« JE SUIS FAN, MAIS… »

Cher GQ,

GQ (France) - - Le Club -

a lec­teur de­puis quelques , ’ nu­mé­ro (n° 101). Le re­por­tage ’ a d était ma­gni­fique. Je suis fan de ta nou­velle for­mule. e , , nou­velle di­men­sion. Tout ce­la ’ ’ m Cher GQ, a long­temps, je prends chaque mois plai­sir à lire tes Mal­heu­reu­se­ment, dans ton der­nier nu­mé­ro, une pe­tite ’ d , al­lu­sion à la ten­dance de Nike n j o , ’ ’

Sa­lut les mecs, v ’ nos re­por­tages vous scotchent au­tant que nos , ’ d , ’ t ’ q , ’ v ’ , sans doute pu être évi­tée. c , ’ b , sû­re­ment en­core. En es­pé­rant ,

Cher Yon­nel, l c t j R l m Da­mon (et non ajou­té dans les R c ’ b , ’ com­pli­qué, nous nous sommes ’

n 2010, dans un film pu­bli­ci­taire pour le par­fum Bleu de Cha­nel, Gas­pard Ul­liel as­sé­nait : « I’m not going to be the per­son I’m ex­pec­ted to be any­more » (en VF : « je ne se­rai plus ja­mais la per­sonne que vous at­ten­diez que je sois »). Mal­gré la mise en scène lé­chée de Mar­tin Scor­sese, cette dé­cla­ra­tion d’in­ten­tion pré­somp­tueuse fai­sait sou­rire. Mais de­puis le Saint Laurent de Ber­trand Bo­nel­lo (2014), on ne sou­rit plus. Gas­pard Ul­liel a chan­gé. Fi­ni l’ac­teur qui élec­tri­sait les femmes par sa beau­té clas­sique (et sa pe­tite ci­ca­trice sur la joue) sans pour au­tant pas­sion­ner les ci­né­philes. Re­mar­qué à 17 ans dans Em­bras­sez qui vous vou­drez de Mi­chel Blanc (2002), Ul­liel a été le hé­ros d’un long di­manche de fian­çailles de Jean-pierre Jeu­net (2004) ou du film amé­ri­cain Han­ni­bal Lec­ter : les ori­gines du mal (2007). Il a tour­né, en Rus­sie comme en Is­raël, des comédies ( L’art d’ai­mer, 2011) ou des drames en cos­tume ( La Prin­cesse de Mont­pen­sier, 2010)… Un par­cours de co­mé­dien plus tout-ter­rain que sin­gu­lier. Et puis sa per­for­mance dans Saint Laurent lui per­met fi­na­le­ment de dé­voi­ler une fra­gi­li­té et une am­bi­guï­té qu’on ne lui connais­sait pas. Il s’y dé­bar­rasse au pas­sage d’un cô­té rou­leur de mé­ca­niques par­fois aga­çant et in­carne l’élé­gance ma­gné­tique et l’at­ti­tude ico­nique du cou­tu­rier avec une jus­tesse dé­con­cer­tante. Gas­pard Ul­liel af­firme de­puis une am­bi­tion nou­velle qu’il dé­montre au­jourd’hui en­core en étant à l’af­fiche de deux films coup sur coup. Dans La Dan­seuse, pre­mier long-mé­trage arty et dé­ca­dent de Sté­pha­nie Di Gius­to, il campe, dans le Pa­ris de la Belle Époque, un es­thète im­pec­ca­ble­ment san­glé dans sa re­din­gote et ir­ré­sis­ti­ble­ment por­té sur l’éther. Pa­ral­lè­le­ment, il est le hé­ros tout en nuances de Juste la fin du monde, drame fa­mi­lial ma­gis­tra­le­ment or­ches­tré par Xavier Do­lan… Dans ses deux rôles, comme lors de notre in­ter­view, il semble avoir conser­vé quelque chose du Saint Laurent. Ren­contre avec un ac­teur que sa ré­cente pa­ter­ni­té a apai­sé et qui a dé­fi­ni­ti­ve­ment chan­gé de ca­té­go­rie.

