I akig­sis­reld

Ka­ty Per­ry (2008)

GQ (France) - - Récit -

En 2006, Ka­ty Per­ry n’a que 22 ans mais dé­jà une longue car­rière der­rière elle – plus pré­ci­sé­ment une longue car­rière avor­tée. Chan­teuse is­sue d’un mi­lieu très croyant, elle a d’abord frô­lé le suc­cès dans l’in­dus­trie de la « ch­ris­tian pop », avant d’en­re­gis­trer avec les pro­duc­teurs d’avril La­vigne à Los An­geles pour la ma­jor Co­lum­bia. Mais les choses ne se passent pas comme pré­vu et ses ef­forts pour per­cer sont ré­duits à néant. La voi­là re­par­tie à zé­ro, sans ar­gent ni perspective. Pour fi­na­le­ment dé­col­ler, elle de­vra ac­cep­ter d’in­ter­pré­ter une chan­son dont les pa­roles ne plai­ront pas, mais pas du tout à ses pa­rents.

Kde par­ta­ger mon en­thou­siasme. L’un d’eux m’a même dit : “Je t’en prie, ne nous re­fourgue pas ce bou­let.” (…) Quelques se­maines plus tard, pen­dant les va­cances de Noël, j’écou­tais Ka­ty sur mon ipod en fai­sant de l’exer­cice dans mon ga­rage à As­pen, et je me suis dit : “Je viens de faire une er­reur mo­nu­men­tale, mais pour­quoi je ne l’ai pas si­gnée ?” Je l’ai ap­pe­lée im­mé­dia­te­ment – heu­reu­se­ment, elle tra­vaillait en­core dans cet en­droit, Taxi – et je lui ai dit : “Je veux te si­gner.” » Flom conclut un mar­ché avec Co­lum­bia pour ré­cu­pé­rer les mas­ters des chan­sons en­re­gis­trées par Per­ry pour son pro­jet so­lo, qui consti­tue­ront l’es­sen­tiel de son pre­mier al­bum pour Ca­pi­tol, One of the Boys. Il veut aus­si le mor­ceau de Carls­son et Child, « Wa­king Up in Ve­gas », et com­man­dite quelques chan­sons sup­plé­men­taires. Per­ry pro­pose « Ur So Gay », une chan­son co-écrite avec Greg Wells, que le la­bel sort en single. C’est un échec, mais la chan­son dé­clenche l’ire de ses an­ciens fans dans le monde de la mu­sique chré­tienne comme

La mère de Ka­ty Per­ry

des as­so­cia­tions gays (contra­rier deux com­mu­nau­tés aus­si op­po­sées sur le plan phi­lo­so­phique avec une même chan­son de­mande un cer­tain sa­voir-faire), un bon coup de pub pour Per­ry, qui l’aide à se faire re­mar­quer.

Un re­frain sur­gi d’un rêve

Flom a le sen­ti­ment que l’al­bum manque en­core d’un ou deux hits po­ten­tiels et sug­gère à Per­ry d’es­sayer d’écrire avec Dr. Luke. « On a traî­né un peu en­semble, le cou­rant pas­sait vrai­ment bien, ra­conte la jeune femme. Et il a ra­me­né Max Mar­tin. C’était le pack com­plet. Je les ai­mais vrai­ment bien tous les deux. Ils ont très bon goût, et j’avais cette in­tui­tion qui ne m’a ja­mais fait dé­faut. Je suis très axée sur les textes, Max est cen­tré sur les mé­lo­dies et Luke sur les beats, en nous réunis­sant tous les trois, tu ob­tiens la pop song ul­time. » Avec l’aide de Ca­thy Dennis, une chan­teuse bri­tan­nique de dance-pop de­ve­nue song­wri­ter, ils écrivent « I Kis­sed a Girl ». (…) Si l’on en croit Per­ry, le titre lui est ap­pa­ru en rêve. « Le re­frain a sur­gi dans mon es­prit quand je me suis ré­veillée, a-t-elle ex­pli­qué en 2008 dans une in­ter­view avec la BBC. C’était un de ces mo­ments dont parlent les ar­tistes, quand leur viennent des chan­sons en rêve ou au beau mi­lieu de la nuit. » Sur les cou­plets, la chan­son s’offre un son de gui­tare ty­pique de The Cars, qui mute sur le re­frain en riff de Slayer. Si la pro­duc­tion n’est pas la plus ins­pi­rée du duo, les pa­roles em­portent le mor­ceau, et les deux lignes du hook réus­sissent l’équa­tion mé­lo­dique par­faite : Sor­ti fin avril 2008, pour ser­vir de single à l’al­bum, « I Kis­sed a Girl » est nu­mé­ro un et passe sept se­maines au som­met des charts. Il est en tête des ventes au Royaume-uni, en Allemagne, au Ca­na­da et en Aus­tra­lie (le se­cond single, « Hot N Cold », éga­le­ment si­gné Max Mar­tin et Dr. Luke, se­ra aus­si un gros hit). Comme il l’avait fait pour Brit­ney Spears avec «... Ba­by One More Time » et pour Kel­ly Clark­son avec « Since U Been Gone », Max Mar­tin a écrit pour Ka­ty Per­ry le « disque d’une car­rière » – la chan­son qui a fait d’elle une star. La pre­mière fois que la mère de Ka­ty en­tend la chan­son à la ra­dio, elle est « sous le choc », confes­sait-elle dans un en­tre­tien avec le Dai­ly Mail. « Elle fait clai­re­ment la pro­mo­tion de l’ho­mo­sexua­li­té et son mes­sage est hon­teux et dé­goû­tant. » Lorsque la chan­son passe à la ra­dio, « je m’in­cline et je prie, conti­nuait-elle, avant d’ajou­ter, Ka­ty est notre fille et nous l’ai­mons, mais en ce mo­ment nous désap­prou­vons to­ta­le­ment sa conduite. »

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