AT­TEN­TION ! UN TRO­PHÉE PEUT EN CA­CHER UN AUTRE

Les 552 joueurs qui vont dis­pu­ter l’eu­ro rêvent tous de sou­le­ver le tro­phée Hen­ri-de­lau­nay, re­mis aux vain­queurs... mais pour quelques heures seule­ment . GQ a sui­vi la fa­bri­ca­tion de la ré­plique de la coupe dans une usine ita­lienne avant de la re­trou­ver,

GQ (France) - - GENTLEMEN'S QUARTERLY -

un­di 11 juillet 2016, 00 h 15. Pa­trick Von­nez, 45 ans, gants blancs, che­mise et cra­vate bleues sous un cos­tume noir si­glé UEFA, pé­nètre dans le ves­tiaire des nou­veaux cham­pions d’eu­rope. Dans une am­biance cham­pa­gni­sée frô­lant l’hys­té­rie, le res­pon­sable de la lo­gis­tique liée aux tro­phées eu­ro­péens (Eu­ro, Ligue des Cham­pions, Eu­ro­pa League) sol­li­cite dis­crè­te­ment un membre du staff. Dans ses mains, une ré­plique du tro­phée Hen­ri-de­lau­nay re­mis au ca­pi­taine vain­queur une heure plus tôt, dans les tri­bunes du Stade de France. Pa­trick Von­nez doit pro­cé­der à un échange de coupe, car l’ori­gi­nale n’ap­par­tient qu’à une seule équipe : L’UEFA. « Lorsque Mi­chel Pla­ti­ni est ar­ri­vé à la tête de notre ins­ti­tu­tion en 2007, il trou­vait bi­zarre qu’un pays se batte pen­dant quatre ans pour ne fi­na­le­ment gar­der la coupe que quelques mois et de­voir en­suite de­man­der une ré­plique aux 4/5, à ses frais, nous confie Pa­trick Von­nez. Donc de­puis 2009, les lau­réats de nos com­pé­ti­tions se voient re­mettre après la fi­nale une ré­plique exacte de la coupe qu’ils peuvent gar­der. » Le tro­phée Hen­ri-de­lau­nay – ain­si nom­mé en hom­mage au pre­mier se­cré­taire gé­né­ral de L’UEFA ( juin 1954-no­vembre 1955), éga­le­ment fon­da­teur de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de football avec Jules Ri­met, en 1919 – a été conçu en 1960 par la joaille­rie Ar­thus-ber­trand et en­suite réa­li­sé par As­prey, à Londres. Les ré­pliques ont été confiées aux Ita­liens de Ia­co Group. À Vi­cence, le jo­vial Igi­no Ia­co­vac­ci ac­cueille GQ dans une usine d’une di­zaine de sa­la­riés où le mot high-tech n’existe pas. « Tout se fait ici, du socle au som­met, et en double car nous en conser­vons une ici, au cas où la pre­mière se­rait vo­lée », pré­cise Ric­car­do Mon­ta­na­ri, pré­cieux bras droit d’igi­no. Pen­dant trois mois, cinq per­sonnes tra­vaillent à plein temps à l’éla­bo­ra­tion de la coupe eu­ro­péenne de football. « Tout est fait à la main, ex­plique Igi­no. C’est ex­clu­sif et in­imi­table. À chaque mi­cro-er­reur de gra­vure, nous re­par­tons de zé­ro. Mais nous ne fai­sons ja­mais d’er­reur ! » De­puis 2007, il veille sur cette ré­plique qui trou­ve­ra en­suite place dans les lo­caux de la fé­dé­ra­tion vain­queur de l’eu­ro. La coupe a été re­de­si­gnée en 2008 pour don­ner « plus de pres­tige » au tro­phée, se­lon les mots des di­ri­geants de L’UEFA. Le socle en marbre sou­le­vé par Mi­chel Pla­ti­ni en 1984 et Di­dier Des­champs en 2000 n’existe plus. Il a été rem­pla­cé par une base si­mi­laire à celle de la Ligue des Cham­pions. Re­haus­sé de 18 cm (60 au to­tal) et les­tée de 2 ki­los (8 à la pe­sée fi­nale), le tro­phée ne connaît au­jourd’hui que des mains es­pa­gnoles, vain­queurs en 2008 et 2012. Et celles des ou­vriers spé­cia­li­sés de l’usine ita­lienne. De­vant nous, ces der­niers pro­cèdent à l’éla­bo­ra­tion fic­tive d’une par­tie du tro­phée. À l’abri des cha­lu­meaux, nous sui­vons en ac­cé­lé­ré le pro­ces­sus de fa­bri­ca­tion : frai­sage des dif­fé­rentes par­ties (base, corps, haut…), la­vage dans une cuve de sa­von et de pro­duits chi­miques afin de gom­mer les as­pé­ri­tés, bain

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