In bed with Ma­rion Co­tillard

D’ac­cord, ce n’est pas vrai­ment dans un lit mais sur un ca­na­pé d’hô­tel que GQ a ren­con­tré la plus in­ter­na­tio­nale des stars fran­çaises. Celle qui in­trigue, fas­cine et par­fois ir­rite est à l’af­fiche d’as­sas­sin’s Creed avec Mi­chael Fass­ben­der et d’al­liés ave

GQ (France) - - La Une -

sa car­rière amé­ri­caine. Je n’ai pas pen­sé à l’ac­tors Stu­dio. Elle a une vir­tuo­si­té pour se dé­gui­ser, mais c’est plus un truc in­té­rieur. Ça crée un dé­ca­lage qui la rend d’au­tant plus émou­vante. » Oui, elle est fran­çaise, et com­bien de jour­na­listes bla­sés se­raient sor­tis char­més d’un mo­ment par­fai­te­ment équi­valent avec une star in­ter­na­tio­nale ? « En France, le suc­cès c’est for­cé­ment louche, confirme-t-elle, il faut l’at­ta­quer à tout prix. Comme s’il y avait une sorte de de­voir à ra­me­ner les gens sur terre. Mais le suc­cès ce n’est pas ne plus être sur terre. » Lorsque nous lui de­man­dons le se­cret de sa réus­site in­ter­na­tio­nale, elle en ré­vèle un peu et on dé­cide de l’écou­ter avec une cer­taine em­pa­thie, cette neu­tra­li­té bien­veillante dont parlent les psy­cha­na­lystes : « L’en­vie, la dis­po­ni­bi­li­té… Com­men­cer une car­rière là-bas, ça éloigne beau­coup. Il m’est ar­ri­vé de lire des in­ter­views d’ac­trices qui avouaient qu’à un mo­ment don­né elles n’avaient plus eu en­vie de tant de mou­ve­ment. » Ma­rion Co­tillard se sou­vient par exemple des tour­nages de The Dark Knight Rises et De rouille et d’os en pa­ral­lèle, et avec un bé­bé de 8 mois. « C’était as­sez rock’n’roll. »

au coeur des buzz et des po­lé­miques. Ré­sul­tat : De rouille et d’os a fait 2 mil­lions d’en­trées en France, Dark Knight Rises ou In­cep­tion 4 mil­lions, chaque épi­sode de Taxi plus de 6 mil­lions. Du coup, tout le monde connaît, ou plu­tôt croit connaître, Ma­rion Co­tillard. Dans les jours qui ont sui­vi notre ren­contre, rares étaient ceux qui n’avaient pas une in­for­ma­tion ex­clu­sive à nous ré­vé­ler sur sa vie per­son­nelle ou sen­ti­men­tale. C’est une autre ca­rac­té­ris­tique de la star : que sa vie pri­vée soit consi­dé­rée comme pu­blique. Son nom ne fut-il pas men­tion­né dans le di­vorce le plus mé­dia­ti­sé de la pla­nète, l’obli­geant à pré­ci­ser sur Ins­ta­gram qu’elle n’était pas la maî­tresse de Brad Pitt et qu’elle at­ten­dait un se­cond en­fant de Guillaume Ca­net ? « Sur le mo­ment, ces po­lé­miques ne sont pas simples à vivre, mais je m’en re­mets as­sez vite. Même si c’est par­fois dou­lou­reux », dit-elle. Même ré­flexe pro­tec­teur lorsque nous évo­quons la mort de son per­son­nage dans Dark Knight Rises, tant mo­quée et co­piée sur les ré­seaux so­ciaux. « C’était vrai­ment un non évé­ne­ment. Beau­coup d’ac­teurs ont dé­ra­pé avant moi. Et on ne le leur a pas ren­voyé dans la tronche si for­te­ment. J’ai trou­vé ce­la dis­pro­por­tion­né mais je l’ai ac­cep­té. Je fais la part des choses entre la bonne re­mise en ques­tion et la va­cui­té que ça ali­mente. » Bref, Ma­rion Co­tillard a le ma­gné­tisme et le cha­risme, les co­quet­te­ries et af­fè­te­ries des vraies stars. Dé­but 2017, on la ver­ra dans Rock’n’roll, co­mé­die de et avec Guillaume Ca­net. « Dans une co­mé­die, j’ai un peu l’im­pres­sion de re­com­men­cer à zé­ro, de prendre des risques. Quand je re­garde Vir­gine Efi­ra par exemple, son na­tu­rel, sa pro­fon­deur, son sens de l’hu­mour… c’est avec une grande ad­mi­ra­tion. J’ai­me­rais être ca­pable d’avoir cette ai­sance, moi, ça me de­mande un tra­vail énorme. » Pour­quoi ne pas prendre cet aveu pour ce qu’il est : un éclair d’hu­mi­li­té. Et l’écou­ter avec une cer­taine em­pa­thie, cette neu­tra­li­té bien­veillante.

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