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L a tro­qué son blou­son avia­teur Schott dé­fon­cé pour un Mar­gie­la ou un Saint Laurent, aban­don­né ses ver­nis de dan­dy pour des bas­kets qui lui per­mettent de bon­dir chaque ma­tin à France In­ter et chaque soir sur Ca­nal+. Mais l’an­cien critique de Elle et du Ma

GQ (France) - - 1111 -

de la masse ; en mon­tée, il n’y a au­cune iner­tie. On se rap­proche alors des seuils phy­sio­lo­giques. »

on ne monte pas un col en en­du­rance fon­da­men­tale mais en en­du­rance critique basse, entre 60 et 80 % de ses pos­si­bi­li­tés se­lon la pente. C’est dire si le spor­tif, même ac­com­pli, se doit, avant de se lan­cer dans l’aven­ture, d’ap­pri­voi­ser l’ef­fort pé­da­lé, sa ges­tuelle et sa par­ti­cu­la­ri­té car­dio­vas­cu­laire. « J’ai connu des cham­pions d’avi­ron, re­prend Gui­mard, des gars qui avaient un vrai fond, et qui se sont lan­cés dans l’étape du Tour. Ils n’avaient rou­lé que 150 ki­lo­mètres à vé­lo. Je leur ai dit : vous ex­plo­se­rez à 2 ki­lo­mètres du som­met du deuxième col. Et c’est ce qui s’est pas­sé ! » Une fois pré­pa­ré, il ne s’agit pas pour le cy­cliste de par­tir en flèche au pied du col. Il faut dé­mar­rer en-de­dans, li­mi­ter ses bra­quets, tour­ner les jambes comme il faut. « La fré­quence de pé­da­lage doit res­ter entre 85 et 100 tours/ mi­nute, pré­cise Gui­mard. Il convient d’être à l’in­ten­si­té la plus basse qui per­met­tra d’être confor­table dans sa pé­da­lée. Il faut trou­ver son équi­libre ven­ti­la­toire : on doit pou­voir dis­cu­ter avec ses co­pains. » L’idéal étant de trou­ver son propre rythme et de le conser­ver. Les pros sont qua­si-au­to­ma­ti­sés et savent gé­rer les chan­ge­ments de rythme les plus brusques. Pas les ama­teurs. Se lais­ser une pe­tite marge avec son bra­quet est aus­si pri­mor­dial : quel que soit le nombre de dents mon­tées à l’ar­rière (27 en gé­né­ral), il est re­com­man­dé de gar­der tou­jours deux vi­tesses en ré­serve, pour pal­lier un coup de moins bien ou af­fron­ter un pas­sage en­core plus raide. Pour se re­ta­per en cas de coup dur, les par­ties les moins ar­dues de l’es­ca­lade sont par­faites. Inu­tile d’es­sayer de ga­gner du temps dans ces pas­sages plus fa­ciles : le risque d’ex­plo­ser en vol par la suite aug­mente consi­dé­ra­ble­ment. Autre dan­ger re­dou­table à consi­dé­rer : l’al­ti­tude. Un col de 15 km à 7 % de pente moyenne re­pré­sente 1 000 mètres de dé­ni­ve­lé. C’est-à-dire que sur les trois der­niers ki­lo­mètres, le cy­cliste va su­bir une perte d’oxy­gène de 10 à 15 %. C’est au­tant de forces re­ti­rées qui s’ajoutent à la fa­tigue. Voi­là pour­quoi les plus in­tré­pides qui visent un bon chro­no, attendent la toute fin de l’ef­fort pour tout don­ner : « Il faut vrai­ment at­tendre les 100 der­niers mètres, confirme Gui­mard car 300 mètres en mon­tagne, ça pa­raît rien, mais au som­met, c’est très long ! »

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