laj foule les ta­pis rouges, signe des mil­liers d’au­to­graphes et fait le pitre dans les late shows amé­ri­cains (on l’a vu faire le chip­pen­dale chez Jim­my Fal­lon). Quand il ne donne pas la ré­plique à Jes­si­ca Chas­tain (dans Ma­ma en 2012) ou à Tom Cruise (dans Obli­vion en 2013) sur le pla­teau des films hol­ly­woo­diens qu’il case entre deux sai­sons à Wes­te­ros. Ce qui lui vaut de connaître à la fois le sort d’un de­mi-dieu, ac­cueilli par des mil­liers de fans en transe, et ce­lui d’un agent se­cret en pos­ses­sion d’in­fos confi­den­tielles que cer­tains geeks ra­di­caux tue­raient pour ob­te­nir. Pour tea­ser au maxi­mum son fan-club, Game of Th­rones cultive en ef­fet un se­cret pa­ra­noïaque sur les sai­sons à ve­nir, plus en­core de­puis que la trame nar­ra­tive de la sé­rie a dé­pas­sé celle des livres de George R.R. Mar­tin. Après la mort pro­bable de Jon Snow à la fin de la sai­son 5, l’at­tente est si grande QU’HBO, pour évi­ter les fuites, a dé­ci­dé de ne pas en­voyer à la presse les pre­miers épi­sodes de la sai­son 6. Ce qui n’a pas em­pê­ché l’im­pré­vi­sible Ni­ko­laj Cos­ter-wal­dau, ques­tion­né par Jim­my Fal­lon, de lais­ser en­tendre que le per­son­nage joué par Kit Ha­ring­ton était bien en état de ri­gi­di­té ca­da­vé­rique. S’agit-il là d’une faute pro­fes­sion­nelle ou d’une énième de ses vannes ? Si NCW est prêt à jouer à 100 % le jeu du star­sys­tem, c’est qu’il re­vient de loin. À Tyb­jerg , Dans la cam­pagne da­noise, le fu­tur Jaime Lan­nis­ter passe son en­fance à se faire des films. « Je me sou­viens d’avoir vu Il était une fois en Amé­rique, de Mar­tin Scor­sese, à 12 ou 13 ans. Les gang­sters, l’aven­ture, c’était épique… Ma vie n’avait rien à voir avec ça, et pour­tant je me sen­tais très proche de Noo­dles, le per­son­nage joué par Ro­bert De Ni­ro. C’était une ex­pé­rience qui trans­cen­dait les fron­tières, les langues, tout... J’ai vou­lu être ac­teur pour m’éva­der. » Grâce au film de Ser­gio Leone, son en­vie d’ailleurs se trans­forme en rêve amé­ri­cain. Après l’école de théâtre de Co­pen­hague, il se fait un pe­tit nom au Da­ne­mark dans le thril­ler hor­ri­fique Night­watch ( Le Veilleur de nuit, 1994). Mais il vise dé­jà plus loin. « Mon plan, c’était d’al­ler d’abord en An­gle­terre, et après, avec un peu de chance... » Il lui fau­dra at­tendre la qua­ran­taine pour que Game of Th­rones scelle sa des­ti­née transatlantique, au terme d’un par­cours tout sauf li­néaire.

Beau­coup de « presque oui »

Sa pire an­née ? 1999. « J’avais joué dans Mi­se­ry Har­bour, une co­pro­duc­tion scan­di­na­vo­ca­na­dienne qui avait voya­gé un peu par­tout, je me di­sais : “Ça y est, c’est mon heure.” Mais pen­dant un an, il ne s’est rien pas­sé. Jus­qu’à ce que j’at­ter­risse en Afrique du Sud afin de tour­ner dans une pub al­le­mande pour des sau­cisses. » Deux ans plus tard, ré­ali­gne­ment des astres : Rid­ley Scott l’en­gage dans La Chute du fau­con noir. Mais ce bap­tême hol­ly­woo­dien ne signe pas la fin de la ga­lère. « Là-bas, je n’étais qu’un ac­teur par­mi d’autres. » Pen­dant dix ans, NCW es­saye en­core : une co­prod’ eu­ro­péenne kitsch (1520, par le sang du glaive, 2005), un rôle de Po­lo­nais fran­co­phone face à Agnès Jaoui dans 24 heures de la vie d’une femme (2001), et même le pi­lote d’une sé­rie avor­tée, Fil­thy Gor­geous, où il de­vait jouer un pros­ti­tué ma­que­reau­té par Isa­bel­la Ros­sel­li­ni. « Cer­tains trucs étaient vrai­ment bi­zarres », ri­gole-t-il avec le re­cul.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.