mai 2015. Le so­leil brille, mais les tech­ni­ciens de la sé­rie Jessica Jones ne l’ont guère aper­çu : de­puis le ma­tin, ils s’af­fairent dans un en­tre­pôt re­grou­pant quatre pla­teaux de tour­nage, les mêmes qui ont abri­té ce­lui de Da­re­de­vil un an plus tôt. Réa­li­sa­teur, ac­ces­soi­ristes, ca­dreur, res­pon­sable des ef­fets spé­ciaux et une pe­tite ar­mée d’as­sis­tants ar­més de tal­kies-wal­kies vi­brionnent au­tour d’un lit en­san­glan­té. Dans quelques se­condes, l’ac­teur Kie­ran Mul­care s’al­lon­ge­ra dans la mare pourpre, la gorge tran­chée, un cou­teau à la main. Dans cette scène choc de l’épi­sode 7, Krys­ten Rit­ter (aka Jessica Jones…) doit en­trer dans la pièce, ha­garde, s’af­fa­ler sur le lit pour se re­po­ser, re­mar­quer les taches de sang et dé­cou­vrir, hor­ri­fiée, le corps de son voi- sin. Ul­tra-concen­trée, l’ex-star de Brea­king Bad passe de­vant nous en trombe. Si­lence, mo­teur, ça tourne… Jessica pète un câble à la vue du ca­davre et se re­cro­que­ville contre un mur. Du sang, des larmes, un sui­cide… Bien­ve­nue dans la nou­velle ère Mar­vel. Celle des su­per­hé­ros de la rue, qui se col­tinent la ra­caille et les ma­fieux des bas-fonds de Man­hat­tan, loin des ex­ploits cé­lestes des Aven­gers au ci­né­ma. Une ère de jus­ti­ciers im­mer­gés dans un uni­vers de chair et de sang, de sexe et de spleen. Bref, des su­per­hé­ros for­ma­tés pour leur dif­fu­seur : Netflix. La plateforme s’est lan­cée dans une sur­en­chère de réa­lisme trash avec son concur­rent HBO. On est très loin des sé­ries rin­gar­dis­simes des an­nées 1970 qui abî­mèrent l’image de Hulk, no­tam­ment. Avec cette nou­velle gé­né­ra­tion de sé­ries Netflix, Mar­vel casse son image. L’usine à block­bus­ters tout pu­blic prend un che­min de tra­verse. Et s’en donne les moyens.

per­met vrai­ment de dé­ve­lop­per la psy­cho­lo­gie des vi­lains, de les rendre plus am­bi­gus, de sor­tir de la ca­ri­ca­ture du plan dia­bo­lique pour dé­truire le monde. Dans nos sé­ries Netflix, les bad guys croient sou­vent faire le bien. » Tour­nées à 100 % à New York pour des rai­sons es­sen­tiel­le­ment fi­nan­cières (le très gé­né­reux cré­dit d’im­pôt of­fert par l’état) et un peu artistiques (« Il était im­por­tant que l’ac­tion se dé­roule vrai­ment au même en­droit que les co­mics », af­firme Loeb), les sé­ries Mar­vel/netflix n’ont qu’un seul pa­tron : Mar­vel. Mais Netflix n’est évi­dem­ment pas to­ta­le­ment hors du coup : « Nous avons ré­gu­liè­re­ment des con­fé­rences té­lé­pho­niques avec Mar­vel, ré­sume Cin­dy Hol­land, vice-pré­si­dente des conte­nus chez Netflix. Dès qu’un script est fi­ni ou que l’arc scé­na­ris­tique d’une sai­son est dé­ci­dé, ils nous font lire dans les 24 heures. » Idem pour les rushes de chaque jour­née. Chez Netflix, trois per­sonnes

