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Re­go­ry van der Wiel, 28 ans, est ar­rière la­té­ral droit au Pa­ris Saint-ger­main. Dou­blure de l’ex-ban­ni Serge Au­rier, le Néer­lan­dais est ra­re­ment ali­gné par l’en­traî­neur Laurent Blanc. Mais quand il joue, ce foot­bal­leur mul­ti­ta­toué prend sou­vent « cher ». S

GQ (France) - - GENTLEMEN'S QUARTERLY -

« La mul­ti­pli­ca­tion des émis­sions de dé­bat laisse à pen­ser qu’il peut y avoir du trash tal­king », eu­phé­mise Gil­bert Bris­bois, ani­ma­teur de l’« Af­ter Foot » sur RMC, qui fête ses dix ans cette an­née. Elle est en ef­fet loin l’époque où, de­vant les mi­nimes de Tri­fouillyles-oies dans leurs sur­vê­te­ments Pa­trick as­sor­tis, Thier­ry Ro­land et ses pe­tits ca­ma­rades de « Té­lé­foot » avaient le mo­no­pole de l’« ana­lyse » foot­bal­lis­tique gen­tillette. Si l’« Af­ter » oc­cupe qua­si seule ce cré­neau en ra­dio, la donne est tout autre sur le pe­tit écran puisque co­ha­bitent le « Ca­nal Football Club », « Les Spé­cia­listes » et « J+1 » (Ca­nal+), « L’équipe du Soir » (L’équipe 21), « 20 h Foot » (ité­lé), « La Su­per Émis­sion Foot » (Ma Chaîne Sport), « 100 % Foot » (W9) ou en­core « Touche pas à mon sport ! » (D8). Le sport roi ga­ran­tit des suc­cès d’au­dience aux chaînes de té­lé­vi­sion, le tout pour un coût li­mi­té (beau­coup de ces pro­grammes ne dis­posent pas des images des matchs qu’ils dis­sèquent). Et, puisque la ri­chesse de l’offre ali­mente la sur­en­chère, quoi de plus ef­fi­cace qu’une pun­chline acerbe et bien sen­tie pour sor­tir de la mê­lée ? « L’équipe du Soir » a car­ré­ment pris le par­ti de mettre en scène des duels où, sur une bande-son fa­çon wes­tern, les in­ter­ve­nants n’ont que 30 se­condes cha­cun pour faire mouche. Des bat­tles où il faut dé­gai­ner plus vite que l’ad­ver­saire, quitte à dé­fendre un avis qui peut pa­raître ar­ti­fi­ciel voire contraire à ce que l’on pense vrai­ment. « Cer­taines émis­sions “in­ventent” des su­jets pour faire du trash tal­king parce qu’elles n’ont pas d’autres moyens, ex­plique Vincent Rous­se­letB­lanc, spé­cia­liste des mé­dias. Ces émis­sions s’adressent à un pu­blic moins connais­seur et s’em­parent de thé­ma­tiques plus su­per­fi­cielles pour faire du buzz. La po­lé­mique at­tire l’au­dience et re­tient l’at­ten­tion des gens alors qu’ex­pli­quer que tout est beau, que tout le monde est gen­til, ça n’in­té­resse per­sonne. » Avant de « li­bé­rer » la pa­role dans le foot, il a d’abord fal­lu faire tom­ber cer­tains dogmes. « La critique a mis énor­mé­ment de temps à ar­ri­ver. L’idée dé­fen­due par Charles Bié­try se­lon la­quelle le jour­na­lisme de sport n’était là que pour vé­hi­cu­ler l’émo­tion pré­do­mi­nait » , dé­cor­tique Da­niel Rio­lo, l’édi­to­ria­liste star de l’« Af­ter Foot ». Con­trai­re­ment à l’ita­lie, l’es­pagne ou l’ar­gen­tine qui dé­battent ou in­tel­lec­tua­lisent le football de­puis plu­sieurs dé­cen­nies, la France a long­temps confi­né les dé­bats à ce qui se dé­rou­lait sur le rec­tangle vert. La Coupe du monde 1998 a mar­qué le point de dé­part d’un mou­ve­ment vers une plus grande ma­tu­ri­té d’ana­lyse. Adieu la lo­gique du jour­na­liste sup­por­ter qui s’en­traî­nait avec les joueurs et étouf­fait les af­faires qui tou­chaient ses potes. Les prises de po­si­tion ne se li­mitent plus au seul do­maine po­li­tique. Le vi­rage de l’opi­nion pris par la ma­jo­ri­té des mé­dias a trans­for­mé le football en fait so­cial. Autre tour­nant, de­puis une paire de sai­sons, le re­non­ce­ment de Ca­nal + à une « écri­ture po­si­tive » de la Ligue 1. Une ligne re­prise de­puis par bein Sports et qui consiste à ne pas épar­gner son « pro­duit d’ap­pel », comme on dit dans le jar­gon, en avouant la mé­dio­cri­té

par­fois trop ob­sé­quieux avec cer­tains vieux amis. Ales­san­dro Gran­des­so, cor­res­pon­dant du quo­ti­dien ita­lien La Gaz­zet­ta del­lo Sport à Pa­ris, ana­lyse ce co­pi­nage : « Il ex­prime des idées poin­tues mais si tu lui de­mandes de cri­ti­quer Zi­dane, il n’en se­ra pas ca­pable. » La ma­jo­ri­té des consul­tants usant de la langue de bois, cer­tains sont peut-être ten­tés de se po­si­tion­ner à contre-cou­rant pour se dé­mar­quer de la masse, prou­ver leur in­dé­pen­dance d’es­prit et af­fir­mer leur li­ber­té de ton. « Ça peut ar­ri­ver d’al­ler trop loin et de le re­gret­ter mais je me suis don­né comme prin­cipe de ne ja­mais me bri­der, je ne me fixe pas de li­mites », clame Jé­rôme Ro­then, mi­lieu du PSG entre 2004 et 2009, au­jourd’hui consul­tant RMC et bein. Et dé­sor­mais, si les ex­perts du mi­lieu ne s’en chargent pas, on peut comp­ter sur les ré­seaux so­ciaux, der­nier maillon de la chaîne

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