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Ace Of BASE (1992)

GQ (France) - - Récit -

C’est le tube en­tê­tant de 1993 : une rengaine pseu­do-reg­gae ve­nue de Suède et si­gnée Ace of Base. C’est aus­si le pre­mier car­ton de Den­niz POP, pro­duc­teur sué­dois à l’ori­gine des stu­dios Chei­ron, qui do­mi­ne­ront la teen pop jus­qu’au dé­but des an­nées 2000. POP mour­ra pré­ma­tu­ré­ment en 1998 mais au­ra for­mé des dis­ciples, dont le plus doué s’ap­pel­le­rait Max Mar­tin. Au mo­ment où il dé­couvre Ace of Base, Den­niz Pop n’a pas en­core mon­té Chei­ron. Il fait par­tie de Swe­mix, une équipe de DJ et pro­duc­teurs un­der­ground de Stock­holm, qui ne voient pas d’un très bon oeil son ta­lent de fai­seur de tubes. Mais le des­tin – sous la forme d’un au­to­ra­dio cas­sé – va en dé­ci­der au­tre­ment.

Stu­dio en sous-sol

« J’avais l’ha­bi­tude de par­ler par-des­sus les disques que je jouais en club, se sou­vient Al­ban, et, comme Den­niz ai­mait le son de ma voix, il m’a in­vi­té à ve­nir en­re­gis­trer à Swe­Mix. » En­semble, ils réa­lisent deux mor­ceaux. Le pre­mier, « Hel­lo Afri­ka », très per­cus­sif, s’ouvre avec de la flûte et, cu­rieu­se­ment, il est dé­pour­vu de basse. Le se­cond, « No Coke », qui at­ter­ri­ra sur la face B du pre­mier maxi si­gné Den­niz POP, s’ins­crit dans un style entre dan­ce­hall fun­ky et reg­gae. Au sein de Swe­mix, ces mor­ceaux, leurs hooks ra­co­leurs et leur vo­lon­té de sé­duire à tout prix, ne plaisent guère : « Pas moyen qu’on sorte cette merde », dé­clare un confrère de Den­niz. « Mais qu’est-ce que t’y connais, toi, avec tes ac­cords jaz­zy ? », lui ré­torque-t-il. C’est fi­na­le­ment la concur­rence, Bea­tek, qui sort le disque de Dr. Al­ban : énorme hit dans toute l’eu­rope. Sto­ne­bridge : « C’est là que nous avons réa­li­sé notre er­reur et lais­sé Den­niz re­ve­nir à nos cô­tés. On pen­sait tou­jours que c’était de la daube, mais l’ar­gent était bien­ve­nu. » Vient en­suite « Ano­ther Mo­ther », par la chan­teuse et dan­seuse sué­doise Kayo, qui mêle rythme reg­gae et lignes vo­cales hip-hop plus dures. C’est un tube dans toute la Suède : à Gö­te­borg, ville in­dus­trielle à l’ouest du pays, deux jeunes hommes en­tendent le mor­ceau dans un ma­ga­sin de disques. Deux amis d’en­fance, Ulf Ek­berg et Jo­nas Berg­gren, forment avec les soeurs de ce der­nier, Jen­ny et Ma­lin, un groupe de tech­no. Un ga­rage en sous-sol ac­cueille leurs ac­ti­vi­tés : « un stu­dio mer­dique », se sou­vient Ek­berg, mais dont ils sont les seuls maîtres à bord. Il leur ins­pire le nom du groupe : Ace of Base. Berg­gren est un hon­nête pia­niste, Ek­berg un gui­ta­riste pas­sable, mais l’es­sen­tiel de leur mu­sique est réa­li­sée avec des syn­thé­ti­seurs et des boîtes à rythmes. Après avoir en­ten­du « Ano­ther Mo­ther », Ek­berg et Berg­gren en sont per­sua­dés : « C’était le son que nous vou­lions. C’était un son fan­tas­tique. Il fal­lait ab­so­lu­ment qu’on ren­contre ce Den­niz POP. » Ils font du stop jus­qu’à Stock­holm, cinq heures de route, et se pré­sentent chez Swe­mix, es­pé­rant per­sua­der

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