PAR­MI LES JEUNES top mo­dels blonds, il y a celles qui ont été la pe­tite amie de Leo­nar­do Dica­prio, et les autres. Et par­mi les man­ne­quins qui veulent de­ve­nir ac­trices, il y a celles qui ont joué dans Alerte à Ma­li­bu, et les autres. Kel­ly Rohr­bach coche les deux cases, et elle est pour l’ins­tant la seule. En 2017, c’est elle qui se glis­se­ra dans le maillot de bain rouge im­mor­ta­li­sé par les 11 sai­sons de la sé­rie culte lan­cée en 1991. Hol­ly­wood bouillon­nant d’idées ori­gi­nales ces der­niers temps, Bay­watch va de­ve­nir un film clin d’oeil dans le­quel Dwayne « The Rock » John­son (Fast and Fu­rious) rem­place Da­vid Has­sel­hoff et Kel­ly, Pa­me­la An­der­son. Le maillot n’est plus en Ly­cra mais en Néo­prène, et nous avons per­du Da­vid Char­vet en route… Mais à part ces lé­gères évo­lu­tions, nous y re­trou­ve­rons tous les in­gré­dients qui ont fait le suc­cès de la sé­rie la plus re­gar­dée de tous les temps (un mil­liard de té­lé­spec­ta­teurs par épi­sode). C’est-à-dire l’es­prit d’équipe, le cou­rage et des filles qui courent en maillot… Sur­tout des filles qui courent en maillot, d’ailleurs. Dans Friends, Chand­ler cesse de trou­ver Joey lourd le jour où ce­lui-ci lui fait dé­cou­vrir TJ/ Pa­me­la An­der­son en plein élan, sa bouée de se­cours à la main. Et, comme eux, plus d’un de­mi-mil­liard de mâles âgés de 25 à 65 ans ont com­mu­nié plus ou moins se­crè­te­ment chaque se­maine dans le culte du sau­ve­tage en mer (Bo­rat in­clus). Rien ne pré­des­ti­nait pour­tant Kel­ly Rohr­bach à de­ve­nir la nou- velle si­rène d’alerte. Née à New York, elle a gran­di dans le très chic Con­nec­ti­cut. Fille d’un fi­nan­cier, elle a même été cham­pionne ju­nior de golf… Tout le contraire de Pa­me­la An­der­son, fille d’une ser­veuse ca­na­dienne de­ve­nue pom pom girl et play­mate avant de nous en­chan­ter de ses dons de co­mé­dienne. Kel­ly a d’abord vou­lu être ac­trice, puis elle est de­ve­nue man­ne­quin. Sa pre­mière séance pho­to, ce fut pour le pres­ti­gieux « spé­cial maillots » du ma­ga­zine amé­ri­cain Sports Il­lus­tra­ted. Mais l’at­trait pour l’art dra­ma­tique a été plus fort.

j ai goo­glé “Top ten des agents”, ex­pli­quet-elle à GQ avec beau­coup d’aplomb. J’en ai choi­si un et je l’ai ap­pe­lé pour lui de­man­der : “Hey, vous vou­lez être mon agent ?” Il m’a ré­pon­du : “Ce n’est pas comme ça que ça se passe… Mais, euh, ok.” » En 2016, elle est cou­pée au mon­tage de Ca­fé So­cie­ty, le film de Woo­dy Al­len, dont elle par­ta­geait des scènes avec Bruce Willis (l’ac­teur a été vi­ré et rem­pla­cé par Steve Ca­rell). Pas de quoi en­ta­mer l’en­thou­siasme dé­bor­dant de Kel­ly. Et lorsque GQ l’as­ti­cote sur sa ré­cente no­to­rié­té, elle af­firme : « Per­sonne ne pense sé­rieu­se­ment que je suis cé­lèbre… Ar­rê­tons avec ça ! En plus, faire genre “je ne suis pas cé­lèbre” quand on l’est vrai­ment pas... Fran­che­ment, il n’y a rien de pire que la fausse mo­des­tie ! » En vrai, Kel­ly n’au­ra qu’à at­tendre 2017 pour de­ve­nir la blonde la plus cé­lèbre du monde.

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