Le King et le pré­sident

LE BU­REAU ( OVALE) DES LÉ­GENDES En 1970, Elvis ren­contre Ri­chard Nixon le temps d’une pho­to his­to­rique et im­pro­bable. Le film ra­conte les des­sous de cette bro­mance amé­ri­caine. Ex­pli­ca­tions.

GQ (France) - - Intelligence - Par Jacques Braun­stein

ELVIS CONTRE LA DROGUE. Le 21 dé­cembre 1970, le chan­teur dé­cide de ren­con­trer le pré­sident des États-unis dans le but d’être nom­mé « Fe­de­ral Agent at Large » du bu­reau des nar­co­tiques, et ce afin d’in­fil­trer « la culture de la drogue, les hip­pies, mi­li­tants étu­diants, Black Pan­thers... » Mais Nixon n’était prêt à lui ac­cor­der la plaque d’agent fé­dé­ral qu’en échange... d’une pho­to. Le King crai­gnait, lui, que po­ser au­près du pré­sident pour­rait com­pro­mettre ses pos­sibles « ac­ti­vi­tés » au ser­vice du gou­ver­ne­ment... NIXON SOUS IN­FLUENCE. Le pré­sident, loin d’être aus­si pop qu’un Ken­ne­dy ou un Oba­ma, re­fuse d’abord de re­ce­voir Elvis mal­gré l’in­sis­tance de ses conseillers qui y voient un moyen de com­battre son im­po­pu­la­ri­té au­près d’une jeu­nesse tra­vaillée par la contre-culture et l’op­po­si­tion à la guerre du Viet­nam. Il fau­dra que sa fille âgée d’une ving­taine d’an­nées exige un au­to­graphe du King pour qu’il ac­cepte de le re­ce­voir le jour même. Cette pho­to du King of Rock et du pré­sident des États-unis le plus im­po­pu­laire du XXE siècle semble ano­dine. Elle a pour­tant la par­ti­cu­la­ri­té d’être l’image la plus ré­cla­mée aux ar­chives na­tio­nales amé­ri­caines. KE­VIN SPA­CEY, PRÉ­SIDENT EN SÉ­RIE. Vé­ri­table co­mé­die de si­tua­tion, le film Elvis & Nixon de Li­za John­son ra­conte la ren­contre de deux hommes que tout sem­blait op­po­ser, mais qui se sont re­con­nus comme deux out­si­ders d’ori­gine mo­deste par­ve­nus au som­met. Ke­vin Spa­cey ca­bo­tine un peu… voû­té, adop­tant une voix gut­tu­rale, il en ra­joute dans le mi­mé­tisme avec Ri­chard Nixon. Aux an­ti­podes du style sec et tran­chant qu’il adopte pour jouer le pré­sident Frank Un­der­wood dans House of Cards. SHAN­NON TRÈS « SOBRE ». La réa­li­sa­trice Li­za John­son avait dé­jà tra­vaillé avec Mi­chael Shan­non ( Re­turn, 2011). L’ac­teur de Take Shel­ter et Man of Steel ne fait au­cun ef­fort pour res­sem­bler phy­si­que­ment à Elvis, cam­pant un homme nor­mal que les autres traitent comme un dieu. Et si les bio­graphes du chan­teur lui prêtent une con­som­ma­tion as­tro­no­mique de pi­lules, l’in­ter­pré­ta­tion de Shan­non fait l’im­passe sur la ques­tion, Elvis ap­pa­rais­sant na­tu­rel­le­ment « high ».

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.