Les gar­diens des tro­phées

GQ (France) - - GENTLEMEN'S QUARTERLY -

Au siège de L’UEFA, nous re­trou­vons Pa­trick Von­nez et son ad­joint Ro­ger Bet­schart, 38 ans. Dans le hall, sous une cloche de verre rec­tan­gu­laire, trône la coupe ori­gi­nale, qui « ne sort que pour les grandes oc­ca­sions comme les ti­rages au sort et quelques de­mandes des spon­sors », ex­pliquent-ils. For­cé­ment, dans une an­née de com­pé­ti­tion comme 2016, elle dis­pose de quelques bons de sor­tie. Du 1er avril au 9 juin, elle pa­ra­de­ra ain­si dans 25 villes de France lors du Tro­phy Tour (lire ci­des­sous), puis elle as­sis­te­ra au dî­ner d’ou­ver­ture de l’eu­ro, le jeu­di 9 juin à Pa­ris, ain­si qu’à la cé­ré­mo­nie du len­de­main au Stade de France. Sous haute pro­tec­tion : « Nous sommes les gar­diens du tro­phée, ex­plique Pa­trick Von­nez, avec l’ac­cès aux vi­trines pour les en­le­ver via un sys­tème de clés spé­cial. » Le tro­phée Hen­ri-de­lau­nay, ma­nié avec des gants blancs, ne leur échappe ja­mais des yeux. « Les gens peuvent tou­cher le tro­phée mais seuls les vain­queurs de l’eu­ro peuvent le sou­le­ver, pré­cise Ro­ger Bet­schart. Nous avons eu des pro­blèmes, il y a quelques an­nées, avec les so­cié­tés de trans­ports. La coupe avait été amo­chée, sans que l’on sache comment. Nous avons donc mis en place un sys­tème de tra­ça­bi­li­té sé­cu­ri­sé avec des plombs sur la caisse. » Pen­dant toute la du­rée de l’eu­ro, le tro­phée ori­gi­nal se­ra mis au se­cret dans un pa­lace pa­ri­sien. Trai­té comme une star, il pas­se­ra ses der­nières heures de gloire de 2016 dans... le sac à dos de Pa­trick le Cer­bère. « De l’hô­tel au stade, j’évite le cha­riot à rou­lettes, peu dis­cret, ra­conte-t-il. Nous avons donc du match, l’ori­gi­nal est pré­sen­té au pu­blic et aux pho­to­graphes à dif­fé­rents en­droits du stade : « Nous ne mon­trons qu’une seule coupe, l’ori­gi­nale. La ré­plique reste dans une salle an­nexe. » À vingt mi­nutes de la fin du match, il de­man­de­ra au gra­veur de quit­ter sa place dans la tri­bune pour re­joindre cette salle. Une fois le match ter­mi­né, le gra­veur ins­cri­ra « Win­ner 2016 » au dos de la coupe. Pa­trick, lui, se fau­fi­le­ra entre la horde d’of­fi­ciels et de VIP au coeur de la tri­bune pour ap­por­ter les mé­dailles. Soixante à quatre-vingt-dix mi­nutes plus tard, il des­cen­dra donc dans les ves­tiaires, pour l’échange des tro­phées. « Si les joueurs conti­nuent à faire des pho­tos, je leur laisse le temps, nous dit-il. J’at­tends le mo­ment op­por­tun. Le but est de ne pas voir deux coupes dans le ves­tiaire, ce ne se­rait pas très jo­li sur les images. » Et alors que la ré­plique part faire la fête dans un en­droit bran­ché de la ca­pi­tale, l’ori­gi­nal re­tourne à sa vie nyon­naise. Jus­qu’à l’eu­ro 2020.

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