Les bar­bus font de la ré­sis­tance

An­non­cée sur le dé­clin en dé­but d’an­née, la barbe re­prend du poil de la bête. Tou­jours plus chic et mieux soi­gnée par ses pro­prié­taires.

GQ (France) - - Action - Par Mathieu Le Maux et Ma­ga­li Ber­tin

Jan­vier 2016. L’édi­to­ria­liste Alex Proud scande dans le Te­le­graph bri­tan­nique : « Les ra­soirs vont re­de­ve­nir cool et à la mode cette an­née », an­non­çant, comme d’autres spé­cia­listes ès ten­dances, la fin du port de la barbe. Dans le sillage de ce­lui qui se dit alors « ma­lade de voir des jeunes hommes blancs de 20 ans res­sem­bler à des sol­dats ta­li­bans fans de ZZ Top », son col­lègue Jon­ny Coo­per ajoute, sûr de son fait : « Cette mode a dé­bu­té avec la crise éco­no­mique de 2008. Les lames de ra­soir sont de­ve­nues des pro­duits de luxe

(in­ci­tant les hommes à ne plus se ra­ser, ndlr). Et puis le port de la barbe était une ré­ac­tion mas­cu­line in­cons­ciente face aux “as­sauts” (sic) de l’éga­li­té des sexes, une forme de lutte qui n’a au­jourd’hui plus lieu d’être. » On a alors at­ten­du de voir pour qui son­ne­rait le glabre. En vain. « On pré­dit sa perte de­puis deux ans, mais la barbe tient le coup, ra­conte Jean Ar­ti­gnan, au­teur du Guide pra­tique de la

barbe (édi­tions Eyrolles) et du blog Barbe Chic (bar­be­chic.fr). Re­gar­dez com­bien de foot­bal­leurs la por­taient pen­dant l’eu­ro… Quand on sait à quel point ils lancent et “sou­tiennent” des ten­dances, c’est un signe... La barbe est éga­le­ment de plus en plus ac­cep­tée dans des mi­lieux pro­fes­sion­nels au contact du pu­blic qui la ban­nis­saient au­pa­ra­vant. Le rè­gle­ment in­té­rieur de la po­lice l’in­ter­di­sait par exemple. Ce n’est plus le cas de­puis 2015, à condi­tion qu’elle soit taillée et en­tre­te­nue. Le fait qu’une telle ins­ti­tu­tion mo­di­fie ses règles montre qu’on n’est plus face à un phé­no­mène de mode ponc­tuel mais face à un chan­ge­ment de moeurs plus pro­fond. »

ain­si 54 es eu­ro­péens et 48 % des Fran­çais por­taient une barbe en 2015 d’après une étude de L’INA pu­bliée le pre­mier sa­me­di de sep­tembre, sa « jour­née of­fi­cielle » an­nuelle (autre signe ça, la « jour­née of­fi­cielle »). Om­ni­pré­sente dans la pub et star d’ins­ta­gram, la barbe « hips­ter » – longue, épaisse et bien taillée – est en réa­li­té bat­tue dans la rue par la barbe de trois jours lé­gè­re­ment né­gli­gée. « La grosse ten­dance de 2017, re­prend Ar­ti­gnan, c’est la barbe de 10 jours, qui per­met de combler les trous et donne un cô­té plus net, plus uni­forme. Et la vraie nou­veau­té, c’est l’at­trait ac­cru pour les bar­biers. Leurs car­nets de ren­dez-vous sont pleins ! »

Bonne lon­gueur, contours faus­se­ment né­gli­gés... Jus­tin Tim­ber­lake porte la ar e de urs mer­veille. Donc on se per­met de le co­pier sans au­cun état d’âme.

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