La pop élec­tro-psy­ché de Bar­ba­gal­lo

Bat­teur du groupe à suc­cès Tame Im­pa­la, le Fran­çais Ju­lien Bar­ba­gal­lo s’échappe en so­lo et pré­sente son deuxième al­bum. Por­trait d’un mu­si­cien hors norme.

GQ (France) - - Intelligence - LA RO­CHE­FOU­CAULD GRAND CHIEN, de Ju­lien Bar­ba­gal­lo (sor­tie le 28 oc­tobre, Aris­ta/so­ny).

UNE NUIT, EN 2012, dans un bar pa­ri­sien, Ju­lien Bar­ba­gal­lo sym­pa­thise avec Kevin Par­ker, le lea­der de Tame Im­pa­la, le groupe aus­tra­lien de rock psy­ché qui car­tonne. De­puis, il est leur bat­teur live at­ti­tré et bour­lingue avec eux sur les plus grosses scènes mon­diales – 300 concerts à ce jour, sé­rie en cours. Une consé­cra­tion au terme d’un par­cours pas ba­nal pour Bar­ba­gal­lo, né à Al­bi d’un père mi­neur et d’une mère ins­ti­tu­trice, qui choi­sit très jeune la bat­te­rie, a prio­ri pas le meilleur ins­tru­ment pour per­cer. Ses dé­buts sont donc ceux d’un trou­ba­dour bo­hème, entre dèche et ga­lères. En fon­dant le groupe élec­tro ex­pé­ri­men­tal Aqua­serge à Tou­louse, il com­mence à se faire un peu connaître dans le cir­cuit un­der­ground. Pour ga­gner sa croûte, il offre ses ser­vices à d’autres for­ma­tions (comme le groupe pop Ta­hi­ti 80) avant que la rencontre des Tame Im­pa­la change tout : « Je me frotte à toutes les fa­cettes de ce mi­lieu, ex­plique-t-il à GQ, des bars aux Zé­niths, du tour-bus luxueux à la Peu­geot 405 Break, je fais sans ar­rêt l’al­ler-re­tour. Du coup, oui, je me sens un peu comme un élec­tron libre, un poil schi­zo… » En 2014, il a sor­ti Amor de Lonh, pre­mier disque so­lo pas­sé in­aper­çu. Après avoir vé­cu à Syd­ney, l’opi­niâtre Bar­ba­gal­lo est au­jourd’hui de re­tour à Tou­louse et re­tente le coup avec Grand chien. Un ex­cellent al­bum de pop, avec pa­roles en fran­çais. Aux in­fluences élec­tro-psy­chés de ses amis aus­tra­liens, il ajoute des notes ita­liennes ou bré­si­liennes. Ses deux fa­cettes vont-elles pou­voir se ré­con­ci­lier, la car­rière du chan­teur rat­tra­pant celle du bat­teur ? Quand on lui pose la ques­tion, le che­ve­lu semble as­sez se­rein, li­mite dé­ta­ché. De quel ar­tiste d’ici pour­rait-on le rap­pro­cher ? Il nous cite Gé­rard Man­set (« il de­vrait être à la place de John­ny ») et Mathieu Boo­gaerts (« ce mec-là de­vrait être pré­sident de la Ré­pu­blique ou un truc comme ça »), bref des gens dont l’exi­gence est sou­vent su­pé­rieure au suc­cès. Mais Bar­ba­gal­lo s’en moque : il dis­pose d’une bat­te­rie d’alternatives. _ LOUIS- HEN­RI DE

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