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Deux gar­çons, deux filles, une somp­tueuse mai­son d’ar­chi­tecte en bord de mer, plu­sieurs fa­çons de pro­lon­ger la soi­rée. GQ vous in­vite dans une am­biance glam- chic, quelque part entre un re­make de La­pis­cine et Spring­brea­kers. Pho­tos Pe­ter Ch­ris­ten­sen_ Réal

GQ (France) - - No100 -

comme avant Lui le ten­nis ou le foot­ball, le golf est ga­gné peu à peu par la fièvre de la haute per­for­mance et du spec­tacle. « Frap­per une balle à près de 400 m en com­pé­ti­tion est aus­si une au­baine pour les re­tom­bées, ex­plique Ca­brières. Dé­sor­mais, les spon­sors veulent la to­tale : des ré­sul­tats, mais aus­si du show. » En­core faut-il te­nir le rythme qu’im­pose le cir­cuit. La fré­quence des com­pé­ti­tions a tri­plé ces der­nières an­nées. Vic­tor Du­buis­son, le pro­dige fran­çais, croi­sé l’an­née pas­sée, nous confiait : « Je ne suis qua­si­ment ja­mais chez moi. À un point que je ne soup­çon­nais pas. » Pour te­nir, pas­ser quatre tours, toutes les se­maines, avec par­fois dix heures de dé­ca­lage ho­raire dans les cram­pons, il faut être af­fû­té. Du­buis­son af­firme « tra­vailler là-des­sus ». Thomas Ca­brières pré­cise que « ceux qui sont en sur­poids, même lé­ger, comme l’étaient cer­tains de leurs aî­nés, fi­nissent par ac­cu­mu­ler une fa­tigue qui les des­sert lors du der­nier tour. Or, comme le jeu est de plus en plus ser­ré (trois trous en un aux der­niers Mas­ters d’au­gus­ta), ces fai­blesses qui font ra­ter une ap­proche ou un put coûtent une vic­toire. » Et les vic­toires dans le golf se chiffrent en mil­lions de dol­lars. Ici en­core, les riches pays des émi­rats ont contri­bué à cette in­fla­tion, en do­tant les tour­nois lo­caux de sommes fa­ra­mi­neuses.

À rio, ça ne plai­sante pas non plus. Le par­cours olym­pique, conçu par l’ar­chi­tecte de golfs Gil Hanse, af­fiche une su­per­fi­cie de 970 000 m². « Le nou­veau trou n° 16, un par 4 (nombre de coups théo­rique fixé pour un trou, ndlr), est ac­ces­sible en 1 aux gros frap­peurs, pour­suit Thomas Ca­brières. Or, à deux trous de la fin, pour ga­gner, il faut par­fois prendre le risque d’al­ler cher­cher le green en un coup. » Ro­ry Mcil­roy tem­père : « Par dé­fi­ni­tion, le golf est un sport très so­li­taire. Sauf qu’aux JO, on joue en équipe, pour son pays. Alors prendre des risques pour ga­gner certes, mais pas­ser à cô­té de la mé­daille d’or sur un ex­cès de confiance, je m’en vou­drais toute ma vie. » Dri­ve­ra-t-on à 1 000 m dans trente ans aux JO sur Mars ? Thomas Ca­brières en doute : « Comme en F1, on a im­po­sé des li­mi­ta­tions : lon­gueur du club, vo­lume de la tête, poids de la balle, etc., pour res­ter dans les normes des ter­rains, mais rien n’y fait. Alors si ja­mais c’est le cas, c’est la taille des pel­le­teuses de la Na­sa qu’il fau­dra mo­di­fier ! »

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