UN POI­SON NOM­MÉ EVA

L’ex-james Bond girl est de re­tour au ci­né­ma chez Tim Bur­ton, son nou­veau men­tor. Créa­ture go­thique, femme fa­tale, qui se cache au juste der­rière Eva Green"? GQ a vou­lu en avoir le coeur net. Par Jacques Braun­stein

GQ (France) - - Enquete -

ma­gi­nez que vous soyez éle­vé dans un pen­sion­nat, et que la di­rec­trice, avec ses grands yeux vio­lets et son corps plan­tu­reux san­glé dans un cor­set à l’an­cienne, soit l’ob­jet de tous vos fan­tasmes. Ima­gi­nez que cette di­rec­trice res­semble à Eva Green. Vous voi­ci dans Miss Pe­re­grine et les en­fants par­ti­cu­liers, le nou­veau film de Tim Bur­ton. Après Ca­si­no Royale, 300 : Nais­sance d’un em­pire, Sin Ci­ty, ou la sé­rie Pen­ny Dread­ful, la plus go­thique des stars d’hol­ly­wood change de re­gistre : « Miss Pe­re­grine est une mère, et je n’en avais ja­mais joué, ex­plique Eva à GQ par té­lé­phone de­puis Londres où elle ha­bite. C’est un per­son­nage très dé­ter­mi­né, prêt à sa­cri­fier sa vie pour les dé­fendre. Une es­pèce de Ma­ry Pop­pins dé­jan­tée, presque un per­son­nage de des­sin ani­mé, bon et sans noir­ceur au­cune. » Après Wi­no­na Ry­der, Li­sa Ma­rie ou He­le­na Bon­ham Car­ter, Eva Green, 36 ans, est la nou­velle muse du réa­li­sa­teur amé­ri­cain. En 2012, elle in­car­nait dé­jà une sor­cière sexuel­le­ment vo­race dans le très réus­si Dark Sha­dows. « Tim m’a de­man­dé de lire le livre de Ran­som Riggs. Je lui ai ré­pon­du que je joue­rais n’im­porte quoi pour lui, je suis une fan ab­so­lue de­puis tou­jours. J’ai vu je ne sais com­bien de fois Ed­ward aux mains d’ar­gent et Beet­le­juice. Mais il a in­sis­té pour avoir mon avis », ra­conte l’ac­trice. Une en­tente qui a en­cou­ra­gé les ga­zettes amé­ri­caines à ima­gi­ner une ro­mance entre eux… Il est vrai que l’ac­trice ne ta­rit pas d’éloges sur son nou­veau pyg­ma­lion : « Pour moi, son uni­vers n’a rien de triste ou de sombre mais, du coup, j’ai un peu l’im­pres­sion de vivre dans un monde pa­ral­lèle. Je le trouve très nor­mal et très ou­vert, ce qui est as­sez rare dans ce mé­tier de dingues. C’est fa­cile et joyeux d’être sur un pla­teau avec lui. » Elle ajoute même « gen­til, humble, lé­ger, poé­tique » aux qua­li­tés qu’elle at­tri­bue au réa­li­sa­teur… Comme dans Dark Sha­dows, elle in­ter­prète ici une com­bat­tante, une femme forte, même si le terme ne lui convient pas : « Femme forte, je ne sais pas ce que ça veut dire. Dès que je suis en­trée à l’école de théâtre, je me suis at­ta­quée à Cléo­pâtre ou à La­dy Mac­beth, peut-être parce que dans la vie je suis très ti­mide… Les gens me disent : “Tu joues tou­jours la femme fa­tale.” Ça me vexe un peu, j’es­père que j’ai plus de cordes à mon arc. » Elle re­con­naît que dans Sin Ci­ty : J’ai tué pour elle (de Frank Miller et Ro­bert Ro­dri­guez en 2011), elle cam­pait bien une femme fa­tale, une sa­lope stra­to­sphé­rique se­rait-on même ten­té d’ajou­ter. « C’était mar­rant, ju­bi­la­toire de jouer la mé­chante. Mais ce n’est pas ce que je suis dans la vie, je tiens à le dire ! » Un vam­pire qui pète la forme. Lorsque nous avions ren­con­tré Eva Green pour la pre­mière fois en 2003, à la sor­tie de Drea­mers : Les In­no­cents, le film de Ber­nar­do Ber­to­luc­ci qui l’a ré­vé­lée, elle avait dé­jà cette che­ve­lure de jais qui ne doit rien à la na­ture (en vé­ri­té, elle est blond fon­cé), une robe en den­telle noire bou­ton­née

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