LA LUTTE C’EST CLASSE

GQ (France) - - La Une -

Chers amis de GQ, Je vous aime beau­coup mais quel choc de consta­ter que votre ar­ticle sur les sports de com­bat ne men­tionne ja­mais cette dis­ci­pline an­ces­trale, dure, exi­geante, noble, pra­ti­quée tant par les gent­le­men que les voyous, l’un des sports fon­da­teurs des Jeux olym­piques, j’ai nom­mé, la lutte ! Je dé­plore donc cette faute de goût et me per­mets de vous adres­ser un car­ton à la fois rouge et jaune (les deux cou­leurs La ré­ponse de Ma­thieu Le Maux, chef de ru­brique Ac­tion

Bon­jour EF, Vous avez rai­son : cette belle dis­ci­pline avait lar­ge­ment sa place par­mi notre re­vue (in­com­plète) des sports de com­bat, même il n’en était pas to­ta­le­ment ab­sent puisque nous ex­pli­quions que le catch en dé­cou­lait. Sim­ple­ment, il a, comme sou­vent, fal­lu faire des choix. Et outre les clas­siques in­con­tour­nables, nous avons op­té pour des pra­tiques dont nous n’avions en­core ja­mais par­lé dans GQ par le pas­sé, comme le ju-jit­su bré­si­lien ou le sis­te­ma russe. Car sa­chez, si vous l’igno­riez, que nous avions dé­jà lar­ge­ment évo­qué la lutte en jan­vier 2015. Notre ma­ga­zine avait alors été l’un des rares mé­dias fran­çais à avoir consa­cré un long su­jet à l’his­toire des frères Schultz, à l’oc­ca­sion de la sor­tie de Fox­cat­cher, et le seul à avoir re­trou­vé la trace de Mark, qui nous avait ac­cor­dé un en­tre­tien ex­clu­sif. L’ar­ticle a de­puis été pu­blié sur notre site web. En tout cas mer­ci in­fi­ni­ment de nous lire ! Cha­leu­reuses sa­lu­ta­tions.

SUSAN ( AMY ADAMS) re­çoit un co­lis, elle l’ouvre : un livre. Ou plu­tôt les épreuves d’un livre si­gné de son ex ( Jake Gyl­len­haal), et qui lui est dé­dié. Dans son ro­man, il s’ima­gine en bon père de fa­mille, rou­lant de nuit sur une pe­tite route dé­serte du Texas, sa femme à ses cô­tés, sa fille de seize ans sur la ban­quette ar­rière, lors­qu’une bande de hil­l­billies me­na­çants, les poussent à s’ar­rê­ter, là, au mi­lieu de nulle part… Tan­dis qu’elle se plonge dans le ro­man, les sou­ve­nirs de Susan re­montent, et à la vio­lence des mots s’ajoute l’amer­tume d’une vie ra­tée… Amy Adams passe ain­si l’es­sen­tiel du film à lire, quand elle n’erre pas, éplo­rée, entre sa ga­le­rie d’art pom­peuse et sa vil­la de­si­gn sur les col­lines de L.A., où son ma­ri vo­lage (Ar­mie Ham­mer) l’a lais­sée seule. Prix spé­cial du ju­ry à la der­nière Mos­tra de Ve­nise, le fas­ci­nant se­cond long mé­trage de Tom Ford, Noc­tur­nal Ani­mals, en­tre­mêle trois ré­cits, ob­ser­vant com­ment la fic­tion et le pas­sé conta­minent le pré­sent, tels un poi­son. Et ce n’est pas en­nuyeux une se­conde, tant le cou­tu­rier-ci­néaste, sept ans après son pre­mier es­sai, A Single Man (avec Co­lin Firth, 2009), maî­trise à la per­fec­tion l’ou­til ci­né­ma­to­gra­phique – au moins aus­si bien que les étoffes et la planche à des­sin. Les images de Tom Ford sont d’une puis­sance rare, et sur­tout à double-fond : on s’y croit en ter­rain connu (chic et trash), on est même cer­tain, par mo­ments, de ne feuille­ter que du pa­pier gla­cé, et sans que l’on y prenne garde, au mo­ment où on ne s’y at­tend plus, elles nous cueillent. Ain­si, non content de si­gner un mé­lo­drame vé­né­neux évo­quant Dou­glas Sirk ou Mi­che­lan­ge­lo An­to­nio­ni, Ford réa­lise en pa­ral­lèle un re­dou­table « rape and re­venge mo­vie » avec Aa­ron Tay­lor-jones (en chef de bande ter­ri­fiant) et Mi­chael Shan­non (en shé­rif cra­mé), of­frant au spec­ta­teur une salve d’émo­tions contraires. Ra­va­geur.

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